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Un véritable patchwork de références diverses

Écrit par Philippe Blackmarquis - mardi, 20 novembre 2012
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Opeth
Ancienne Belgique
Bruxelles
20-11-2012

Double affiche, ce soir, à l'Ancienne Belgique, puisque deux fers de lance du métal à tendance progressive vont s’y produire. Anathema et Opeth partagent des parcours comparables, puisqu’à l’origine, ils pratiquaient un Death Metal caractérisé par des vocaux gutturaux et des ambiances apocalyptiques. Au fil du temps, ils ont évolué vers un style plus complexe, inspiré, entre autres, par le prog rock. Autre point commun : le ‘Roi Wilson’ (Steven Wilson), le cerveau de Porcupine Tree, a produit les deux ensembles. Il a ainsi eu un rôle majeur dans leur évolution musicale.

Pour lire le compte-rendu consacré à Anathema, c’est ici

La bande sonore qui précède l'arrivée d'Opeth trahit les goûts musicaux de son leader, Mikael Åkerfeldt. D'abord, on a droit au « 21st Century Schizoid Man » de King Crimson ; puis, lorsque les musicos entrent en scène, place au ténébreux « Through Pains To Heaven », un titre que Popol Vuh avait composé en 1978, pour servir de B.O. au remake du film ‘Nosferatu.’ Opeth démarre en force. Et pour cause, il nous réserve « The Devil's Orchard », une plage extraite du dernier opus, « Heritage ». Le riff véloce de guitare est relayé par des interventions d’orgue réminiscentes de Jon Lord. Les vocaux lorgnent vers Ronnie James Dio. L’influence du hard rock institué par Rainbow et Deep Purple est affichée d'emblée. Mais en milieu de parcours, le morceau devient plus complexe et vire carrément au jazz-rock, voire au krautrock, quand il ne marche pas sur les traces de Hawkwind. Manifestement, la nouvelle mouture d'Opeth est un véritable patchwork de références diverses, un peu comme chez Porcupine Tree (tiens, donc...)

Entre les titres, Åkerfeldt se révèle beaucoup plus à l'aise qu'auparavant. Il n’hésite pas à plaisanter ou à illustrer ses commentaires de traits d'esprit : un roi du 'stand-up' ! Il se moque ainsi de son bassiste, Martin Mendez et de son égo 'démesuré'. Il raconte aussi qu'un employé d'un magasin 'Press Shop' à Bruxelles n'a pas voulu le croire quand il avait affirmé que, non il n'était pas un sosie d'Åkerfeldt, mais Åkerfeldt lui-même. Mais son thème récurrent procède de la difficulté des fans de Death Metal à accepter l'évolution de sa musique. ‘J’ai 38 ans, et ils me disent que leur album préféré est le premier ; soit celui que j'ai réalisé quand j'avais 19 ans ! Manifestement, je ne suis parvenu qu’à me dégrader depuis lors !’ (rires).

En fait, la setlist du concert revisite toute la discographie majeure du groupe. Un focus quand même : « Ghost Reveries » (2005). « Ghost Of Perdition », notamment, fait mouche auprès du public : les passages 'heavy' et les 'grunts' alternent joliment avec les moments plus calmes, surtout lorsque vers la 3ème minute, éclot la superbe mélodie... Magnifique ! Åkerfeldt nous confie regretter avoir manqué le concert de Dweezil Zappa, programmé à l'AB la veille. Tout simplement, parce qu'il est allé se coucher à 20h30 ! ‘We're not exactly Mötley Crüe’, ajoute-t-il...

Le band aborde ensuite « White Cluster », une piste gravée sur le 4ème album long playing, « Still Life », un titre qu'il a choisi en référence à la chanson d'Iron Maiden. C'est un brûlot de 10 minutes, où l'on constate l'extraordinaire cohésion entre les musiciens. A côté d'Åkerfeldt et du bassiste Martín Méndez, Fredrik Åkesson s'acquitte magistralement des ‘lead guitars’ tandis que Martin ‘Axe’ Axenrot, à la batterie, et Joakim Svalberg, le dernier venu (ex-Yngwie Malmsteen) aux claviers, assurent leur rôle à la perfection. Probablement le meilleur 'avatar' d'Opeth depuis longtemps, a déclaré Åkerfeldt, lors d’une interview. Le son est puissant et précis : il suit à la perfection les énormes variations de dynamique des compositions.

‘Nous avons aussi des chansons plus calmes’, ricane Åkerfeldt. « Hope Leaves », extrait de « Damnation » (2003), rappelle (à nouveau) Steve Wilson, un morceau qui culmine par un superbe solo de gratte. Un classique pour suivre. Le brillant « Deliverance » (2002). L'intro à la guitare et aux doubles ‘bass drums’ est d’une extrême violence. Au sein de l’auditoire, on distingue de plus en plus de 'headbangers' en pleine action... Cette épopée de 13 minutes a vraiment le don de vous mettre en transe... Regardez ce grand moment ici.

Après une fameuse intro très bluesy à la guitare, Åkerfeldt entame le riff aux accents folk de « Hessian Peel » (« Watershed », publié en 2008). Åkesson le rejoint à la tierce supérieure et nous sommes plongés au cœur d’un univers étrange, bercés par le mellotron et les rythmiques jazzy. Puis une montée majestueuse rappelant le « Shadow Of The Hierophant » de Steve Hackett débouche sur une explosion de 'grunts' et de guitares. Surprenant ! Probablement un des morceaux les plus ambitieux d'Opeth   !

‘Il ne se passe pas grand-chose sur scène à nos concerts’, concède ensuite ironiquement Åkerfeldt. ‘Si vous voulez des feux d'artifice, il faut aller voir Kiss ! C'est bien de rencontrer ici des gens qui s'intéressent surtout à la musique’. « Häxprocess », le deuxième extrait de « Heritage », poursuit dans la même veine néo-prog. Un vrai régal pour les oreilles. Le concert s’achève par « Reverie/Harlequin Forest », tiré de « Ghost Reveries », un nouveau tour de force de 11 minutes ! Quand le combo se retire, le public, conquis, réclame à tue-tête un rappel.

Avec gentillesse et humour, Åkerfeldt remercie l’auditoire et annonce le dernier titre, « Blackwater Park », issu de l'album éponyme. Ce sont 12 minutes de bonheur, alliant une incroyable puissance à une hallucinante dextérité musicale.

Il n'y a pas de doute : Opeth est aujourd'hui au sommet de son art. Åkerfeldt a déniché les collaborateurs parfaits pour son groupe, et s'est épanoui musicalement. Au même titre que Steven Wilson, il synthétise, dans son art, 40 ans de musique. Un concert éblouissant, saperlipopeth...

Setlist

The Devil's Orchard
Ghost of Perdition
White Cluster
Hope Leaves
Deliverance
Hessian Peel

Häxprocess
Reverie/Harlequin Forest
Encore:
Blackwater Park

Organisation : AB

(Voir aussi notre section photos ici)

 





 

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