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Texas
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Dans la peau de Marty McFly

Écrit par Laurent Deger - samedi, 05 avril 2014
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Nick Waterhouse
Botanique (Orangerie)
Bruxelles
06-04-2014

C'était un dimanche. J'allais vivre une expérience étrange et merveilleuse. En retard pour me rendre au concert, j’ai poussé ma vieille voiture, peut-être au-delà de ses limites. Je ne sais plus. Arrivé au Botanique, je ne me suis pas rendu compte tout de suite de ce qui s’est produit. Mais une fois pénétré dans la salle, alors que le concert avait déjà débuté, j’ai compris que j'avais traversé une faille spatio-temporelle. Ma vitesse excessive?

Je suis projeté en 1962 aux Etats-Unis, entouré de demoiselles aux robes colorées et aux coiffures choucroute explosives se dandinant gracieusement dans un même mouvement d'épaule sur un R&B classieux. Sur scène, on remarque la présence de 8 personnages tirés à quatre épingles, dont un sosie de Buddy Holly. Nick Waterhouse a commencé à égrener les pépites de ses deux albums. Comme le héro de ‘Minuit à Paris’, je peux savourer le bonheur de côtoyer l'époque à laquelle j'aurais voulu vivre. Comme Marty McFly, comme le savant d'HG Wells, je partage le privilège d'habiter une autre époque pendant quelques précieuses minutes. Une époque fabuleuse où sont nés tous les rudiments de la musique actuelle.

Cette introduction un peu délirante est destinée à vous faire comprendre le bonheur qui m'envahit durant ce concert. Nick Waterhouse, accompagné de son crew, a une nouvelle fois enthousiasmé son public par ses compositions rétro. Un public étonnamment de tous âges. On savait que les sixties étaient tendance chez les jeunes, mais quel plaisir de voir que certains poussent le vice jusqu'à se repaître de la musique de leurs grands-parents. Ce qui doit les changer de Guetta, toutes ces notes…

Mais évoquons un peu le spectacle. Le groupe (2 saxos, un Hammond, un batteur, un percussionniste, un bassiste et une choriste plus Nick à la guitare) va évidemment principalement proposer les titres de son formidable nouvel album "Holly" mais aussi puiser dans les morceaux de "The Time All Gone" (une bonne moitié de cet opus sera interprété dont "Some Place, "Is That Clear" ou "Don't You Forget it"). Nick n'oublie pas non plus de faire la promo de son grand pote Ty Segall avant d'entamer la reprise d'"It # 3", une vieille compo du nouveau génie du garage et une des grandes réussites de "Holly". Il est vrai que Nick a beaucoup côtoyé la nouvelle scène garage-psyché californienne et la reprise finale, poisseuse à souhait, du "Pushing Too Hard" des Seeds, est une parfaite démonstration que sa vénération pour les sixties ne se limite pas aux premières années.

Mais finalement, la cover la plus représentative des goûts viscéraux du Californien sera un vieux standard du Rhythm & Blues qui a bercé l'enfance de Nick : le "It's Your Voodoo Working" du méconnu Charles Sheffield.

Le concert a duré un rien trop peu à mon goût. Le groupe semblant accablé par la chaleur de la salle, notamment le bassiste, personnage tout droit sorti d'Austin Powers, ruisselant de sueur et s'essuyant le front avec application entre chaque morceau. Pour les rappels, Nick tombe même la veste, laissant découvrir le vrai pantalon d'époque remonté jusqu'au nombril et soutenu bien évidemment par des bretelles sixties. C'est beau le souci du détail.

On soulignera également les prestations des musiciens, car cette musique nécessite plus de virtuosité qu'on ne le croit ; et le Waterhouse Band n'en manque assurément pas. La section rythmique tout d’abord. Et particulièrement un excellent jeune batteur qui s’illustre dans un style très jazz secondé par les congas et les tambourins du percussionniste. Mais aussi le claviériste, lançant quasi toutes les mélodies à l’aide de son Hammond et conférant parfois un léger et délicieux psychédélisme à ces compositions fusionnant R&B, rock, soul et jazz. Difficile en tout cas de résister à l'appel de la dance, dans cette effervescence rythmique, où le groove règne en maître.

Timide, un peu mal à l'aise au cours de ses interactions avec le public (et même après son set lorsqu'il viendra papoter au stand de merchandising), Nick Waterhouse n'en reste pas moins un personnage sympathique. Et tant pis si sa chaleur humaine est bien plus palpable dans sa musique, c'est l'essentiel après tout. Les mines réjouies à la fin du set sont la preuve qu'il a atteint son but : nous replonger avec maestria dans l'insouciance d'une époque dorée où l'on pensait encore que tout était possible, où tout était encore à inventer. Fin du voyage. Une voiture tunée déglutit une atroce euro-dance devant le Botanique. Pas de doute, je suis bien revenu en 2014. Nostalgie.

(Organisation Botanique)

 





 
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