Pour The Wombats , tout ce qui brille n’est pas or

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Une vision particuličrement ample du metal/prog/rock…

Écrit par Philippe Blackmarquis - mercredi, 05 novembre 2014
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Opeth
Ancienne Belgique
Bruxelles
06-11-2014

Deux ans exactement après son dernier passage à l’AB, Opeth revenait y accorder un concert dans le cadre de la parution d'un nouvel opus : « Pale Communion ». Emmenée par Mikael Åkerfeldt, la formation suédoise est un des fers de lance d'un style musical que l'on peut qualifier de ‘prog-metal’ ; c’est-à-dire qui combine la puissance du metal (voire black metal) et une richesse de structures et d'harmonies lorgnant vers le rock progressif.

C'est à nouveau au son de « Through Pains To Heaven », un titre que Popol Vuh avait composé en 1978 comme B.O. pour le remake du film 'Nosferatu', qu'Opeth entame son spectacle. Il y deux ans, les deux tendances (metal versus prog) étaient un peu en conflit dans le show,  Åkerfeldt semblant visiblement agacé par les anciens fans qui réclamaient en permanence les titres plus 'metal' et un chant davantage guttural (‘grunts’). Cette année, Åkerfeldt met les choses au point dès sa première intervention humoristique au micro : ‘Nous allons jouer des chansons avec 'grunts' et des chansons sans 'grunts'. Il y a des gens qui n'aiment que les chansons avec 'grunts' et des gens qui n'aiment pas les 'grunts' mais ce soir, nous allons former une belle et grande famille, ok ?’

Opeth démarre en force. Et pour cause, il nous réserve deux extraits de « Pale Communion » : « Eternal Rains Will Come » et « Cusp of Eternity ». Les riffs de guitare sont relayés par des interventions d’orgue et de piano réminiscentes de Jon Lord. L’influence du hard rock épique institué par Rainbow et Deep Purple est affichée d'emblée. Mais au fur et à mesure, les morceaux deviennent plus complexes et virent carrément au prog-jazz-rock. On sent aussi l'influence d'Utopia, le projet très sous-estimé de Todd Rundgren. On est ici clairement dans le nouvel avatar d'Opeth, qui est un véritable patchwork de références diverses, un peu comme chez Porcupine Tree et Steven Wilson (qui a assuré le mixage de « Pale Communion »).

En fait, la setlist du concert présente un panorama complet de la carrière d'Opeth. Hormis le dernier elpee, dont seront extraits trois plages, chaque album est illustré par un titre. Entre les morceaux, Åkerfeldt a pris l'habitude de plaisanter et d'illustrer ses commentaires de traits d'esprit : un roi du 'stand-up' ! Il évoque ainsi la manifestation dans le centre de Bruxelles, à laquelle il s'est mêlé sans arborer l'uniforme requis : ‘Je n'avais pas de vêtements verts ou rouges, je portais une veste de cuir, donc j'ai manifesté pour plus de vêtements en cuir...’

« Bleak » réjouit les partisans des 'grunts'. Cet extrait de Blackwater Park (2001) commence en black metal mais évolue vers des sonorités plus douces, voire acoustiques. La cohésion entre les musiciens est excellente. A côté d'Åkerfeldt et du bassiste Martín Méndez, Fredrik Åkesson s'acquitte magistralement des ‘lead guitars’ tandis que Martin ‘Axe’ Axenrot, à la batterie, et Joakim Svalberg (ex-Yngwie Malmsteen) aux claviers, assurent leur rôle sans la moindre faille. Le son est puissant et précis : il suit impeccablement les énormes variations de dynamique des compositions. Le 'light show' est, lui aussi, remarquable : les LED et les 'vari-lites' évoluent dans une synchronisation parfaite, conférant au spectacle une dimension féerique.

L'introduction de « The Moor » (NDR : cette compo remonte à 1999), permet de découvrir l'étonnante versatilité d'Åkerfeldt à la six cordes. Une nouvelle gratte de couleur blanche et de marque PRS. Elle permet au musicien de jouer les parties metal mais également de reproduire les sonorités de sèche à la perfection. Etonnant !

Après s'être moqué d'un spectateur occupé à envoyer des sms, Åkerfeldt entame ce qui constitue ‘sa partie préférée du concert’. C’est-à-dire « Windowpane », « The Devil's Orchard » et surtout un extraordinaire « April Ethereal ». Ce titre, issu de « My Arms, Your Hearse » (1998) est une pure merveille de black metal. Dans l’ensemble, les musiciens sont assez statiques et se concentrent sur leur jeu. Mais la magie de la musique est bien présente !

Entre deux morceaux, Åkerfeldt s'amuse à organiser un concours de cris, mettant en concurrence les hommes et les femmes. Plus tard, il s’adresse au publie à trois reprises en  clamant « Hello, hello, hello », suite à quoi un fan assez imbibé se met à hurler ‘Is it me you're looking for ?’ à la façon de Lionel Ritchie. Hilarité générale... La fin du show est grandiose, surtout grâce à « Lotus Eater » (Watershed, 2008) et le bijou « The Grand Conjuration » (Ghost Reveries, 2997). Quand le combo se retire, le public, conquis, réclame à tue-tête un rappel.

Åkerfeldt est affable et manie une nouvelle fois l’humour pour remercier l’auditoire et annonce le dernier titre, « Deliverance », issu du long playing éponyme. Et ces 13 minutes de bonheur vont allier une incroyable puissance à une hallucinante dextérité instrumentale.

Il n'y a pas de doute : Opeth contribue, au même titre que Porcupine Tree, Anathema ou Katatonia, à l'enrichissement musical du 'metal', en l'ouvrant à de nombreuses influences extérieures. Un concert éblouissant... (voir photos ici)

En première partie, la formation française Alcest, emmenée par Neige, un multi-instrumentiste qui cumule les projets (Amesoeurs, Mortifera, Phest ou encore Lantlôs), nous a réservé un post-metal atmosphérique, aux ambiances éthérées, oniriques et parfois un peu naïves. Leur dernier LP, « Shelter », est sorti le 17 janvier dernier et leur prestation, très intègre et pleine de sensibilité, donne envie d'en savoir plus ! A découvrir ! Fait étonnant : les deux formations à l'affiche de cette soirée ont clôturé leur show par un titre très semblable : « Deliverance » / « Délivrance »... (voir photos )

Setlist Opeth :

Intro : Through Pain to Heaven (Popol Vuh song)
Eternal Rains Will Come
Cusp of Eternity
Bleak
The Moor
Advent
Elysian Woes
Windowpane
The Devil's Orchard
April Ethereal
The Lotus Eater
The Grand Conjuration

Encore:

Deliverance

(Organisation : AB)






 

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