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Deux concerts en un…

Écrit par Pierre Vangilbergen - mercredi, 14 octobre 2015
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Opeth
Ancienne Belgique
Bruxelles
15-10-2015

Il paraissait difficile de ne pas célébrer un quart de siècle d’existence pour Opeth. Et manifestement, la formation suédoise n’a pas lésé ses fans pour cet anniversaire : un peu moins de trois heures de concert, au cours duquel les figures de proue du Metal progressif ont tout d’abord interprété l’album « Ghost Reveries », avant de parcourir, dans un second temps, certains moments marquants de leur discographie.

La soirée n’avait pourtant pas commencé sous les meilleurs auspices. Arrosée par une fine pluie d’automne, la circulation au cœur de Bruxelles tourne, ce jeudi soir, au ralenti, frôlant la paralysie à certains endroits. C’est donc tant bien que mal que votre serviteur débarque à l’Ancienne Belgique, concédant un quart d’heure de retard au compteur. Rage et colère face à une situation incontrôlable, où je ne suis apparemment pas le seul à m’être empêtré dans ce magma urbain. A peine entré dans l’AB, on entend les basses vibrer au loin. Le show a déjà commencé... Je pousse les portes de la salle, me faufile et déniche finalement une place pas trop mal située, sur la droite.

Mikael Åkerfeldt, chanteur/guitariste de la formation, est planté au milieu du podium, sobrement vêtu de noir, le visage partiellement caché par sa chevelure ondulée. Il est entouré par Fredrik Åkesson et Martín Méndez, respectivement guitariste et bassiste. Les visages sont fermés, marqués par la concentration. Derrière eux, Martin Axenrot, décentré sur la gauche, jongle entre effleurements de cymbales et martèlement de ses fûts. Car il s’agit bien là d’une des facettes incroyables de ce groupe, aussi bien capable de s’exprimer à travers des passages lents, sentimentaux et atmosphériques que dans un climat propice aux rafales de blasts et riffs dévastateurs. La plume ou l’acier, la douceur ou le rouleau compresseur, oscillant constamment de l’un à l’autre, sans ambages. Joakim Svalberg parcourt de ses doigts les deux claviers, quand il n’imprime pas le tempo à l’aide de ses percus, dissimulés derrière ses synthés.

‘Nous allons maintenant commencer le troisième morceau de Ghost Reveries’, annonce Åkerfeldt. Bonheur, je n’ai pas manqué grand-chose, bien qu’il faille reconnaître que ceux d’Opeth sont toujours assez longs. ‘Oh mince, c’est quoi le troisième morceau ? J’écoute toujours en mode shuffle avec mon iPod’, se moque ironiquement le chanteur. Ce dernier est d’ailleurs le seul à véritablement entrer en contact avec la fosse, les autres membres préférant rester en retrait, comme absorbés par leur partition. Une ambiance qui par ailleurs semble avoir contaminé les spectateurs : les mines sont fermées et toute l’attention se focalise sur les musiciens. On n’est pas loin du recueillement. En dehors de quelques zélés pour qui tout rythme est propice à se déhancher dans tous les sens, les metalheads écoutent quasi religieusement les compositions envoûtantes des Scandinaves. Des candélabres sont disposés ça et là sur l’estrade, en référence à la pochette de l’elpee à succès « Ghost Reveries », paru il y a tout juste dix ans. Les titres se succèdent naturellement, soutenus par un triptyque d’écrans situés en arrière-plan, tantôt reproduisant des illustrations proches de l’artwork de l’album en question, tantôt affichant des animations dignes d’un fond d’écran Windows des années 90. Un petit bémol pour un combo qui, pourtant, a l’habitude de soigner subtilement le visuel. ‘C’est le dernier morceau de l’album. Ne vous en faites pas, on revient après le break’, annonce Åkerfeldt en fin de set, d’une voix chaude, colorée d’un très bel accent anglais.

Une petite mousse s’impose. Non pas pour avoir spécialement crié à tue-tête en compagnie du groupe, mais bien pour savourer ce moment qui, il faut le reconnaître, est assez atypique et plutôt agréable. Non seulement il n’est pas fréquent de voir et d’écouter une formation jouer un long playing dans son intégralité ; mais qu’il poursuive ensuite par un second set composé de grands moments de son existence est tout simplement jouissif.

Les lumières de l’AB s’éteignent, ne laissant allumés que les écrans en fond, affichant le logo du band, dominé par des teintes rougeâtres. Les musicos opèrent leur retour sur l’estrade. La disposition scénique est la même, candélabres en moins. C’est par « Eternal Rains Will Come », plage issue de son dernier LP, « Pale Communion », qu’Opeth débute son périple au cœur de son quart de siècle d’existence. L’ambiance monte d’un cran ; et pour cause, les titres sélectionnés sont parfois un peu plus pêchus que ceux dispensés en première partie. Ce voyage dans le temps va nous ramener en 2001, pour l’explosif « The Leper Affinity ». S’ensuivent « To Rid the Disease », « I Feel the Dark », « Voice of Treason » et « Master’s Apprentices ». Les intermèdes entre les compos sont parfois un peu particuliers, l’auditoire sollicitant certaines chansons et Åkerfeldt acceptant de jouer le jeu en interprétant la première partie de ces titres, en totale improvisation, suivi tant bien que mal par le reste de la troupe. Des moments de bonne humeur et d’échanges sincères entre le quintet et ses fans ; le frontman se fourvoyant quelquefois dans certains accords. Ou tout simplement se voit forcer de reconnaître qu’il les a tout simplement oubliés. Il confesse même : ‘Merde… je ne me souviens plus de celle-là…’ Il est même pris au dépourvu, juste avant d’attaquer le rappel, The Lotus Eater », lorsqu’il découvre une affiche déployée devant lui, le menaçant ni plus ni moins de mourir s’il n’offrait pas un guitar pick à sa fan. Tenant à sa vie, il n’a pu que s’exécuter. 

Nul doute que cette soirée a marqué les esprits de l’auditoire, autant par la qualité acoustique du concert que par le choix des titres, permettant durant ces quasi trois heures de show de rencontrer pleinement les aficionados d’hier et d’aujourd’hui. Après autant d’années de parcours et d’expériences vécues, les Suédois n’avaient plus rien à prouver. Alors que certains se seraient servis de cet anniversaire à des fins commerciales, Opeth n’est pas tombé dans le piège de l’effet d’annonce et a offert à son public une très belle soirée, démontrant au passage que le Metal mérite tout autant ses lettres de noblesse que d’autres courants musicaux unanimement reconnus.  

Setlist :

Première partie : ‘Ghost Reveries’ : Ghost of Perdition - The Baying of the Hounds  - Beneath the Mire - Atonement - Reverie/Harlequin Forest - Hours of Wealth - The Grand Conjuration - Isolation Years 

Seconde partie ‘Hits’ : Eternal Rains Will Come - Cusp of Eternity - The Leper Affinity -To Rid the Disease - I Feel the Dark - Voice of Treason - Master's Apprentices

Rappel : The Lotus Eater

(Organisation : Ancienne Belgique)





 

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