Garciaphone, mangeur de rêve…

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Percussif et électrique…

Écrit par Didier Deroissart - mardi, 30 juin 2015
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Santana
Palais 12
Bruxelles
01-07-2015

« Corazon » constitue le trente-septième album de Carlos Santana. Il est sorti en 2014. La longue tournée qu'il a entamée est baptisée tout simplement 'The Corazon Tour'. Elle a débuté le 14 décembre 2014 au Mexique et passait ce 1er juillet par le Palais 12. Votre serviteur débarque vers 18h30. La salle est vide et il y fait frais. Ce qui ne sera plus le cas à 20 heures, quand elle sera bien remplie. Il ne doit alors rester tout au plus que 50 sièges de libres. C’est donc sold out. J’ignore sa capacité exacte. Mais il doit au moins y avoir 10 à 12 000 personnes. Si le public compte quelques plus jeunes, il réunit une grande majorité quinquas et même davantage.

La star de ce soir, c’est Carlos Alberto Santana Barragán. Il est le 20 juillet 1947 à Autlán de Navarro, au Mexique. Santana est seulement âgé de 18 ans lorsqu'il quitte son pays pour rejoindre ses parents à San Francisco. C'est là qu'il s'imprègne du blues. En 1966, il monte son propre groupe : le Santana Blues Band. Il est vite repéré et en 1969 il se produit au Festival de Woodstock. Il y fait découvrir au public son hit « Soul Sacrifice », qui sera immortalisé plus tard dans le film « Woodstock ». Après cet épisode, l'album « Santana » remporte un franc succès. En 1970, il grave ce qui est sûrement considéré comme le chef d'œuvre de sa carrière, « Abraxas ». C'est aussi à cette époque, qu'il devient le disciple du gourou indien Sri Chinmoy. Une doctrine qu’il adopte de 1972 à 1981. Et qui va inspirer sa musique. En 1973, sa musique vire au psychédélisme, une orientation qui se concrétiser notamment par la publication d’un elpee live, « Lotus ». En 1975, il grave « Amigos », dont il extrait le tube « Europa ». Au cours des années 80 et 90, il est en nette perte de vitesse. Un passage à vide qui va enfin cesser en 1999, lorsqu’il sort « Supernatural », couronné de 9 Grammy Awards. « Ultimate Santana » paraît en 2007, une compilation de ses plus grands tubes enrichie de quelques inédits écrits ou interprétés en compagnie d'invités de prestige : Shakira, Lil Wayne, Tina Turner et Chad Kroeger (Nickelback). En 2010, Santana compose l’hymne de la Coupe du Monde de Football, organisée alors en Afrique du Sud. Après plus de 47 ans de parcours, Santana continue à rassembler les foules. Il s’agit d’un des derniers dieux vivants de la guitare. Le magazine Rolling Stones le place à la quinzième place de son classement des meilleurs sixcordistes de tous les temps. Ses fans sont issus de la vieille ne séduit plus guère la génération actuelle.

Le décor est plutôt sobre sur les planches. Pas de light show grandiose ; juste ce qu'il faut pour se focaliser sur Carlos et son jeu de gratte. Trois estrades sont placées à l'arrière de la scène, endroit privilégié que vont occuper le drummer (José ‘Pepe’ Jimenz) et les deux autres percussionnistes (Paoli Mejias et Karl Perazzo). Et ce trio va faire un vrai malheur. Carlos chante très peu ou presque pas. Cependant, deux vocalistes (Andy Vargas et Tony Lindsay) le suppléent. Le line up est complété par un bassiste (Benny Rietveld) qui s’installe à droite et un second gratteur (Tommy Anthony) à l'extrême gauche, juste à côté du préposé aux claviers (David K Mathews). Circonstanciellement, la troupe est épaulée par un duo de cuivres (trompette et trombone).

Carlos monte sur les planches. Il est coiffé d’un chapeau. Armé, bien sûr, de sa guitare, il prend place au milieu. Des images de la voie lactée sont projetées sur un écran situé en arrière-plan, pendant le morceau d'introduction, « Power Of Peace Intro ». Les hostilités débutent cependant réellement par « Toussaint L'Overture », un extrait de « Santana III », LP sorti en 1971. Un bail ! Le piano hammond donne le ton alors que les trois percussionnistes s'en donnent à coeur joie. Carlos est déjà en démonstration sur son instru. Et le son Santana est parfaitement reconnaissable. S’il a composé pas mal de morceaux originaux, il s’autorise également des reprises, qu’il réarrange à la sauce Santana. A l’instar du « Love Makes The World Go 'Round » de Deon Jackson. Et la version est surprenante. Bien différente de ce qu’en avait faite Madonna. Sur disque, elle est particulièrement douce et balisée par l'orgue ainsi que les cuivres. Ici, pas de cuivres. Les percus mènent à nouveau la danse sur « Freedom In Your Mind ». Deux titres sont enchaînés, « Black Magic Woman » et « Gypsy Queen », deux plages extraites d'« Abraxas », le deuxième long playing du maître. Et un de ses meilleurs. Une autre cover, le « Black Magic Woman » de Peter Green (Fleetwood Mac). Un standard du blues au cours duquel Carlos se réserve un solo savoureux.

Encore une reprise, le « Oye Como Va » de Tito Puente, une piste issue d’« El Rey Bravo ». Ambiance latino assurée. Les rares parties chantées sont assurées dans la langue de Cervantès. Ce sont les percus et les soli de Carlos qui tirent leur épingle du jeu. Plus classique : « Maria Maria », tiré de l’opus « Supernatural ». Carlos abandonne sa guitare électrique un moment et opte pour une acoustique placée sur un pied. Carlos jongle alors entre ses deux grattes. On replonge dans le climat latino pour « Foo Foo » (« Shaman »). C’est même du cha-cha-cha ! Lors de la cover du « Corazón Espinado » de Maná, les soli sont exécutés par la section rythmique : le bassiste, le drummer et les percussionnistes. Et ils sont solides !

« Jin-Go-Lo-Ba » est un titre signé Babatunde Olatunji. Il figure sur l’elpee « Drums Of Passion ». Mais la version originale –parue également en 45tours à l’époque– était déjà incluse sur « Santana ». Les percus nous entraînent au cœur de l’Afrique et Carlos se paye un autre solo d’enfer. Une reprise de Michael Jackson : « A Place With No Name ». Une opportunité pour créer un petit dialogue entre la gratte et les deux chanteurs. Et la compo monte en puissance graduellement. Les cuivres prennent le pouvoir sur « Evil Ways / A Love Supreme » (« Medleys »). La fin est proche quand résonne les accords langoureux de « Europa (Earth's Cry, Heaven's Smile) » (« Amigos »). Debout depuis bien longtemps, l’auditoire salue la performance de Carlos qui le remercie à son tour. Impossible de rester cloué sur votre siège pendant deux heures, lors d’un concert de Santana. Et le set de s’achever par le « Tequila » des Champs et « Smooth », un extrait de « Supernatural ». Carlos va chercher une dame installée aux premiers rangs. Ravie, celle-ci aura le privilège de toucher la guitare du maître. Il invite également deux fillettes de l’assemblée. Egalement enchantées de monter sur l’estrade, elles vont assurer des choeurs de luxe. Et Carlos Santana de clamer qu’il s’agit de l’avenir. La foule salue la prestation du band par un tonnerre d'applaudissements…

Qui revient accorder en rappel « Woodstock Chant », le torride « Soul Sacrifice » et une dernière reprise, « Saideira ». Une bien belle soirée –percussive et électrique– vient de s’achever…

(Organisation Live Nation)

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