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Unique en son genre…

Écrit par Didier Deroissart - mercredi, 14 janvier 2015
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Klô Pelgag
Botanique (Rotonde)
Brux
15-01-2015

Le premier concert de l’année auquel votre serviteur va assister se déroulera à la Rotonde. Une centaine de spectateurs s’y sont donnés rendez-vous. Dont quelques Canadiens. Il faut dire que ce soir, c’est une artiste issue du pays de l’érable qui s’y produit. Une jeune extraterrestre, âgée de 24 printemps, qui va nous accorder un show de plus de 90 minutes, dont deux rappels. Son nom ? Klô Pelgag.

Chloé Pelletier-Gagnon alias Klô Pelgag est née en 1990. En 2013, elle avait représenté le Québec dans le cadre de la tournée 'Mars En Folie', organisée par le Ministère des Affaires Internationales du Canada en Chine. Et c’est en écumant les festivals du globe (Printemps de Bourges, Francofolies de La Rochelle, Paléo Festival de Nyons, etc.) que Klô va devenir une véritable révélation internationale. Et puis aussi grâce aux prix et nominations diverses décrochés. Une étoile à suivre, c’est une certitude.

A ce jour, elle a gravé un Ep éponyme en 2012 et un album en 2014, intitulé « L'Alchimie Des Monstres ». C'est la deuxième fois qu’elle se produit en Belgique. Elle avait ainsi participé aux 'Vitrines des Francos - Théâtre des Découvertes' en 2014. Klô est inspirée par la peinture (Botero, Dali, Magritte), la littérature (Boris Vian) le théâtre (Ionesco), le cinéma (André Forcier, Jean-Claude Lauzon) et la musique (Vigneault, Debussy, Brel, King Crimson, Zappa). À l'oeil ouvert, l'oreille brillante et l’esprit déjanté –juste ce qu’il faut– elle s’évertue à confondre musique et mots...

Sur les planches, Klô est soutenue par Fany Fresard (violon), Lana Tomlin (violon alto), Elyzabeth Burrowes (violoncelle), Philippe Leduc (contrebasse) et Charles Duquette (batterie). Et tout ce petit monde est déguisé. Elle déborde d'énergie, de talent, d'audace, de personnalité et de créativité. Elle chante bien évidemment dans la langue de Voltaire. Avec un accent canadien plein de charme, qui vous fait chaud au coeur. Enfin, propice aux métaphores, sa poésie se veut une ode à la liberté. 

Le set s’ouvre par « Les Maladies Du Coeur », un extrait du premier Ep. Klô est magistrale derrière son piano (NDR : pas à la manière d'une Béatrice Martin). Elle demande au public s'il est un peu fou ; ce qui lui permet de causer de Pierrot le fou… ‘au clair de la brume, j'ai pris ta photo...’ qui introduit la seconde chanson, « Les Corbeaux », au textes déroutants. Les cordes tirent parfaitement leur épingle du jeu tout au long de cette compo chargée de lyrisme mélancolique. Pour le titre suivant, elle empoigne sa guitare et attaque « Le Dermatologue », dont les lyrics sont à prendre au second degré. Tel un clown, le contrebassiste mêle magie et délire, pendant que Klô prend le contre-pied de la grosse bête qui délivre des basses, tout au long de « Le Tronc ». Lorsque le public applaudit, elle répète à l’envi ‘Merci, pour les mains’. L'artiste a du talent. Elle a une bonne voix, singulière aussi ; et brille tant aux ivoires qu’à la six cordes électrique. Elle présente chaque chanson ; mais si ses mots semblent parfois décousus, c’est pour faire fonctionner les zygomatiques de son auditoire. Le set est aussi théâtral que musical.

Ainsi, au cours du spectacle, elle apparaît vêtue d'une salopette blanche, l’effigie d’un squelette humain en façade. Halloween, c’était pas en novembre ? Les contorsions de cette showwoman ont de quoi ravir et ébahir les spectateurs attentifs. Dans leurs longues robes de mariées, les trois préposées aux cordes (violoncelle, violon alto et classique), participent activement aux choeurs. Et leur interventions, gracieuses, classiques, apportent beaucoup de charme à cette pop novatrice et enchanteresse.

Quand Klô chante, les images se bousculent dans votre tête. Elles sont même le fruit d’une imagination débordante. Un peu comme si on assistait à un spectacle pour les aveugles.

Le drummer consacre une anecdote aux Français. On n'y comprend rien, mais on rigole. C'est également l'anniversaire de Fany Fresard, un talent de 18 ans. Une bougie et un mini gâteau lui sont réservés, sous les acclamations du public. Evoquant la date souvenir de la mort de Kurt Cobain, elle nous narre une petite histoire selon laquelle il aurait malencontreusement sauté sur la tête de son batteur, celui-ci se fracassant finalement la tête sur un mur de briques ; concluant par ces mots : ‘Il fallait le tenter. C'est tentant’. Et elle joint alors le geste à la parole en grimpant sur le dos du préposé aux fûts.

Tout au long de « Tunnel », la voix de Klô me fait penser à celle de Lisa Leblanc voire de Marie-Pierre Arthur des grands jours. Lorsque la conversation passe à la langue de Cervantès, le délire est à son comble. Klô passe au piano et entame un monologue incohérent, avant de céder le relais au clown contrebassiste. Superbe, « Nicaragua » est préparé à la sauce canadienne. Intimiste, « Le Silence Epouvantail » est interprété en duo piano/contrebasse. Moment de recueillement pour l’auditoire. « Pégase » est une cover de Thomas Fersen qui figure sur l’elpee. Un spectateur s'en émeut. Klô réagit. L'interactivité entre l'artiste et le public est constante. Fersen on aime ou on déteste. Klô a assuré ses premières parties et semble apprécier. Bien ; nous aussi. Caractérisé par sa superbe mélodie, « La Fièvre Des Feurs » nous parle du cancer et de son traitement par la chimiothérapique. « Comme Des Rames » s’adresse aux célibataires. Y en avait-il dans la salle ? Pour introduire la dernière chanson, « Rayon X », elle évoque Star Wars, le radium et les Curie. Du Gilles Vigneault acrobatique ! Le set s’achève par « Jam », moment qu’elle choisit pour présenter ses musiciens. L’assistance n’est pas rassasiée. L’artiste canadienne lui concèdera deux rappels. Dont le premier sera consacré à « Taxidermie » et « Tremblements. Grâce à son univers coloré et sa voix unique, ce soir, Klô Pelgag a marqué les esprits…

(Organisation : Botanique)





 

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