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Presque parfait ; il n’y manquait que les cuivres…

Écrit par Didier Deroissart - mercredi, 05 novembre 2014
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Sarah Carlier
Le Rideau Rouge
Lasnes
06-11-2014

Le Rideau Rouge est un café-concert-restaurant, situé à Lasnes dans le Brabant Wallon. On peut y casser la croûte, juste avant d’assister à un spectacle. Comme ce soir. C'est-à-dire un jeudi, jour réservé à ce type de manifestation. L’endroit est cosy, intimiste, et susceptible d’accueillir entre 10 à 70 personnes. En outre, le mardi, tous les musiciens, qu’ils viennent de  n’importe quel bord, sont invités à venir participer à une jam ; qu'il pleuve, vente, neige ou gèle. L’établissement dispose même d’un studio d'enregistrement. Le tout situé à deux pas de la Capitale. Ce soir, le set est organisé en mode showcase. Confortablement assis, en dégustant un bon verre ou en savourant un repas, le public va assister à la prestation de Sarah Carlier. Un auditoire qui ne réunit qu’une cinquantaine de personnes. Sarah a pris le soin de confier les manettes à Benoît, l'ingé-son de Puggy. Que ce soit dans une petite, moyenne ou grande salle ou encore lors d’un festival, ce virtuose de la table de mixage s’est forgé une belle notoriété. Un professionnalisme qui lui vaut donc aujourd’hui cette reconnaissance…

Alice et Arthur, aka Alice Spapen et Arthur Bochner, sont invités à assurer le supporting act. Alice et Antoine se partagent le chant, mais ce dernier se consacre également à la sèche et à la grosse caisse. Leurs deux voix sont superbes. Douce, enfantine, mais aussi limpide, celle d'Alice me fait penser à Vanessa Paradis. Les compos sont, en outre, interprétées, tour à tour dans la langue de Molière et de Shakespeare.

Après un passage remarqué à 'The Voice', Alice a perfectionné son chant au Jazz Studio d’Anvers. Qu’a également fréquenté Arthur, avant de suivre des cours de guitare au Conservatoire de Bruxelles. Arthur est également le chanteur/guitariste de Purpleized. C’est en constatant qu’ils partageaient des goûts communs, que le duo a décidé de se produire en duo. C’était il y a une bonne année. Leur répertoire est composé de reprises et de compos personnelles. Leur style ? Il oscille de la pop au jazz en passant par la chanson française.

Il est 21h00 précises, quand le duo entame son set. Un concert amorcé par le « Before You Accuse Me » de Bo Diddley, suivi par un morceau issu de leur plume, « Wake Up». Autre cover, le « Raphaël » de Carla Bruni. Une version étonnante, meilleure que l’originale. L'homme-orchestre est omniprésent : au chant, à la guitare, à la grosse caisse et même au beatbox. « Falling Down » est une autre composition signée par le couple. Tout comme « The One » et « My World ». La conjugaison des vocaux est plutôt réussie et les refrains sont contagieux. Dans le style, leurs chansons me font penser à Fréro et Delavega, devenus notoires, après avoir fait le buzz sur la toile. Mais c’est surtout la reprise du « Blackbird » des Fab Four qui va toucher ma corde sensible. Le tandem achève son show par un dernier morceau interprété en français, un titre qu’il vient de terminer. Sarah a eu le nez creux en invitant Alice et Arthur. S’ils peuvent bénéficier d’un bon encadrement, ils devraient faire du chemin. Ils viennent de publier un Ep 7 titres, intitulé « My World », un disque exclusivement vendu lors de leurs concerts. On en reparlera bientôt. Une chouette découverte...

C’est en 2009 que Sarah s’est lancée dans l'aventure musicale, en présentant un projet sur AkaStarter du label Akamusic (NDR : ce qu’on appelle aujourd’hui du crowdfunding). 283 personnes avaient ainsi financé la sortie de son premier simple, « Let's Believe ». En 2010, son deuxième projet, est soutenu par 594 personnes (NDR : dont votre serviteur !). Il se concrétise en 2011, par la publication de son premier album, « For Those Who Believe ».

Née d'un père belgo-congolais et d'une mère tchadienne, Sarah Carlier compose ses chansons depuis l'âge de 16 ans. Et elle les poste déjà sur YouTube. Elle reconnaît pour inspiration majeure, Nina Simone, Jimi Hendrix, John Mayer et Richie Havens. Sa voix campe un hybride entre Tracy Chapman et Nina Simone.

Après avoir accompli quelques premières parties prestigieuses au Cirque Royal ou à l'Ancienne Belgique, pour Yael Naim, Emeli Sandé, James Morisson ou encore Amadou et Mariam, elle se produit dans le cadre de plusieurs festivals, dont le Couleur Café et le BSF. En 2013, elle grave une version limitée en vinyle et cd de « Live Flagey ». Fin de cette année, elle entame l’écriture de son nouvel elpee. Les sessions d’enregistrement sont ensuite opérées au studio SynSound, choix dicté autant pour ses qualités techniques (enregistrement analogique) que pour les qualités humaines de Dan Lacksman, maître des lieux. En suivant et supervisant chaque étape de la création du disque, Sarah prend ses marques et affirme son style : folk, pop, soul, reggae, tout en se préservant une ouverture sur les musiques du monde. Elle choisit pour titre à cet opus, « SMS ». Il ne s’agit cependant pas d’une référence à l'envoi d'un court message par Gsm, mais de la contraction des initiales de « Save My Soul ». L'album sort le 24/10/2014 et atteint en deux temps trois mouvements le sommet des charts en Belgique. Ce n'est que mérité.

Quand Sarah Carlier débarque, elle est vraiment resplendissante et son sourire est ravageur. Cette nouvelle étoile de la scène belge est professionnelle jusqu'aux bouts des ongles et a choisi d’excellents musiciens pour l’épauler. En l’occurrence son fidèle bassiste, Thierry Rombaux, le drummer Boris Tchango, le guitariste Diégo Higuéras ainsi que Koffi Sadjo préposé aux synthétiseurs.

Sarah a pris de l'assurance en ‘live’. Elle se réserve bien sûr le chant et la sèche. C’est donc son dernier LP, « SMS » qu’elle va nous présenter ce soir. Et le concert de s’ouvrir, en toute logique, par une plage issue de ce long playing, le groovy « My Consellor ». Des cordes acoustiques et électriques un peu funkysantes, soutiennent la voix douce de Sarah. Il y manque quand même les cuivres. Dommage ! Caractérisé par ses accords de gratte funk, « Misty » nous entraîne dans l'univers de Niles Rodgers.

Sarah revient à ses premiers amours sur « Mr James », une ballade sentimentale, au cours de laquelle vous avez envie d’enlacer votre partenaire sur le dancefloor. Mais, bon on n’est pas ici au bal populaire, et l’auditoire préfère rester assis et écouter attentivement l’artiste. « Chorus Man » est une piste tirée du précédent opus. Elle a néanmoins été revisitée et réactualisée par Sarah et ses musicos. Et c’est du bien bel ouvrage… Le public est silencieux. D’ailleurs, « Shut », la compo suivante, le rappelle. C’est un extrait du dernier essai, tout comme « I'm Yours ». Une petite sucrerie au cours de laquelle la voix délicate de Sarah est imperceptiblement suivie par quelques accords de piano. Et cet épanchement de romantisme,  vous incite à fermer les yeux.

« Big Girl » n'est pas une chanson signée Mika, mais bien par Mrs Carlier. Graduellement, elle nous plonge dans son univers feutré et cosy. « Dreams » nous invite à rejoindre le Taj Mahal. Savoureux ! Coécrite par Sarah et son manager Manon Declercq, « This Story » est la piste qui achève l’LP. Un morceau plus rock légèrement teinté de jazz. Sur disque, les cuivres donnent une belle impulsion à l’ensemble. Sans cuivres, on a un goût de trop peu. Place ensuite à une version remodelée du premier single « Backstage ». « SMS » (« Save My Soul ») est cosigné par Sarah et sa maman. L’ombre de son fidèle, discret mais efficace collaborateur, Laurent Stelleman, plane. Un morceau dont le profil est particulièrement soul même s’il s’autorise un petit crochet par Kingston...

Elle attaque alors le « All Along The Watchtower » de Dylan. Un Hammond dévastateur et une basse ronflante tapissent cette cover, ma foi superbe. « Misery » constitue la cerise sur le gâteau. C’est également le titre qui achève le set. Sarah a pris de l'assurance sur les planches. Et c'est un réel plaisir de la voir s'épanouir. Lors du rappel, Sarah revient seule armée de sa gratte acoustique pour attaquer « Call You » ; avant que toute son équipe ne revienne pour l’apothéose, « Tenderness ».

Un concert dans une superbe salle. Un accueil chaleureux de la part des organisateurs. Des artistes proches de leur public. Et une qualité sonore impeccable. Que demander de plus ? Sarah nous donne rendez-vous ce 26 novembre 2014, à la Rotonde du Botanique, pour sa release party.

(Organisation : Le Rideau Rouge)





 

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