Un goût de gris pour Flox…

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Suivant la volonté du Roi Pourpre…

Écrit par Didier Deroissart - mercredi, 02 novembre 2016
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King Crimson
Stadsschouwburg
Anvers
02-11-2016

Fondé en 1969, dans la cave du Fulham Palace Café, à Londres, King Crimson en est déjà à sa huitième réincarnation. Aujourd’hui, le line up réunit les drummers Gavin Harrison, Jeremy Stacey et Pat Mastelotto, le chanteur/bassiste Tony Levin, le saxophoniste, flûtiste Mel Collins le guitariste/chanteur Jakko Jakszyk et bien évidemment le sixcordiste Robert Fripp. La formation mythique compte treize albums studio à son palmarès, dont le dernier, « The Power to Believe », est paru en 2013. Les prestations ‘live’ de ce groupe emblématique anglais sont suffisamment rares pour ne pas en profiter. Le Magazine ‘Rolling Stone’ n’a d’ailleurs pas hésiter à qualifier le band de ‘One Of The Best Band On The Road Right Now’.

En général, le mélomane lambda ne comprend rien à la musique du Roi Pourpre. Et pas seulement parce que son personnel change constamment. Toute logique commerciale est étrangère à Fripp, même s’il a participé aux enregistrements des albums de David Bowie, « Heroes » et « Scary Monsters ». L'un de ses batteurs a un jour déclaré qu’il était né d’un croisement entre Staline, Gandhi et le Marquis de Sade. Il serait même insupportable. Son plus fidèle complice, Tony Levin, n’est pas aussi sévère et le disculpe : ‘Robert est très créatif et c'est sa vision qui guide le groupe. Il est respectueux des autres musiciens, leur fait confiance et trace les orientations. A nous de savoir quoi jouer.’ Fripp a créé un canevas pour broder une trame où se mêlent rock psychédélique, jazz fusion et musique contemporaine (NDR : l'influence de Béla Bartók est majeure). Il est à la base du rock progressif. Ainsi, il a tracé une voie royale pour Yes, Genesis et bien d'autres. Fripp est un monument de la musique rock. Un des derniers dieux vivant de la guitare. Une icône qui ne devrait jamais disparaître.

Avant d’atteindre le Stadsschouwburg, il faut s’armer de patience et surtout se farcir pas mal d’embouteillages. Enfin, en entrant dans la salle, on peut lire un écriteau, sur le podium, mentionnant qu’il est interdit de filmer ou de photographier, même à l’aide de son smartphone ou GSM, sous peine d’exclusion de la salle. Et il faut avouer que les vigiles veillent au grain, pour que les directives soient bien respectées.

Un immense rideau bleu masque le fond de la scène. Sur une estrade immense, à l'extrême gauche, le saxophoniste/flûtiste Mel Collins est protégé par un paravent. Fripp est assis sur un siège haut. Il va se consacrer à la guitare (NDR : c’est une évidence), mais également aux claviers. Les 3 préposés aux fûts sont installés en avant-scène. A droite, Gavin Harrison siège derrière une batterie Sonor. Au centre, Jeremy Stacey, coiffé d’un chapeau melon, une Tama (NDR : il dispose également d’un clavier). Et à gauche, Pat Mastelotto, une DW Drums. Ce sera également le plus actif aux baguettes. Et le line up est complété par le bassiste/contrebassiste Tony Levin ainsi que le second gratteur Jakko Jakszyk. Ce sont ces deux musicos qui assurent les parties vocales.

De tout le show, Fripp ne prononcera aucune parole. Le regard glacial, il est concentré sur son instrument. Le show est partagé en deux actes, séparés par un entracte de 20 minutes. Pas de supporting act. Faut dire que le concert, rappel compris, va durer près de trois heures. Un fait plutôt rare à notre époque. Le concert est sold out. Tout comme celui du lendemain. Une fameuse prouesse.

Avant que le combo n’entame son set, les haut-parleurs diffusent un nouveau communiqué relatif à l’interdiction des mobiles, caméras et autres appareils photographiques. Pour enfoncer le clou, c’est réussi…

Passé une brève intro radiophonique (NDR : souvenir des 60’s ?), les musicos entrent dans le vif du sujet. Et on est parti pour 65 minutes de prestation. Les 3 batteurs conjuguent leur puissance pour entamer « Hell Hounds Of Kim ». Et dans la foulée les autres membres de la troupe les rejoignent pour atteindre une intensité maximale. Les interventions de Tony Levin à la contrebasse moderne sont ronflantes et magistrales. La flûte à bec succède au saxophone ténor, alto et soprano. Le light show est minimaliste. Ni projection et encore moins d'effets pyrotechniques. Nous sommes à des années lumières des décors grandiloquents des formations de prog rock qui ont marqué les seventies. Pensez à Emerson, Lake & Palmer, par exemple.

Les musicos étalent toute leur virtuosité. Concentrés sur leur sujet, ils donnent le meilleur d’eux-mêmes. Mais c’est surtout Pat Matelotto qui se révèle le plus efficace aux fûts.

Les orchestrations sont léchées et d’une précision prodigieuse. Le voyage musical transite par le nouveau et l’ancien répertoire ; mais ce sont bien sûr les titres incontournables qui suscitent la plus grande attention auprès du public…

Il est vrai qu’averti, il ne vient pas voir King Crimson comme un simple spectacle, mais pour assister à une véritable performance. Sans pouvoir y être associé. Simplement l’apprécier et accepter la distance établie entre le groupe et l’auditoire. Suivant la volonté du Roi Pourpre…

Setlist :

Première partie : (20.00 – 21.05) 

« Hell Hounds Of Kim », « Pictures Of A City », « The Letters », « Circus », « Sailor's Tale », « Red », « Lizard (Dawn Song) », « In The Court Of The Crimson King », « Radical Action (To Unseat The Hold Of Monkey Mind) », « Meltdown », « Easy Money », « Epitaph », « The Talking Drum », « Larks' Tongues In Aspic, Part Two »

Seconde partie : (21h25 – 22h38)

« Banshee Legs Bell Hassle », « Radical Action II », « Level Five », « Hoodoo », « The ConstruKction Of Light », « Indiscipline », « Starless »

Rappel

« Heroes » (cover Bowie) / « 21 St Century Schizoid Man ».

(Organisation : Live Nation)





 
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