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Spectrale
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Une bête de scène…

Écrit par Béber - lundi, 04 octobre 2010
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Sage Francis
Botanique (Orangerie)
Bruxelles
05-10-2010

Déjà près d’une décennie que Sage Francis pratique une forme de hip hop alternatif, nourri au slam et teinté de folk ou de rock. Natif de Providence (NDR : c’est dans le Rhode Island), il en est même devenu une figure de proue. A son actif, cinq albums, dont un en compagnie des Non Prophets. Il se produisait ce mardi 5 octobre à l’Orangerie du Botanique, pour défendre son dernier opus, « Li », lors d’une double affiche, puisque Dolan y était également programmé. Bernard Dolan est également issu du même Etat, mais de Hanton City. Un rapper, activiste, emcee et slammer réputé pour son spoken word profondément engagé, politique et cynique. C’est un pote à Sage. Il relève d’ailleurs de son label.

Vers 20h, la sonnette retentit. Elle annonce le début du spectacle. Ou plus exactement du supporting act. Mais c’est face à un auditoire encore clairsemé que le Bruxellois L.E.G. entre en action. Soutenu par deux acolytes aux manettes, ses yeux sont cachés derrière des lunettes de soleil et sa tête dissimulée sous une capuche. Le Belge donne tout ce qu’il a dans le ventre, en déambulant aux quatre coins de la scène. L’énergie est palpable. Son hip hop, au début bordélique, se fluidifie au fil du temps. Malheureusement, il est manifestement difficile d’assurer une première partie pour deux pointures de la trempe de Sage Francis et Dolan. Les  spectateurs sont amorphes. Après une demi-heure, la performance de L.E.G. s’achève et le public se retire. Si les esprits de la maigre assistance n’ont pas été marqués par ce premier groupe, le trio, lui, doit l’être. Et pour cause, ce n’est pas tous les jours qu’un artiste a l’opportunité de figurer à la même affiche que nos deux vedettes de la soirée.  

Juste le temps de prendre l’air et de s’hydrater le gosier et la deuxième sonnerie annonce déjà la montée sur le podium de B Dolan. Une véritable armoire à glaces ! Il porte la barbe. Il s’accompagne uniquement d’une machine. Directement, le grand gaillard entre dans le vif du sujet. Son flow est incisif et véloce. Et ses samples efficaces. En un morceau, l’Américain met le feu à une Orangerie déjà plus remplie. Après un morceau, l’Américain s’asperge du contenu d’une bouteille et tente de reprendre sa respiration. Débute alors un dialogue avec le public qui ne s’achèvera que lorsqu’il videra les lieux. Sarcastique, Dolan vante la suprématie de l’Amérique républicaine, et n’hésite pas à la comparer à notre petite Europe. A l’instar de l’excellent morceau consacré à Sarah Palin. Multipliant les traits d’humour, il introduit chaque titre, comme un véritable chauffeur de salle. Et c’est efficace ! Mais le gros nounours sait également se faire tendre ; et tout particulièrement lorsqu’il interprète « Marvin ».  L’émotion est à son paroxysme et un frisson nous parcourt l’échine. Après une bonne demi-heure, c’est sous des applaudissements bien mérités que Dolan quitte le podium. Première étape réussie !

A peine le temps de nous remettre de nos émotions et de finir notre petite mousse que la dernière sonnerie retentit. C’est désormais dans une salle pleine à craquer (ou presque) que Sage Francis va se produire. Apparaît alors la bête. Un drapeau sur la tête, il est également barbu. Mais aussi chevelu. Il ouvre le bal en interprétant des extraits de ses tubes. « Escape Artiste », notamment. Rien de tel pour se rendre compte du talent du rappeur. Sage démontre qu’il n’a pas décroché de nombreux trophées, lors des concours de Slam, pour rien. Chauffeur de salle dans l’âme également, on le découvre guilleret. Et puis, il est en pleine forme. Il accomplit même des pas de danse à faire pâlir plus d’un boys band. La majorité de ses morceaux sont déformés. Pas question ici de rejouer les morceaux de l’album. Tous les styles musicaux y passent ; que ce soit le disco, le rock ou le jazz ; en témoigne sa reprise jazzy de « Jah Didn’t Kill Johnny ». Après une demi-heure de set, Sage Francis se décoiffe en retirant sa perruque (très réaliste soit dit en passant !) et dévoile sa réelle personnalité. Finie la rigolade, le ton devient plus agressif et plus tranchant. Après ces morceaux plus virulents, l’Américain laisse la place à l’émotion, et nous confesse ses problèmes de cœur. S’engage alors un monologue a cappella, tout bonnement impressionnant. Une trentaine de minutes plus tard, le Sage quitte la scène, sous les applaudissements. Respect !

Vient alors le moment du rappel. Sage est alors accompagné de Dolan. Les deux comparses se chamaillent et interprètent tour à tour leurs morceaux. Trois de rap bien lourds, bien américains, comme on les aime. Idéal pour conclure une soirée en tous points parfaite.

Organisation Botanique

 





 

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