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Pro jusqu’au bout des ongles…

Écrit par Didier Deroissart - vendredi, 04 décembre 2015
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Selah Sue
Forest National (Club)
Bruxelles
05-12-2015

C’est au moins la quinzième fois que votre serviteur assiste à un concert de Selah Sue. Depuis ses débuts. La dernière, c’était fin 2014, au Cirque Royal. Juste avant la sortie de son second long playing. Aujourd’hui, dans le cadre de sa nouvelle tournée, destinée à défendre cet opus, elle se produit à Forest National. Les tentures sont tirées à hauteur du deuxième balcon. Ce qui permet d’évaluer la foule, à 6 000 âmes. Sous cette forme club, c’est donc sold out. Cinq militaires, de nombreux policiers et un malinois rock'n'roll (NDR : il porte un collier fluo) veillent sur notre sécurité, à l’entrée de la salle.

Hydrogen Sea assure le supporting act. Un tandem bruxellois réunissant Birsen Uçar et PJ Seaux. La première se charge des vocaux. Le deuxième est multi-instrumentiste. Le duo planche actuellement sur la suite à donner au premier Ep, baptisé « Court The Dark ». Et ses singles, « Only Oleanders » ainsi que « Wear Out », ont énormément été diffusés sur les ondes radiophoniques. Ce qui lui a sans doute permis de jouer à New York et puis sans doute d’assurer la première partie du nouveau périple de Selah.

Des lumières blues, puis blanches, inondent l’estrade, en début de show ; soit lorsque le trio attaque « In Dreams ». Car c’est sous ce line up que le band se produit sur les planches. Où il forme un triangle, afin d’affirmer sa cohésion. Et c’est la vocaliste –grande, blonde et sexy– qui occupe la pointe de cette figure, le drummer se plantant à droite et le préposé aux synthés et aux machines, à gauche, une gratte électrique à ses pieds.

Tantôt Birsen susurre ses mots d’une manière fragile et mystérieuse, tantôt sa voix devient limpide et puissante, une voix qui colle parfaitement à l’electronica/pop visionnaire et envoûtante dispensée par la formation. Une expression sonore qui doit autant à Massive Attack, Beach House que Little Dragon.

Lorsque le claviériste empoigne sa gratte, c’est pour insérer une boucle dans sa loop machine, afin de pouvoir continuer à balancer ses beats électro. Plus pop, contagieux et sucré, « Before I Go » est balisé par des ivoires. Une cover ? Le « Wandering Star » de Portishead. Et baignant dans un light show de couleur rouge, la version est superbe. PJ brandit son iPhone. En quelques secondes la foule l’imite, l’auditoire s’illuminant d’une multitude de loupiotes. Et l’inévitable tube « Weat Out » clôt le set. Un groupe intéressant à suivre et de très près.

Setlist: « In Dreams », « Murky Waters », « Our Life », « Worry », « Before I Go », « Wandering Star » (cover de Portishead), « Weat Out ».

Gravé en 2011, le premier long playing de Selah Sue est éponyme. Il s'est écoulé à 120 000 exemplaires en Belgique, 1 000 000 à travers le monde, et a décroché 6 disques de platine. Paru cette année, « Reason » a bénéficié du concours de deux producteurs notoires, en l’occurrence le Danois Robin Hannibal (Little Dragon, Kendrick Lamar) et le Suédois Ludwig Göransson, connu pour son travail opéré auprès du trio pop HAIM ou encore du rappeur américain Childish Gambino. Les sessions se sont déroulées au sein de différents studios. D’abord en Belgique, mais également en Angleterre (Londres), en Jamaïque et aux States (Los Angeles).

Coiffée de son emblématique chignon, vêtue d’un chemisier blanc et d’un pantalon en cuir noir, elle monte sur l’estrade précédée de ses musiciens et de deux choristes. Qui ont un fameux coffre ! Et c’est parti pour un show à l’américaine… A cause du light show, bien sûr. Particulièrement soigné, il est truffé de spots, de lasers et de leds susceptibles de vous en mettre plein la vue. Mais il est destiné à mettre en exergue les artistes sur le podium.

« Alive » ouvre le set. Selah n’a pas encore empoigné sa gratte. Elle s’exprime également à l’aide de ses mains. Ses déhanchés sont sensuels mais étudiés et s’adaptent langoureusement à la musique. « Reason » s'étire sur plus de 10 minutes. De quoi permettre à chaque musicien de se réserver son solo. Puis chaque couche va se superposer afin de s’achever par un bel ensemble, au bout duquel les choristes vont s’associer, avant que Selah ne le ponctue, d’une voix autoritaire. La musique est tour à tour couverte de nappes électro/soul, parsemée de langueurs trip hop ou stimulée par des cascades de beat house…

Pendant « Black Part Love » et « This World », les musicos se dandinent. Pas de cuivres cependant, mais une plus large plage laissée aux chœurs. En toile de fond, l’image de la voie lactée est projetée. Salah Sue présente sa cover du « Blame » de Calvin Harris, en trois langues. Une version quasi-acoustique au cours de laquelle elle avance les mains, un peu comme feu Joe Cocker. L’intro de « Falling Out » est percussive. Selah en profite pour se désaltérer, puis reprend le micro en empruntant un timbre soul, bien soutenue par ses deux choristes. La toile sise en arrière plan ondule, et laisse apparaître l’image de Mrs Sue, jusqu'au plafond.

Hormis le concours discret de son guitariste, « Time » est interprété ‘unplugged’. La température commence à grimper. Les spectateurs jumpent, applaudissent, chantent et allument régulièrement leurs portables. Une belle interactivité s’installe entre l’artiste et son public tout au long d’« Alone » et de « Raggamuffin ». Selah lui tend le micro qui reprend en chœur le refrain. Après le plus drum&bass « Together », le set nous entraîne vers les plages de Kingston, un trip illustré à travers un « Crazy Sufferin' Style » d'anthologie.

Lors du rappel, un quatuor à cordes (3 violonistes et un violoncelleliste) vient rejoindre la troupe. Qui participe activement au ténébreux « Fear Nothing ». Et le spectacle de s’achever par « Right Where I Want You », les mélomanes regagnant leurs pénates, des mélodies contagieuses plein la tête…

On sent qu’au fil du temps, Selah a acquis de l’expérience. Elle est de plus en plus à l’aise avec ses fans. Et parvient à dompter ses émotions. Faut dire que depuis ses débuts, elle a accordé plus de 600 concerts. Elle est devenue une professionnelle jusqu’au bout des ongles. Ce qui explique aussi pourquoi, elle est aujourd’hui capable de remplir des salles d’une capacité semblable à celle de Forest National…

(Organisation : Live Nation)





 
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