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Après 45’, la Metz était dite !

Écrit par Didier Deroissart - mardi, 27 octobre 2015
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Metz
Aéronef (Club)
Lille
28-10-2015

C’est la deuxième fois que votre serviteur se rend chez les chtis, cette semaine. Depuis l’aménagement (?!?!?) du piétonnier à Bruxelles, il est plus facile de se rendre à Lille, quand on veut assister à un concert. Pourtant, à l’instar de l’Ancienne Belgique, l'Aéronef soutient 'Liveeurope', la première initiative paneuropéenne destinée à promouvoir les artistes émergents. 'Liveurope' est un label de qualité européen attribué aux salles de concerts dont les critères d’excellence et de diversité déterminent la politique artistique. Coordonné par l'AB, ce projet est destiné à stimuler les jeunes talents issus du Vieux Continent, tout en leur permettant de se produire devant un nouveau public. La soirée a été baptisée 'Chez Ti, Chez Mi' (NDR : je vous le disais qu’on était chez les chtis !) La salle est bien remplie pour accueillir Crows et Metz.

Des groupes répondant au nom de Crows, il doit y en avoir une brouette. Celui-ci est londonien. Et reconnaît pour influences majeures Queens Of The Stone Age et The Brian Jonestown Massacre. Ce quatuor réunit Steve Goddard, Jith Amara, Lawrence Rushworth et le chanteur James Coxde. Ce dernier se sert de deux microphones aux tonalités différentes. On dirait qu’il est en perpétuelle recherche d’équilibre. Il s’appuie sur ses pieds de micros comme s’il s’agissait de béquilles. Il est chaussé de godasses élimées. Elles sentent (?!?!) le vécu…

Dès le début, on en prend plein des oreilles. Les riffs de grattes sont lourds, distordus, hargneux, puissants. Excellent showman, James déborde de dynamisme. Il entre facilement en communication avec l’auditoire. Féroce, sa voix semble habitée. Les drums sont percutants. Le batteur fait même littéralement exploser ses cymbales. Et la basse vous remue les tripes. Elle est même le fil rouge du single « Crawling ». Les haut-parleurs crachent leurs décibels. Ils vous transpercent le corps avec un bonheur certain. Quoique forgée dans le métal, l’expression sonore demeure cependant mélodieuse. Une belle découverte !

Metz ne nous vient pas de Lorraine, mais du Canada. De Toronto, très exactement. Le line up implique le guitariste Alex Edkins, le batteur Hayden Menzies et le bassiste Chris Slorach. Le combo est hébergé chez Sub Pop. Pour rappel, c’est le premier label de Nirvana. Le trio compte deux albums à son actif : « I » et « II ». Ce dernier est paru en mai 2015. Ces deux elpees ne comptent qu’une trentaine de minutes. Et les sets ‘live’ dépassent rarement les trois-quarts d’heure.

Metz pratique un punk/rock burné, malsain, furieux, animal, tourmenté, instinctif dont les sonorités évoluent à la limite de la saturation. Et pourtant, même si des bouchons sont indispensables pour vous protéger les tympans, le volume ne dépassera jamais les 95db. Mais la musique libère une telle intensité, suscite une telle excitation, qu’on ne peut que vibrer. Et puis, l’ingé son semble maîtriser parfaitement son sujet, ne laissant jamais le concert sombrer dans la cacophonie, privilégiant un confort d'écoute idéal.

Le set s’ouvre par « Headache », l'intro du premier album. Hystérique, le chanteur/guitariste est déjà en nage dès le premier morceau. Sa voix est âpre et gutturale. Le drummer défonce frénétiquement les peaux de ses fûts, à la manière d'un Dave Grohl ; la basse de Chris (NDR : on dirait qu’il est monté sur ressorts) vrombit comme celle de Krist Novoselic. On se croirait revenu au début des 90’s. Le spectre de Nirvana plane même parfois. L’ampli ‘Orange’ d’Alex crache des riffs de gratte poisseux, dévastateurs. Les titres –de véritables brûlots– dépassent rarement les 3 minutes. Il n’y a aucun temps mort entre les morceaux. Bruts de décoffrage, bruitistes, il sont également susceptibles de tremper dans le garage ou la noise.

« Eraser » communique une véritable décharge de punk viscéral. « Acetate » nettoie vos neurones, à l’aide d’acide sulfurique. Brutal, spasmodique, mais minimaliste, « I.O.U » lorgne davantage vers Steve Albini. « Wasted » vous retourne les tripes. Et les cordes, tant de la basse que de la guitare sont volontairement désaccordées pour achever le concert (NDR : le spectateur ?) Ce « We blanket » ponctue ainsi ce carnage jouissif… Car si cette musique te vide la cervelle, elle te donne la banane. Pas de rappel. Littéralement sur le cul, la foule accuse le coup et semble médusée. Après 45’, la Metz était dite !  

Les Sex Pistols, Clash et consorts on baigné ma tendre jeunesse. Ma seconde jeunesse, je l’ai vécue à l’écoute de Pearl Jam, Nirvana, Alice In Chains et d’autres combos qui émargeaient au mouvement grunge. Lorsque trois ans plus tôt, j’ai découvert Metz, j’ai eu l’impression d’être à l’aube d’une troisième jeunesse. C’est d’ailleurs la cinquième fois que votre serviteur assiste à un de leurs shows. Et puis, il faut croire que le Canada sera la nouvelle terre promise des amoureux du larsen jubilatoire. Après le spectacle, deux chtis me confessaient avoir les tympans en compote, mais avoir passé un très bon moment. Ben, faut savoir que pour les rapports sexuels, il est indispensable de se protéger. Mais qu’il existe aussi des protections pour les tympans… Qu’on se le dise !

(Organisation : Aéronef)





 
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