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Un oxymore vivant

Écrit par JoWell - mercredi, 04 mars 2015
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Panda Bear
Orangerie (Botanique)
Bruxelles
05-03-2015

La soirée est en principe destinée à prendre du plaisir. Et en même temps, à vivre une découverte.
Tout est parti d’une envie qui s’est rapidement transformée en situation troublante.
Et pourtant, sans la moindre brutalité, des hallebardes nous sont tombées sur la cafetière. Elles menaçaient au cœur du ciel d’hiver…
Et il en a fallu de peu, finalement. De quoi douter de la machinerie sournoise, précise orchestrée par Panda Bear. Capable de soudoyer n’importe quel mélomane lambda. Personne n’y croyait, et pourtant tout le monde est tombé dans le panneau. Sans regrets…
Ce n’était pourtant pas gagné d’avance.

20h00

Au sein de l’Orangerie, en attendant l’ours portugais d’adoption expatrié de Baltimore, il revenait à d’autres troublions, issus de la grosse pomme, de montrer ce qu’ils avaient dans le ventre. Jib Kidder et ses mollusques ont un côté nonchalant et peu soigné qui agace. Je n’ai pas dit qui a la grâce. Ce serait une insulte.  

Vu l’exercice périlleux du supporting act, il faut se montrer indulgent. Mais d’indulgence, il n’en sera jamais question. Jib Kidder nous bassine des reverbs atroces. Son phrasé est grailleux. Sa musique est incohérente, approximative, sans ligne de conduire. Le light show est obsolète. Le backing group insipide.

Chaque morceau semble volontairement biaisé. Désaccordé. Mais dispensé avec un esprit snob. De quoi provoquer un malaise, un haut le cœur, à la hauteur de leurs ambitions. Car, le combo ne manque pas de talent. Et il réunit d’excellent musicos. Mais, en s’égarant au cœur d’expérimentations bancales, leur compos se régurgitent plus qu’elles ne se savourent (NDR : qui a dit à vomir ?) Une épreuve dénuée d’émotion. Fin du match, on règlera les comptes. Au vestiaire…

21h00

Noah Lennox aka Panda Bear, montre le bout du nez…

Il est seul et se faufile discrètement sur l’estrade. Une incursion empreinte de délicatesse. Tout aussi furtivement, il déclenche le processus de mise en route de ses machines qui, pendant une heure, vont entretenir un climat intimiste et confortable au sein de la salle. 

Lennox est rompu au ‘live’ ? 15 ans déjà qu’il roule sa bosse sur les planches, en compagnie d’Animal Collective. Quand il ne se produit pas en solitaire. Ce qui explique pourquoi, il est devenu inébranlable.

La bouche ouverte, les mains pendantes, on se laisse piéger par le feeling mélodique qui vous contamine. Naturellement.

Il se moque des conventions. Y va au culot. Et botte en touche. Tout le monde partage ce point de vue, de toute manière.

Oscillant de mélodies synthétiques aux naturelles et instinctives, il réalise leur enchaînement en manifestant une facilité déconcertante. De fil en aiguille, les univers différents se rapprochent, se touchent, se respectent. Alliant l’eau et le feu, Lennox semble maîtriser les éléments. Il semble bien le seul dans cette salle. Si ses caresses réconfortent, ses coups de cravache ont un pouvoir orgasmique. Il est le Maître absolu de l’arrogance et de la simplicité, de la douleur et de la tendresse, de la puissance et de la tranquillité. Ce soir, Panda Bear est tout simplement un oxymore vivant.

En prenant du recul et en observant l’auditoire, on se rend vite compte que si Lennox nous a réuni dans sa bulle, ce n’est pas pour adresser un discours général à ce public, mais bien un message personnel.

Des corps se déhanchent, certains en abusent, d’autres restent figés, sous le choc. La liesse n’est pas collective. Le plaisir est individuel. Et il est intense, même s’il est profondément enfoui au fond de l’âme. 

22h00

De la même manière qu’il est apparu, Panda Bear file à l’anglaise, côté backstage, le public le contraignant à exécuter le rituel éternel du rappel qu’il viendra assurer encore pendant 20 bonnes minutes...

Guère loquace, jamais avare et même plutôt généreux, Panda Bear a démontré ce soir qu’il avait l’humilité et le prestige des plus grands artistes…

En sortant, je jette un coup d’œil à la table merchandising. Les mollusques de Jib Kidder y sont collés. Mieux vaut fuir. Je voudrais pas revivre le premier épisode.

(Organisation Ancienne Belgique)





 

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