Garciaphone, mangeur de ręve…

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Rčglement de compte ŕ OK Corral !

Écrit par Bernard Dagnies - lundi, 02 décembre 2013
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Scout Niblett
Botanique (Orangerie)
Bruxelles
02-12-2013

La prévente relative à la double affiche réunissant Scout Niblett ainsi que de Kurt Vile & The Violators n’ayant pas obtenu le succès escompté, le spectacle a dû déménager à l’Orangerie du Botanique. Bref, il était donc logique que la salle soit bien garnie pour accueillir ces artistes.

Originaire de Nottingham, Scout Niblett est depuis peu quadragénaire. Elle s’est installée au States en 2003 et s’est fixée à Portland, dans l’Oregon, deux ans plus tard. C’est d’ailleurs au début de ce millénaire qu’elle a véritablement entamé sa carrière. Responsable de 6 albums à ce jour, son dernier « It's Up to Emma » est sorti en mai dernier. Au cours des dernières années, elle beaucoup bossé en compagnie de feu Jason Molina, Bonnie ‘Prince’ Billy et Steve Albini, ce dernier comme producteur. C’est aussi une passionnée d'alchimie et d'astrologie. C’est d’ailleurs un des thèmes de ses lyrics. A ses débuts, elle pratiquait une forme de blues indé, avant de glisser progressivement vers un post punk minimaliste. 

Kurt Vile est étasunien. Et il nous vient très exactement de Philadelphie, en Pennsylvanie. Avant d’embrasser une carrière individuelle, il militait chez War on Drugs, formation qu’il a quittée en 2005, cédant alors le relais du leadership à Adam Granduciel. Vile en solo, ce n’est pas tout à fait vrai, puisqu’il est soutenu par un backing group qu’il a baptisé The Violators, en 2009. Et jusqu’au pénultième elpee, Granduciel était encore de la partie. A la guitare, mais parfois aussi à la production. Paru cette année, « Wakin on a Pretty Daze » constituera certainement un des albums de l’année. On était donc curieux d’assister à sa transposition en ‘live’…

Il est 20 heures pile, quand Scout Niblett monte sur l’estrade. Seule. Juste armée de sa guitare. Et on peut affirmer qu’elle est curieusement fagotée. Elle dépose son sac à dos à ses pieds. Des grands pieds, puisqu’elle doit chausser du 47 fillette. Mais ses chaussures sont trouées, il faut le préciser. Elle a enfilé des chaussettes de laine rouge jusqu’au genoux. Et puis a revêtu une robe qui doit sortir de la garde-robe de son arrière arrière grand-mère. Elle a cependant un joli minois. Pas très souriante, quand même, elle a piqué une fleur rouge, dans ses cheveux, au-dessus de son oreille droite. A partir du second morceau, elle est rejointe par un drummer. Excellent, mais aux interventions à la fois parcimonieuses et percutantes. Puis du troisième titre, par un guitariste, tout aussi discret, mais dont les petites touches nuancent judicieusement les compos. En fin de parcours, il va prendre de plus en plus de place, notamment sur les morceaux les plus musclés. A la limite du grunge. Pas pour rien qu’elle cite Nirvana, Sonic Youth et Mudhoney, parmi ses influences majeures. Pourtant, tout au long de son set, je n’ai pas cessé de penser à PJ Harvey. Et en particulier à l’époque de « To Bring You My Love ». A cause de cette tension constante, qui va aller crescendo. Et puis de son style dépouillé, sauvage, viscéral, la voix campant plutôt un hybride entre Cat Power et Kim Deal, malgré des intonations parfois terriblement violentes. A l’instar de « Gun », morceau au cours duquel on a l’impression qu’elle est prête à se procurer un fusil pour régler ses comptes. Ses hurlements font même froid dans le dos. Probablement le résultat de problèmes de couple. Franchement, à la place de son mec, je m’exile au fin fond de l’Amazonie… Et pour accentuer cette impression, les coups de drums claquent comme de véritables balles. Meurtrières, implacables. Avant d’entamer le dernier titre, Emma Scott esquisse un léger sourire. Nous avoue être malade depuis quelques jours (NDR : elle a probablement chopé une bronchite), puis reprend son sac à dos et tire sa révérence. N’empêche on a vécu un excellent concert…

21h30, les lumières s’éteignent et les haut-parleurs diffusent un titre des Happy Mondays. Puis, Kurt Vile et ses Violators prennent possession de la scène. Kurt et son guitariste rythmique arborent une chevelure impressionnante, celle du drummer et du bassiste s’arrêtant au-dessus des épaules. Kurt change de gratte à chaque morceau. Et manifestement aux six cordes acoustiques, il est particulièrement habile. En se servant d’un tapis de pédales, il dissémine des sonorités élégantes, psychédéliques, en picking, torturées ou encore scintillantes. Il est même capable de dispenser des accords en ‘barré’ à l’aide de son pouce, comme Jimi Hendrix. Impressionnant ! Il tâte aussi de la gratte électrique ; mais il me semble bien moins à l’aise. Si bien qu’au début d’un morceau, il lâche son manche, empoigne le micro pour chanter, puis ne sait plus où il en est, regarde ses pédales et interrompt la chanson. Il récidive et se plante une seconde fois sur le même titre. Finalement, il en revient à une guitare acoustique et rétablit la situation. En fin de set, il reprendra la gratte électrique, mais sans se servir de ses pédales, preuve s’il en est que l’artiste est bien plus à l’aise armé d’une acoustique électrifiée, voire d’un dobro. En milieu de parcours, il va même nous réserver deux titres ‘unplugged’, « Peeping tomboy » et « Feel my pain ». Remarquable ! Vocalement, Kurt a un peu trop tendance à laisser traîner la voix ou alors à la tremper dans la reverb. Pourtant son timbre est aussi chaleureux et profond que celui de Lloyd Cole. C’est tout à fait flagrant sur disque, mais pourquoi ne profite-t-il pas de cet atout majeur sur les planches ? La question mérite d’être posée. Au fil du show, le second guitariste et le bassiste s’échangent leurs instruments, ce dernier en profitant alors d’injecter davantage de vibrato dans les sonorités électriques. C’est également lui qui circonstanciellement se sert de la boîte à rythmes. Il imprime ainsi un tempo de rumba à l’excellent, long et atmosphérique « Goldtone ». Hormis « Freeway », le band va puiser son répertoire au sein de ses trois derniers albums, l’entamant par le titre maître du dernier long playing, « Walkin on pretty day », et l’achevant, lors du rappel par celui du « Smoke ring for my halo ». Un bon concert, parsemé de quelques titres psychédéliques, hypnotiques, planants, de la meilleure veine, dont le sens mélodique des compos m’a parfois rappelé Robyn Hitchcock, mais pas aussi parfait que nous ne l’espérions…

(Organisation Toutpartout + Botanique)

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