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Le blues des hommes bleus

Écrit par Laurent Deger - samedi, 30 novembre 2013
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Terakaft
Beursschouwburg
Bruxelles
30-11-2013

Terakaft en Tamasheq, la langue des Touaregs, se traduit par la caravane. Une caravane qui s’est accordée une halte à Bruxelles, ce samedi, pour notre plus grand plaisir. Moins connue que Tinariwen, la formation entretient pourtant pas mal de liens avec les membres du plus célèbre des groupes de blues touareg. Le leader, Kedhou ag Ossad et le guitariste Diara, frère d'un des membres fondateurs, ont d'ailleurs collaboré à l'enregistrement du tout premier album de Tinariwen, en 1992, ainsi qu’à celui des « Radio Tisdas Sessions », en 2001. Khedou est autant adulé par la communauté touareg pour ses compositions que pour sa participation active à la rébellion des années 90. Blessé et annoncé plusieurs fois mort par les médias à l'époque, il demeure un symbole de la révolte des hommes bleus face à l'indifférence des gouvernements maliens et nigériens. 

Nous n'avons malheureusement pas eu droit au line up complet. Le bassiste et le percussionniste ont en effet été remplacés par deux musiciens occidentaux que l'on a senti très heureux de pouvoir partager la scène auprès de tels artistes. Ils ont eu le bon goût de ne pas trop en faire, se contentant d’épauler humblement les deux Berbères. Le batteur va même apporter une dimension légèrement plus dansante aux compositions.

Il est 23h lorsque le concert commence devant une petite assistance qui va très vite être emportée par la transe de cette musique. Enchaînant des morceaux relativement courts, Terakaft a l'intelligence de proposer un set varié. On avait en effet un peu peur d’éprouver une certaine redondance. Ce n'est pas le cas. Tour à tour, on se balance nonchalamment, comme hypnotisés, puis on sautille carrément quand le rythme s'accélère. On perçoit bien toute l'influence de la musique occidentale sur certaines chansons qui vont puiser dans le rhythm’n’blues et le rock psychédélique des années 60 et 70. Le groupe a d'ailleurs souvent cité Jimi Hendrix et John Cipollina (Quicksilver Messenger Service) comme références. Mais la dimension africaine est également très présente. Certaines parties de guitare évoquent le blues gnawa quand d'autres nous entraînent davantage vers l'Afrique noire. Décidément, cette musique est majestueuse et le flow arabisant des deux Touaregs nous transporte loin, très loin. A la fois apaisants et euphorisants, ces chants sont puissants et spirituels. Le corps ne peut que suivre, happé par les notes psychédéliques de ces guitaristes émérites. Que ce dépaysement fait du bien. C'est sans doute un cliché mais un concert de Terakaft est un vrai voyage. Envoûtant, pénétrant, dense, poétique même. De ceux que l'on n'oublie pas.

Autumn Falls

(Organisation Toutpartout)

 





 
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