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Rock’n’roll is not dead

Écrit par Bernard Dagnies - samedi, 08 juin 2013
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Neil Young & Crazy Horse
Forest National
Bruxelles
08-06-2013

La route qui nous conduit à Forest National est toujours aussi pénible. Dès l’entrée de Bruxelles, on est confronté aux ralentissements et bouchons rituels. Et pourtant, nous sommes un samedi soir. Mais, c’est vrai, il y a Neil Young qui se produit dans cette grande salle. Oui, je suis demeuré un grand aficionado du ‘loner’, mais le gigantisme, ce n’est plus ma tasse de thé. Et le prix des places a de quoi effrayer, même les plus grands admirateurs de l’artiste. Néanmoins, mes amis néerlandophones, Sam et Johan, respectivement collaborateur de longue date et rédac’chef du website pour le Nord du pays, m’ont convaincu de les accompagner. Bien sûr, le Canadien va encore revenir chez nous pour participer à plusieurs festivals cet été ; mais il commence à prendre de l’âge (NDR : il est né le 12 novembre 1945, donc approche les 70 balais), et il n’est pas sûr qu’il reparte encore pour de si longues tournées…

Lorsque nous débarquons dans l’hémicycle, Los Lobos a déjà entamé son set. Pas des néophytes, puisque le band s’est formé en 1973. Et le sextet tient la route, même si on se rend compte qu’un endroit comme l’AB serait certainement plus adapté à leur style de musique, fruit d’un cocktail de rock, rhythm’n’blues, country, tex-mex et conjunto. N’empêche, pour un supporting act, c’est du solide. Et le groupe recueille un accueil chaleureux de la part d’un public plus que nombreux. Tiens, petite remarque, la voix de David Hidalgo, me fait penser, ce soir à celle de Stevie Winwood, détail qui m’avait toujours échappé sur disque.

Avant que ne débute le set de Neil Young & Crazy Horse, on remarque la présence de quatre énormes caisses rectangulaires, sur l’estrade. Deux verticales et deux horizontales. Elles doivent certainement abriter le matos du groupe. Deux écrans sont disposés de chaque côté de la scène. Mais reconfigurés en écrans TV à la mode sixties. Une excellente initiative, car vu l’assistance, et la distance qui nous sépare du podium, on ne distinguera pas toujours très bien les musicos. Votre serviteur ne mesure pas non plus 1m90. Dès lors, on apprécie cette configuration…

Une équipe de techniciens s’affaire sur les planches. Certains sont vêtus de tabliers blancs. On dirait des savants fous. D’autres, portent des salopettes bleues, et sont coiffés de casques rouges, comme sur un chantier de construction. Tout ce beau monde semble se chamailler. Belle mise en scène. Puis les hommes casqués commencent à relever les caissons pour laisser apparaître les immenses enceintes ‘Fender’. Les musiciens débarquent enfin et se mêlent à la cohue. Pas très longtemps, car soudain, la ‘Brabançonne’ retentit. Et tous ces acteurs s’alignent face au public en portant la main droite sur le cœur. Neil, en tenant son chapeau. Manifestement, ils sont au courant de l’engouement suscité par les Diables Rouges, la veille, lors de leur victoire face à la Serbie. Un petit couac quand même. Si un grand étendard est déroulé à l’arrière, ce n’est pas aux couleurs de la Belgique, mais un hybride entre celui de la France et des Pays-Bas. Connaissant la rivalité qui existe entre ces deux pays et le nôtre, dans le domaine du football, le flop est diversement apprécié. On ne va pas non plus en faire une affaire d’état ; m’enfin, c’était quand même pas la lune de se procurer un drapeau adéquat…

Sur les planches, Neil est soutenu par Frank Sampredo à la seconde gratte ainsi que Billy Talbot à la basse et Ralph Molina aux drums. Ce dernier, la casquette vissée sur la tête paraît un peu écrasé entre les énormes haut-parleurs.

L’an dernier, Neil avait commis deux elpees, dont le remarquable « Psychedelic Pill ». Ce soir, il va en reprendre trois plages. Le titre maître, une version phénoménale de « Ramada Inn » et une autre tout aussi remarquable de « Walk like a giant ». Caractérisé par son sifflotement contagieux, ce morceau constitue certainement un des sommets du concert, la compo s’achevant dans une véritable éruption noisy, digne de Sonic Youth. A cet instant, on pense vraiment que le groupe va enchaîner par « Like a Hurricane ». Ce ne sera pas le cas. Car le plus paradoxal, c’est l’absence de chansons vraiment phares, au cours de ce set. Deux inédits quand même. Tout d’abord « Hole in the sky ». Une intro dantesque. Des tas de sachets en plastique et des détritus volent sur scène. L’intensité électrique est alors à nouveau à son paroxysme. Car manifestement, vu le volume sonore dispensé, un trou a dû se former dans le ciel. Autre nouveauté, « Singer without a song », interprété au piano, moment choisi par une demoiselle pour déambuler sur l’estrade, sans trop savoir où elle aurait pu poser son instrument, qu’elle trimbale dans une housse. Une reprise, le « Blowin’ in the wind » de Dylan, que Neil aborde seul à l’harmo et à la sèche, pendant que le logo du festival de Woodstock, apparaît en arrière-plan. Précédé par « Comes a time », quand même, sous la même configuration. Mais surtout des compos qu’on n’a plus l’habitude d’entendre. Comme « Fuckin’ up », moment au cours duquel les musicos se marrent comme des baleines. Ou « Welfare Mothers », un extrait de « Rust never sleeps ». Surprise, le tracklisting épingle une compo datant de son séjour chez le Buffalo Springfield, « Mr Soul » (NDR : elle remonte quand même à 1967 !), et en rappel, le titre maître du premier opus de Neil Young & Crazy Horse, « Everybody knows this is nowhere » ainsi que « Roll another number », issu de son elpee le plus ténébreux, « Tonight's The Night ». Quand aux deux premiers titres du concert, « Love and only love » et « Powderfinger », ils ont immédiatement donné la coloration du set : très électrique. Et le rythme tribal, offensif, colle toujours autant aux racines indiennes de Neil. Pas de trace cependant de « Cortez The Killer », « Like a Hurricane », « Cowgirl in the Sand » ou « Down by the river », mais bien de « Cinnamon girl » et d’une version apocalyptique de « Hey hey, my, my (into the black) ». Mais pas de quoi se plaindre, car en plus de 2h30 de concert, Neil Young et ses potes ont vraiment tout donné ce qu’ils avaient dans le ventre.

Le lightshow ? Simple et efficace, il s’est surtout focalisé sur les enceintes, soit sous une forme psychédélique ou tout simplement ludique, un peu comme les images des flippers conçus au cours des années 70.

Bref, votre serviteur était aux anges, quand il a quitté Forest National. Et dans sa tête, il chantait encore ‘Hey, hey, my, my’. Le rock’n’roll n’est pas mort et Neil Young en est la preuve irréfutable…

 

 





 
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