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Spectrale
Metal/Prog/Noise
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La maîtrise de la puissance

Écrit par Pierre Vangilbergen - mercredi, 13 mai 2015
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Sylosis
Biebob
Vosselaar
14-05-2015

En ce jeudi 14 mai, ce n’est pas vers un ciel quelconque, mais bien dans la petite ville flamande de Vosselaar que l’Ascension du jour s’est déroulée. Tout comme la figure mythique du grand barbu qui change l’eau en vin (NDR : pour la circonstance, la bière aurait été plus appropriée), c’est un Sylosis ressuscité qui est apparu ce soir sur les planches du Biebob. En effet, fin septembre 2013, les Anglais, alors en supporting act de Trivium et DevilDriver, sont proches d’y laisser leur peau, suite à un accident de voiture. Profondément marqués par cet évènement, les artistes sortent, au début de cette année, telle une catharsis, l’album « Dormant Heart ». Déclinaison par la scène.

C’est sous un crachin indigne d’un mois de mai que votre serviteur débarque devant le Biebob. Quelques badauds, adossés à la façade, bravent la pluie et grillent une cigarette. Une porte dérobée sur le côté permet d’entrer dans cet espace hybride, à mi-chemin entre le bar et la salle de concert. Ambiance intimiste assurée. La maigre affluence est probablement la conséquence de ce jour férié. On ne peut pas dire qu’on se bouscule. Mais bon, finalement, rien de tel pour profiter du spectacle à son aise.

Tout droit venu de San Diego, Wovenwar grimpe sur le podium. Quoique responsable d’un seul elpee à son actif, paru l’année dernière, la formation californienne n’est pourtant pas inconnue sur la scène Metal. Et pour cause, elle implique le chanteur de Oh, Sleeper. Et puis des membres du combo de Metalcore As I Lay Dying qui, pour pouvoir poursuivre leur job –vu que leur vocaliste s’est fait coffrer pour avoir payé un tueur à gages, afin de liquider sa femme– ont donc décidé de changer de crèmerie. Wovenwar joue ici davantage la carte du Heavy Metal, malgré une image quelque peu hétéroclite. Tel un Gaulois à la moustache plus que fournie et voluptueuse, Jordan Mancino siège derrière les fûts. Nick Hipa, le guitariste, pourrait être un cousin germain de Chuck Billy. Et Josh Gilbert, casquette à l’envers vissée sur le front, se consacre à la basse. Un étonnant tableau ! Mais il faut reconnaître que la prestation musicale est moins éclatante. Le groupe est en effet loin de bénéficier, ce soir, d’une balance de son optimale. La belle voix de Shane Blay est étouffée et les parties de guitares sont à la fois confuses et uniformes. Ce qui n’empêchera pas le quintet de donner ce qu’il a dans le ventre. Pour un public qui va se montrer réceptif et enthousiaste. Neuf des quinze plages de leur LP seront exécutées pendant ce set, au cours duquel le frontman va s’armer de sa six cordes, pour trois d’entre elles. Tous les ingrédients étaient bien présents, et il en a fallu de peu pour que la sauce prenne.

Les roadies débarrassent ensuite le matos afin d’installer celui de Sylosis. Les Anglais ne s’embarrassent apparemment pas de décors superflus. Seuls deux petits amplis Marshall (au fond orange flanqué d’un ‘S’ entouré d’un cercle noir) évoquent l’imagerie du band. La petite salle anversoise est à peine plongée dans le noir que retentissent les premières notes de l’épique « Wheres the Wolves Come to Die ». Les artistes apparaissent un à un sur l’estrade, mais le vocaliste Josh Middleton rencontre des problèmes avec sa gratte. Très calmement, un roadie vient à son secours et l’aide à enfourcher une nouvelle, pendant que s’écoule petit à petit l’inquiétante introduction du morceau. Middleton finit par s’en sortir et y replonge sans aucune difficulté. Il rejoint son micro et commence à s’époumoner. Force est de constater que les soucis techniques rencontrés par Wovenwar ne sont plus ici du même ordre. Ce n’est certes pas encore parfait mais désormais tout à fait acceptable. Bien qu’en tournée pour la promotion de son dernier elpee, « Dormant Heart », Sylosis n’oublie cependant pas d’intégrer de plus anciennes compos, la setlist épinglant deux morceaux de chacun de ses précédents opus. 

Les Britanniques ne sont pas du style à arpenter la salle dans tous les sens. Tout le monde reste à sa place et se concentre sur l’exécution des morceaux, tissant petit à petit une bulle qui graduellement va englober l’auditoire. Pas la peine de mentir, ce n’était pas l’affluence des grands soirs. Seule la moitié de la petite salle était remplie. N’empêche que les metalheads qui assistaient au show savaient pourquoi ils étaient venus, écoutant tantôt presque religieusement certains passages lancinants et hypnotiques (« Leech », « Mercy ») mais donnant également de la voix quand la situation s’y prêtait, se lançant même timidement dans un circle-pit et un ‘wall of death’, à la demande des artistes.

L’aspect le plus impressionnant de cette soirée a sans doute été de pouvoir ressentir physiquement l’aspect technique des compos, mais également des émotions aussi diverses que variées en notes. Tout en parvenant à contenir intérieurement cette puissance presque jouissive, quoique insidieuse. Bien palpable, elle n’est jamais dévoilée au grand jour. Elle pointe juste le bout de son nez, de temps à autre. Une intensité que le band parviendra à entretenir tout le long du set qui, au final, aurait pu durer un peu plus longtemps. Une heure de spectacle, comme tête d’affiche, ce n’est pas le minimum syndical mais on n’en est pas loin. A moins d’être forcé de marcher un caillou dans la chaussure, Sylosis a donc encore de belles années devant lui.

P.S. : le 20 décembre 2014, la chronique de l’album « Dormant Heart » s’achevait par la phrase suivante : ‘(…) à voir si le band parviendra à transcender de la même manière son public, quand il montera sur les planches ». Pari gagné!’

Setlist : Where the Wolves Come to Die - Fear the World - Dormant Heart - To Build a Tomb - Mercy - Teras - Servitude - Leech - All Is Not Well - Altered States of Consciousness - Empyreal - Conclusion of an Age (rappel).

(Organisation : Biebob concerts)





 
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