Pour The Wombats , tout ce qui brille n’est pas or

“Beautiful People Will Ruin Your Life”, c’est le ...Lire la suite...

En phase de préfloraison…

Écrit par Philippe Belligoi - jeudi, 06 février 2014
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Rape Blossoms
Stuk
Louvain
06-02-2014

Le Stuk est né en 2002, un espace culturel sis à Louvain. Pourtant, je viens de le découvrir. Et je dois avouer que ce centre artistique, partagé entre une salle de concert, une autre dédiée à la projection, des ateliers, un studio d'enregistrement, etc. est absolument superbe. Bref le genre de salle polyvalente qui laisserait rêveur plus d'un Wallon...

Et si je m’y suis rendu, c’est parce que s’y déroulait une double affiche ‘made in Belgium’ des plus alléchantes. Tout d'abord Rape Blossoms, dont les morceaux entendus sur le web m'avaient vite séduit. Sur disque, leur post-punk rageur et bien noisy a suffisamment d'intérêt et de fougue pour retenir l'attention dans un genre où les prétendants sont fort nombreux. Lorsque résonnent les premières notes, le club n'est pas encore très rempli, mais il y règne une chaleur assez intenable contrastant avec le vent froid qui souffle dehors. Le groupe semble avoir ramené ‘son’ petit public d'amis ou de fans ; et bien que ce ne soit pas la grande foule, on est loin d'un bide.

Dès le début du set, on remarque que le son est très bon, excepté cette voix un peu trop systématiquement noyée dans la reverb et assez lointaine. C'est sans doute à mettre sur le compte d'une certaine timidité du chanteur qui tout comme le reste de la bande semble très jeune (début de vingtaine). Plus à l'aise, le guitariste lâche et relâche quelques accords acérés mais souples tandis que le bassiste est partagé entre ses 4 cordes et un clavier duquel il tire des nappes mélodiques façon cold wave ou des sonorités plus cra-cra. Mais c'est surtout le batteur qui, à l’aide de ses rythmes tribaux, semble canaliser l’ensemble par sa justesse quasi métronomique de ses interventions, rappelant même, lors du dernier morceau, le mythique Wire. Le chanteur descend alors de l’estrade, pour occuper l'espace vide et amorce quelques pas de danse timides, mais sympathiques.

Des débuts prometteurs en tout cas pour ce quatuor à l'énergie juvénile qui, lorsqu'il aura pris davantage d'assurance, devrait refaire parler de lui.

Le temps d'une pause afin d'installer le matos pour la tête d'affiche et la salle s'est considérablement remplie. Madensuyu n’est pas encore la nouvelle hype underground belge, mais il commence tout de même à faire l'objet d'une certaine attention médiatique méritée, grâce à sa discographie. Un Ep et trois albums, dont l'excellent "D is done" et le dernier "Stabat Mater". Venus défendre celui-ci, le duo se partage le chant. L'un se réserve les drums alors que l'autre se charge de la guitare et se sert d'un clavier qu'il joue aux pieds à l'aide d'un pédalier midi. Et bien qu'ils restent assis tout au long du concert, on sent qu'ils dégagent une certaine présence. En intro du concert, des chœurs d'enfants installent une ambiance de recueillement avant de nous laisser rentrer dans le vif du sujet. Leur musique est à la fois nerveuse et tendue mais possède également un côté dramatique presque douloureux comme le suggère le titre de leur dernier opus, référence à un poème du XIIIe siècle évoquant la souffrance de Marie lors de la crucifixion de Jésus (poème qui servira plus tard d'inspiration à de nombreux compositeurs classiques comme Vivaldi, Schubert ou Verdi... mais aussi au duo electro-punk Sexy Sushi !) Mais rassurez-vous, il ne s'agit pas d'une célébration religieuse, même si l'écoute attentive du public pourrait le laisser penser ; ce dont s'amusera d'ailleurs le batteur dans un petit commentaire adressé en forme de clin d'œil. Heureusement, il y a aussi de la légèreté voire même un certain côté pop chez eux pour éviter de tomber dans le pathos et transmettre un côté accessible à l'ensemble. Et bien évidemment de l'électricité et une énergie presque chamanique dans ces rythmes et ces vocaux qui s'étendent d'une plainte rauque à une sorte de scansion indienne, les plumes et les peintures de guerre en moins. Une forte personnalité en tout cas se dégage de leurs compos et de la façon dont ils les interprètent, totalement pénétrés par leur art.

Ils interpréteront une bonne partie de "Stabat Mater", mais reviendront aussi sur l'elpee précédent pour le plus grand plaisir de ceux et celles qui les avaient découverts lors de la sortie de celui-ci (dont votre serviteur). Et après avoir quitté la scène une première fois, ils reviendront nous gratifier de plusieurs morceaux bien sentis et loin d'une quelconque obligation contractuelle... Un bon moment de partage et de sincérité que je vous invite à vivre tant que le groupe ne squatte pas encore les gros podiums.

(Organisation : Stuk)

 





 
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