Garciaphone, mangeur de ręve…

C’est ce 10 novembre que paraît le deuxième ...Lire la suite...

Hanté par le spectre de Peter Gabriel…

Écrit par Didier Deroissart - samedi, 03 octobre 2015
Image
Steve Hackett
Ancienne Belgique
Bruxelles
04-10-2015

Agé de 65 balais, Steve Hackett est en tournée, périple qu’il a baptisé ‘Acolyte To Wolflight With Genesis Revisited '. Pas de supporting act. La salle est sold out. Normal, puisqu’il s’agit de l’ex-sixcordiste de Genesis, venu notamment défendre son dernier opus, « Wolflight », paru cette année. Il s’agit du premier album studio original de Steve. Le précédent, « Beyond The Shrouded Horizon », remontait à 2011. Enfin, depuis 2013, il revient se produire tous les ans à l’AB, comme s’il accomplissait un pèlerinage. Et pourtant, chaque concert est différent.

Un peu d'histoire. En 1971, Steve Hackett rejoint Genesis. Il devient le cinquième membre du band. Guitariste, il est recruté pour sa maîtrise de l’instrument et surtout son aptitude à innover. Outre son concours à la gratte, il participe à l’écriture et aux arrangements des compos. Ce qui va contribuer au succès de la formation et tout particulièrement celui récolté en Belgique. Il participe à l’enregistrement de 8 albums. Malheureusement, des divergences musicales le poussent à quitter le combo. Il embrasse alors une carrière solo, amorcée par la confection d’un elpee personnel en 1975, « Voyage of the Acolyte ». Pionnier dans l’art du ‘tapping’, son talent est également reconnu dans le jeu de guitare dite ‘classique’. Mais il est surtout notoire pour ses expérimentations éthérées. Sans verser dans la démonstration technique, il y privilégie constamment le sens de l'harmonie tout en entretenant un univers sonore poétique, décalé et onirique.

Votre serviteur débarque vers 18h00. Il y croise ses habituels potes et surtout les fans de la première heure. Surprise de taille pour l’Ancienne Belgique : les tickets sont numérotés et le placement est contrôlé. Donc, pas question de vivre le spectacle en compagnie de ses amis. Pas trop heureux de la situation, je me retrouve dans la fosse, à l’extrême gauche. Pas mal casé, quand même, il faut le reconnaître. Juste en face de Ron Townsend. Il va se charger des instruments à vents. Depuis les clarinettes à la flûte, qu’elle soit droite, simple, piccolo ou traversière. Il participe également au chant et aux claviers. Juste derrière lui, sur une estrade, s’est installé le préposé au piano et aux synthé Roger King. C’est l’instrumentiste qui fédère toute l’expression sonore. Son vis-à-vis campe également sur un podium surélevé. Il s’agit du drummer Gary O’Toole. Coiffé d’un chapeau melon –mais pas chaussé de bottes de cuir– sa double batterie est impressionnante. Devant lui, se plante Roine Stolt, qui alterne gratte et basse. Et il s’y révèle aussi discret qu’efficace. Il est chevelu et porte des lunettes. Steve Hackett s’installe à l’avant-plan. Il se réserve la guitare –électrique ou acoustique– et assure le chant. Par rapport aux shows précédents, il va d’ailleurs davantage se consacrer aux parties vocales. Pourtant, il y a un vocaliste supplémentaire. Nad Sylan. Il a un look androgyne. Et apporte son concours, circonstanciellement, aux vocaux. Son timbre est, en outre, très particulier (NDR : serait-il hanté par Peter Gabriel ?) Enfin, le spectacle bénéficiera d’un light show aussi sobre qu’efficient.

En montant sur les planches, Steve se saupoudre les mains et le manche de sa guitare de talc, puis salue l’auditoire, en affichant un large sourire. 

Une intro symphonique prélude « Corycian Fire » (« Wolflight »). Le son émane de deux haut-parleurs disposés au balcon, à mi fosse. Cette compo est superbe et me fait penser au Robert Plant post Led Zep. Un cocktail subtil entre musique issue du Nord de l’Afrique, classique, prog, rock et psychédélisme.

Les musicos débarquent pour attaquer la deuxième compo. Il s’agit du titre maître de « Spectral Mornings » (NDR paru en 1973, il s’agit du troisième long playing). Steve arrache des sonorités singulières et merveilleuses de son manche, en se servant également de ses pédales. Il focalise tous les regards. Un peu comme Steve Vai ou Joe Satriani. Il présente certains morceaux. Mais aussi ses musiciens. Dans la langue de Molière.

Après « Every Day » (« Spectral Mornings »), il troque sa gratte électrique contre une semi-acoustique. Il aligne alors « Love Song to a Vampire », « The Wheel's Turning » et « Loving Sea ». Les interventions de Ron à la clarinette ou aux flûtes sont magistrales. Dignes de Ian Anderson (Jethro Tull). Et le premier volet du spectacle de s’achever par l’instrumental classieux « Shadow of the Hierophant ». Steve est assis et se sert d’une sèche. Une belle démonstration de son talent de sixcordiste.

La seconde partie va survoler les 40 années de carrière de Steve. Et tout particulièrement celles vécues chez Genesis. « Foxtrot » (« Get 'Em Out By Friday », « Can-Utility And The Coastliners » et « Watcher of Skies », malheureusement sans son intro au mellotron), « Selling England By The Pound » (« After The Ordeal », caractérisé par ses claviers emphatiques et au cours duquel Ron va esquisser un petit pas de danse, le lumineux « The Cinema Show », dont l’histoire de Roméo et Juliette est revisitée et « Aisle of Plenty ») ainsi que le titre maître de l’oeuvre majeure « The Lamb Lies Down on Broadway » figurent ainsi au sein du tracklisting. Ce dernier morceau est vraiment un des sommets du show. Théâtral, il constitue la cerise sur le gâteau. Enfin une des cerises, car la dernière chanson, « The Musical Box » (NDR : issu de « The nursery crime », cet opus recèle des comptines sordides, faussement infantiles, qui mêlent magie, sexualité, cruauté et meurtre) en est une autre. A cet instant, votre serviteur jubile… 

Cette période de concert baigne bien évidemment dans la prog. Nad participe davantage aux vocaux. Son timbre est alors très proche de celui de l’Archange ; ce qui permet plus facilement de replonger dans le passé de Genesis. 

En guise de rappel, la troupe va nous accorder deux morceaux. Tout d’abord « Clocks - The Angel of Mons » (« Spectral Mornings ») et le prodigieux « Firth of Fifth » (« Selling England By The Pound »), au cours duquel chaque musicien va s’autoriser un petit solo.  

Malgré l’excellence du set, il faut avouer que le spectre de Peter Gabriel a plané tout au long de la soirée…

(Organisation : Ancienne Belgique et Live Nation)





 

Qui est en ligne

MusicZine - Actualité musicale © 2017
ASBL Inaudible – 2, rue Raoul Van Spitael – 7540 Kain
Design: Nuno Cruz - Joomla integration: Edustries
Advertisement
Advertisement
Advertisement
Advertisement
Advertisement
Advertisement
Advertisement