Pour The Wombats , tout ce qui brille n’est pas or

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Dites-le avec des fleurs…

Écrit par Luc Herpoel - mercredi, 28 novembre 2012
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Laurent Voulzy
Théâtre Sébastopol
Lille
28-11-2012

Hier, j’suis allé voir un ‘vieux’ en concert ! Un vieux bonhomme de 64 ans ! Un papy ! Oui, je sais, n’est pas l’seul. Y’a l’aut’ band de cinglés qui, de l’autre côté du Channel, font également de la résistance.

Dans un vieux théâtre encore bien plus âgé que le chanteur, les fauteuils et le décorum appartiennent eux aussi à une autre époque, un siècle d’existence au bas mot…

Le rouge domine. Tout est rouge, du sol au plafond, moquette, sièges, murs, tout, absolument tout, même le gilet de l’ancêtre adoptera le coloris, ce soir.

L’ancêtre, c’est Voulzy, Laurent Voulzy, frère de sang et de cœur de Souchon, Alain Souchon. Son alter ego, sa moitié, son bras droit, celui qui tient la plume et qui fait danser les mots sur les partitions géniales écrites par l’autre main, celle de Laurent.

Vieux… Ben faut croire que moi aussi j’suis vieux, puisque je dois avoir acheté son premier 45 tours, il y a près de 35 ans ! « Rockcollection », je devais avoir 14/15 ans à tout casser. Ça ne date pas d’hier, hein ! On est milieu des seventies, si ma mémoire ne me fait pas faux bond. Mais en près de 4 décennies, l’eau a coulé sous les ponts. Voulzy a pondu un véritable chapelet de hits en seulement 4 elpees studio, de 1979 à 2011. Ouais, pas pressé le mec. A sa décharge, il compose pour son pote et pour d’autre encore. Et puis, comme il le dit lui-même, il n’y a pas d’urgence. Chez lui, la qualité prend le pas sur la quantité.

En 2011, il publie un album concept qui transporte ses auditeurs en plein Moyen-âge de l’autre côté de la Mer du Nord. L’opus surprend mais reste néanmoins d’excellente facture. Musicalement, il tape dans le mille, usant d’instruments acoustiques nouveaux et anciens avec un égal bonheur.

Ce soir, c’est donc le ‘Lys & Love Tour’ qui nous est proposé, dix ans après la tournée qui illustrait « Avril », tombé dans les bacs, en 2001.

Fait pas chaud ce soir à Lille. En outre, les organisateurs en mettent du temps pour nous laisser entrer. Pour un spectacle prévu à 20h30, on n’ouvre les portes qu’à 19h45. On a déjà vu mieux…

Soit, on y est, ne boudons pas notre plaisir. La salle, 1000 sièges en tout et pour tout, se remplit rapidement et lorsque Sirius Plan prend possession de quelques mètres carrés, à l’avant-scène, tous les beaux fauteuils sont occupés. Les trois filles, jolies, ce qui ne gâche rien, sont présentées en voix off par Laurent lui-même avant d’entamer un mini-set de cinq morceaux jouissifs et dynamiques à souhait. Le public bien que majoritairement plus que cinquantenaire, dans l’ensemble, se laisse prendre au jeu et les deux derniers titres sont interprétés devant une foule conquise, debout et super excitée. Chapeau mesdemoiselles ! A revoir d’urgence…

Quelques réglages plus tard, la sonnette retentit (ben oui, on est au théâtre) et chacun regagne sa place avant d’être plongé dans une semi-obscurité. Place alors aux premiers accords d’« Un ange passe », introduction instrumentale, qui plonge immédiatement l’auditoire dans un décor et une ambiance baroque. Cloches, violon, violoncelle, harpe, chandeliers géants, bougies au sol et autre bouclier, tout nous rappelle l’époque des châteaux forts, des seigneurs et des folles épopées amoureuses de ses preux chevaliers. Laurent Voulzy lui-même a revêtu des habits qui collent à l’histoire : pantalon noir, chemise à jabot et dentelles aux poignets des manches, foulard et petit gilet de velours rouge. Par contre ses musicos, deux jeunes filles charmantes et trois messieurs un peu moins jeunes (ils se partagent une bonne dizaine d’instruments) sont accoutrés comme le commun des mortels de notre siècle. Marrant ! Le style musical, lui, ne se départira pas de l’époque médiévale. Astucieusement, Laurent mélange la quasi-intégralité de son dernier long playing à des titres plus anciens mais tout en gardant la même ligne de conduite. Un timbre moyenâgeux est toujours bien présent sur chaque morceau, même sur une reprise fabuleuse, « Scarborough Fair » de Simon & Garfunkel, est revisitée d’une façon incroyable. Mieux que l’original, tout en finesse, chœurs et subtilité. Quel talent !

Discret jusque là, Laurent se met à dialoguer de plus en plus avec son public, allant même jusqu’à téléphoner en direct à son ami de toujours qui, lui aussi, via un smartphone, échange quelques mots avec les fans lillois. Info ou intox ? Tout est possible vu la performance des téléphones portables actuels… Peu importe, l’essentiel réside dans la communion entre l’artiste et son public. Plus le concert avance, plus Voulzy se déride. Les tubes s’enchaînent, les cordes vocales tiennent le coup même si de temps à autre, ce sont celles de sa guitare qui donnent à frémir, par deux ou trois fois. Un trou de mémoire amuse la galerie et c’est le bassiste qui vient au secours de son seigneur. La bonne (l’excellente) surprise vient des instrumentistes, tous pétris de talent pour leur doigté musical ; mais que dire alors de leur prestation au micro… Rien, y’a rien à dire, juste se taire, écouter et se laisser envahir par la beauté, l’émotion. Les arrangements sont somptueux d’élégance, les voix sont divines tant chez les filles que chez les garçons. Voulzy a eu la main heureuse en dénichant trois jeunes collaborateurs pétris de talent : le bassiste, la harpiste et la violoniste. Les deux autres aux claviers et aux percussions sont des fidèles, des complices de longue date, ce qui n’enlève rien à leur mérite. La soirée se poursuit magnifiquement par quelques titres affichant pour la plupart une bonne dizaine d’années : « Liebe », « Paradoxal système », « Le pouvoir des fleurs », « Belle-Ile en mer ». Le public est ravi et Laurent le laisse chanter mais, perfectionniste jusqu’au bout des ongles, il corrige avant de faire reprendre en s’assurant que la note est correcte.

Mais la nuit avance, deux heures déjà que le set a débuté. « Jeanne » et « J’aime l’amour » sonnent le glas. L’artiste se retire sous les acclamations mais ne peut rester longtemps dans les coulisses. C’est sous les ‘On n’est pas fatigué’ qu’il refait surface en répliquant tout sourire ‘Moi non plus’.

S’ensuit alors une petite histoire de rencontres dans les rues de Lille qui donnent lieu à quelques reprises raccourcies de chansons qu’il n’a pu insérer dans sa ‘set-list’, par manque de… temps…

« Fille d’avril », « Le cœur grenadine », « Karin Redinger » retrouvent la place qu’ils méritent.

Finalement au bout de deux heures trente, « La nuit » clôture définitivement le show de ce ‘vieux bonhomme’ qui nous a, une fois de plus, éblouis par la beauté de ses chansons, par sa gentillesse et son professionnalisme.

Ben, les p’tits jeunes, prenez-en de la graine car le pépère Voulzy a vraiment plus que de beaux restes, il pourrait même vous remonter les bretelles si votre ‘la’ n’était pas juste, juste…

Les fleurs, il les a reçues de quelques ‘jeunes dames’, les a précieusement gardées et il a même accepté de signer l’un ou l’autre autographe pour les admiratrices les plus persévérantes.

Quand on vous dit qu’il est gentil…

Superbe soirée, un remède bien meilleur que les antidépresseurs prescrits en cette période grise, froide et triste…  

OrganisationVérone Productions

(Voir aussi notre section photos ici)

 





 

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