Un box pour Alan Parson Project

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Il n'aura finalement manqué qu'un peu de folie…

Écrit par Bernard Dagnies - vendredi, 29 janvier 2016
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Tame Impala
Forest National
Bruxelles
30-01-2016

Tame Impala est une formation australienne –issue de Perth très exactement– responsable de 3 albums à ce jour. Et son dernier, « Currents », est paru en juillet 2015. Un quintet qui jouit d’une notoriété en progression constante. Surprenant, pour un groupe psychédélique. Un peu moins quand même, quand on sait que les mélodies des compos sont souvent contagieuses et sont même très susceptibles de se transformer en hits. Ce qui explique sans doute pourquoi, il a décroché de multiples Awards, au pays des kangourous. Une notoriété qui gagne manifestement les autres continents, puisque sa nouvelle tournée mondiale remplit les salles. Comme ce soir, à Forest National.

La soirée est sold out, et pourtant, dans les balcons, il y a encore de la place. Faut dire que l’essentiel de l’auditoire s’est concentré dans la fosse ; et ceux qui ne peuvent la rejoindre, transitent finalement par le premier étage (NDR : doit y avoir de nombreux adeptes de l’escalade, parmi ces retardataires).

Première bonne surprise, il y a davantage de jeunes que de vétérans, dans l’auditoire pour ce spectacle (NDR : tiens récemment, dans un article d’un quotidien belge, un journaliste condamnait à mort le rock, faute de combattants ; faudra qu’il revoie sa copie…) La moins bonne, c’est le supporting act. Un trio qui répond au nom de Jagwar Ma. Egalement australien. Dommage ! Le chanteur a une bonne voix, mais on n’entend pas sa guitare. Le bassiste à un beau bonnet, mais on n’entend guère sa basse. Finalement, c’est le bidouilleur qui se taille la part du lion. En fait de lion, il est certainement mort ce soir. Car franchement, la tambouille sonore était funeste. Et quand deux d’entre eux se sont mis à tourner les boutons, on n’a plus eu qu’une seule envie, tourner le nôtre. Quatre ou cinq décennies plus tôt, ce genre de mauvaise blague se soldait par la projection de fruits et légumes. M’enfin, c’est vrai qu’aujourd’hui, vu leur prix, ce serait du gaspillage. Trois-quarts d’heure de calvaire imposé sur le même tempo. De quoi choper des boutons (?!?!)

Passé cette épreuve olympique, cinq roadies vêtus de tabliers blancs vont s’affairer sur les planches afin que le show de leurs protégés s’effectue dans des conditions idéales. Pendant une bonne demi-heure, ils vont vérifier les balances des instruments, scotcher des fils, inspecter si tout a bien été raccordé, revérifier le travail, le re-revérifier, presque chacun leur tour. Manquait plus qu’ils se mettent à ‘sidoler’ les pieds de micro et les chromes… 

A 9 heures 15, les lumières s’éteignent ; et le quintet, emmené par le leader, Kevin Parker, monte sur l’estrade. Il se consacre au chant et très souvent à la guitare (une Rickenbacker). Le line up est complété par deux claviéristes, dont un double à la gratte, un bassiste et un drummer. Les musicos sont concentrés au centre de l’estrade, comme pour former un bloc.

Après une intro instrumentale, on entre dans le vif du sujet. Soit le hit « Let it happen ». Et on a déjà droit à une projection de confettis. Mais le plus important, procède de la qualité du son. Parfait de chez parfait ! D’une précision chirurgicale ! Ben, après les contrôles minutieux accomplis par les infirmiers du son, le contraire aurait quand même été étonnant. Derrière le band, des images sont projetées sur un écran géant. Celles d’un point vert (NDR : rien à voir avec les fruits et légumes) qui se tort dans tous les sens, et même suivant les accords de guitare sur « Cause I’m a man », de figures kaléidoscopiques ou galactiques ; et bien sûr de taches de couleurs psychédéliques qui se mélangent, un peu comme le Floyd le proposait à ses débuts. Et le light show implique également des faisceaux lasers qui changent de couleur en fonction des titres ; deux d’entre eux formant même parfois un épi, de chaque côté de la scène. Sans oublier les stroboscopes et tutti quanti. Bref, on a eu plein les mirettes.

Mais venons-en aux musicos. Assez statiques, il faut le reconnaître. Seul Parker, vient de temps à autre s’asseoir, sur le bord de l’estrade, lors de morceaux les plus mélancoliques. A l’instar de la ballade mid tempo « Yes I’m changing ». En fait, ils sont tous extrêmement concentrés sur leur partition. Même les harmonies vocales sont raffinées à l’extrême. Comme sur « Mind Mischief », un titre caractérisé par sa mélodie contagieuse. Ce qui n’empêche pas certains morceaux de dériver dans l’électro. Pas trop, heureusement. Juste ce qu’il faut. Comme sur le disco-space extatique « The less I know the better ». Les point culminants du set seront certainement atteints par le plus krautrock « Why won’t they talk to me ? », en libérant une bonne dose de groove. Puis par le glam/rock « Elephant », tapissé par un filet de clavier vintage, dans l’esprit de « The Piper at the Gates of Dawn » du Floyd. Et en finale, « Apocalypse dreams », un long titre émaillé d’envolées épiques, dignes de Mercury Rev voire des Flaming Lips (NDR : un des groupes les plus proches musicalement de Tame Impala). Et probablement un des rares morceaux qui a laissé de l’espace à l’improvisation. Les chansons les plus radiophoniques incitent naturellement la foule à reprendre en choeur les refrains. Les singles, bien sûr, et puis lors du rappel, le visionnaire « Feels like we only go backwards », ponctué d’une nouvelle projection de confettis. Avant que le show ne s’achève par le lancinant « New person, same old mistakes ».

Bref, un excellent concert, exécuté dans une excellente ambiance, ponctué de nombreux applaudissements, auquel il n’aura finalement manqué qu’un peu de folie…  

Set list

1. Intro
2. Let It Happen
3. Mind Mischief
4. Why Won't They Talk to Me?
5. It Is Not Meant to Be
6. The Moment
7. Elephant
8. Yes I'm Changing
9. The Less I Know the Better
10. Eventually
11. Alter Ego
12. Oscilly
13. Cause I'm a Man
14. Apocalypse Dreams

Rappel

15. Feels Like We Only Go Backwards
16. New Person, Same Old Mistakes

(Organisation : Live Nation)

 





 
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