La crucifixion selon Protomartyr…

Protomartyr
Botanique (Rotonde)
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Et pourtant, Tim n’était même pas là !

Écrit par Didier Deroissart - vendredi, 29 janvier 2016
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Nicki Bluhm & The Gramblers
Botanique (Witloof Bar)
Bruxelles
30-01-2016

Ce samedi soir, la cave à chicons du Botanique accueille Nicki Bluhm & The Gramblers, un groupe d’alt country yankee réunissant la chanteuse Nicki Bluhm, les gratteurs Deren Ney et Dave Mulligan (électrique ou acoustique), le bassiste Steve Adams et le drummer Mike Curry. Si Nicki est originaire de Lafayette –pas les galeries parisiennes, mais en Californie– le groupe s’est établi à San Francisco.

C'est la première fois que Nicki tourne sur le Vieux Continent. Elle est venue défendre son second elpee, « Love Wild Lost ». Produit par Brian Deck (Iron & Wine, Modest Mouse, Josh Ritter), ce disque fait suite à un opus éponyme paru en 2013.

Pas de supporting act. Guère de monde, non plus, en début de set. Mais la salle va se peupler au fil de la soirée. L’alt country de Nicki Bluhm & The Gramblers est contaminé par une foule d’autres styles, comme le bluegrass, le blues, le psychédélique, le rock, la soul et le folk.

Hormis un des guitaristes, qui porte une casquette, tous les musicos sont coiffés de chapeaux de cow-boy. Longue chevelure de jais, Nicki est plutôt jolie. Elle est capable de moduler sa voix –solide par ailleurs– en fonction des compos.

« Burnt » ouvre le show. Un rock, ma foi classique, caractérisé par des sonorités de grattes, aux réminiscences californiennes. « Deep Water » est balayé par des riffs de slide bien poisseux. Les interventions du soliste sont lumineuses. Faut dire qu’à la six cordes, c’est loin d’un manchot. Il semble avoir tout compris de la technique de Joe Bonamassa et du toucher tout en feeling d’Eric Clapton. Et nous accorde un remarquable solo sur « I'M Your Woman ».

Lors de ce morceau, Nicki –qui l’admire un bon moment dans son exercice de style– s’autorise quelques vocalises à la Beth Hart. Elle appuie subtilement ses interventions vocales, en tapotant sur son tambourin. Slow crapuleux souligné de superbes harmonies vocales masculines, « Check Your Head » replonge dans l’atmosphère californienne. On a envie de prendre par belle Nicki par la taille, pour la faire danser (NDR : c’est proscrit, elle est mariée à Tim –il vient d’ailleurs parfois apporter son concours au groupe en ‘live’–, m’enfin, il n’est pas là). Bon morceau ! Il y a des chapeaux mais pas de chevaux. Néanmoins, on peut entamer un périple à travers les grandes plaines de L'Ouest : « Heartache », « Queen Of The Rodeo » et « Mr. Saturday Night ». Les déhanchements de Nicki sont assez sexy (NDR : oui, mais si Tim, son époux –c’est le leader de Mother Hips– n’est pas là, c’est chasse gardée !) Les spectres de Beth Hart, Ricky Lee Jones, Christie MacVie ou Carol King se mettent à planer. Et même celui de Sheryl Crow sur le hit « Waiting On Love ». La reprise du « Somebody To Love » de Jefferson Airplane rend hommage à son guitariste Paul Kantner et sa première chanteuse, Signe Toly Anderson, décédés ce 28 janvier 2016.

La voix de Mrs Bluhm emprunte à nouveau à Beth Hart sur le blues « Me & Slim ». La cover de Linda Ronstadt, « You'Re No Good », souffre quand même de l’absence d’orgue. En rappel, on aura droit à un titre de delta blues libidineux, « Kill You To Call » (NDR : non, non, Nicki n’est pas libre ce soir…), à une version quasi a cappella (NDR : uniquement un mélodica comme support sonore) et étonnante du « Deal » de Grateful Dead et une autre du « Faith » de George Michael. Une soirée bien sympathique ; et pourtant, Tim n’était même pas là !

(Organisation : Le Botanique)





 

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