Un box pour Alan Parson Project

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Bien loin de la guerre civile en Syrie… quoique…

Écrit par Didier Deroissart - mardi, 01 décembre 2015
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Omar Souleyman
ABBox
Bruxelles
02-12-2015

En arrivant à l’Ancienne Belgique, on remarque immédiatement la présence de 5 militaires et de 10 policiers. Sécurité oblige ! Après la fouille de circonstance, votre serviteur débarque dans l’AB, réduite en mode Box. Il est arrivé le premier, et se retrouve seul dans la salle. Ce soir l’affiche propose Gerd De Wilde ainsi que Kirsten Lemaire et Linde Merckpoel comme supporting act. Omar Souleyman constituant la tête d’affiche. Il a gravé un nouvel opus, intitulé « Bahdeni Nami », en juillet 2015, un disque pour lequel il a reçu, notamment, le concours de Four Tet, Gilles Peterson, et Modeselektor4.

Barbu et chaussé de lunettes, Gert De Wilde fait face à une immense table, devant ses platines. Tout en mixant, il se restaure discrètement. La musique dispensée baigne dans une électro, ma foi fort classique ; quoique de temps à autre, il glisse un morceau plus arabisant. Bonne idée, un morceau, c’est ce dont votre serviteur a besoin. Aussi après un quart d’heure, il s’éclipse momentanément pour aller casser la croûte…

‘Les Plaisirs d'Hiver’ sont ouverts. Piétonnier oblige. C’est à deux pas de La Bourse. L’endroit est propice pour manger et boire un coup sur le pouce. Une petite tartiflette et un vin chaud plus tard, retour à l'AB.

Changement de Dj's, deux filles sont derrière les manettes. Il s’agit de Kirsten Lemaire et Linde Merckpoel. Et s’y trémoussent. Il y a maintenant une dizaine de personnes dans la salle. Il faudra d’ailleurs attendre 21 heures, avant qu’elle ne soit sold out ; horaire prévu pour le début de set d’Omar Souleyman.

Geert récupère les platines et commence à faire monter la pression en diffusant une musique élctro davantage orientaliste. Les spectateurs commencent enfin à réagir…

Omar Souleyman est né en 1966, à Tel Amir, un village situé dans le nord-ouest de la Syrie. Il entame sa carrière dès 1994, en animant les mariages de sa région, accompagné par de nombreux musiciens. Par tradition, ses prestations sont enregistrées, offertes aux mariés et ensuite revendues localement. Omar aurait donc réalisé entre 500 et 700 cassettes. Sa notoriété commence à dépasser les frontières de son pays, en 2004. Lors d'un voyage opéré en Syrie, Mark Gergis, un musicien californien, découvre sa production, et publie en 2007 une compilation baptisée « Highway To Hassake », sur son label Sublime Frequencies. C'est alors le début du succès international pour Omar. Depuis le début de la guerre civile, il a émigré en Turquie.

Omar propose une version moderne de la Dabka traditionnelle. Il est accompagné d’un seul musicien, Rizan Said, d'origine turque. Deux synthés sont plantés au milieu du podium. Toutes les sonorités, même celles de l’oud, du bendi (clarinette arabe) et de tambourin ont été synthétisées.

Pendant la petite intro, des filles commencent à s’égosiller. On entend aussi Omar qui chante déjà, depuis les loges. Le préambule terminé, il monte sur l’estrade vêtu d’une djellaba brune et coiffé d'un keffieh à damiers rouges. Il est chaussé de grosses lunettes fumées (qu'il ne quittera jamais) et porte la moustache. Il tient son micro à la main. Il déambule de gauche à droite et incite l’auditoire, à l’aide de gestes, à applaudir et à danser. A gauche du podium, on remarque la présence d’un jeune homme de grande taille, qu’Omar semble bien connaître. Et pour cause, avant le show, les deux personnages se sont entretenus. Il l’invite à le rejoindre sur les planches. Ce grand garçon a empoigné sa croix et sa chaîne en or avant d’entamer quelques pas de danse endiablées. A deux reprises quelques grappes de spectateurs vont également grimper sur la scène. Avec la bénédiction du service de sécurité. Sourire aux lèvres, Omar semble apprécier. Il s’autorise même quelques selfies auprès de ces danseurs improvisés. La pression monte de minute en minute. Elle va s’achever par une véritable hystérie. Même que votre serviteur s’y est associé.

Parmi les titres les plus notoires, on épinglera « Warni Warni », « Bahdeni Nami », « Salamat Galbi Bidek», « Wenu Wenu », « Leh Jani », des compos qui vont très souvent jouer les prolongations pour le plus grand bonheur d'un public multiculturel et multiracial. Pas mal de néerlandophones assistaient au concert ; et manifestement, ils semblaient apprécier la musique sucrée, jouissive et colorée de Souleyman. Lors du dernier titre de ce spectacle, 3 groupes de spectateurs sont à nouveau parvenus à envahir le podium. Pour y danser. Un moment de feu qu’Omar a boosté à coups de 'Yalla' (Trad : ‘allez !’), dans une ambiance digne de la farandole…

Malgré le chant en langue arabe –auquel votre serviteur ne comprend strictement rien– on a assisté à une belle communion entre le public et l’artiste. Il y a d’ailleurs longtemps que je n’avais plus assisté à de tels envahissements de scène. Cinquante minutes de set. C’est court, mais excellent. Et sans la moindre baisse de régime. Mais en même temps, j’ai l’impression d’avoir découvert une Syrie chaleureuse, souriante, dansante, aimant la joie de vivre. Qui sait faire la fête à la musique et aux être humains. Ce peuple ne mérite pas une telle guerre civile…

(Organisation : Ancienne Belgique)





 
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