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Écrit par Nicolas Alsteen, Grégory Escouflaire et Julien Winkel - vendredi, 29 octobre 2004
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The Hives
AB

Pour faire comme tout le monde, nous pourrions vous rappeler combien les Hives sont gracieux, sexy, arrogants, furieux et costumés. C'est vrai, nous pourrions. Mais nous pourrions également vous conter l'histoire d'un spectateur guidé par une gueule de bois, barbouillé et fatigué, venu assister au concert des Hives en ce jour de convalescence. Pour ce genre de spectateur (comme pour les autres, d'ailleurs), les Hives demeurent sans compassion, aucune. Histoire d'un concert qui aurait très bien pu être le dernier…

Arrivé sur les lieux en temps et en heure, malgré un mal de crâne persistant et insistant, le jeune homme tente de retrouver ses amis (heureux propriétaires du précieux ticket) et de se frayer une place dans l'antre de l'Ancienne Belgique. Une méchante fouille corporelle aux entrées constitue déjà un premier obstacle aux objectifs affichés du pauvre garçon. Quelques minutes plus tard, c'est face à la scène que l'attente devient douloureuse. Des compatriotes des Hives se chargent de la première partie. Les jambes tremblantes, la vue trouble, le spectateur tente désespérément de retrouver ses esprits au son de ces compositions déstructurées servies en guise d'apéritif. Burps…

Subitement, un gros néon rouge perché derrière la scène s'allume : « The Hives », peut-on lire. Le délire de la foule atteint son comble. Evidement, à cette heure-là, personne encore ne sait que les cinq guignols costumés qui débarquent vont électrocuter tout être vivant dans un rayon de trente mètres…en moins d'une heure. Le grand show commence, mené tambour battant par Howlin'Pelle Almqvist, mélange hybride entre un Jim Carrey sous cocaïne et un Mick Jagger à l'aube de ses vingt printemps. Le spectateur malade est alors terrassé par un tourbillon, qui s'interrompt et recommence sans cesse, le réveillant en sursaut. Les coups de basse du Dr Matt Destruction engendrent ainsi les premiers dégâts. Dans la fosse, chacun cherche la bouffée d'air rédemptrice. Mais sans faiblir, les Hives enchaînent les tubes de leurs trois albums. Par moment, Pelle Almquist harangue la foule gisant (encore) debout à ses pieds, ruisselant de sueur. L'estomac noué, l'esprit entièrement perdu dans cette mise en scène sans faille, le malheureux spectateur serre les doigts, prie pour que Nicolaus Arson ne balance du bout de ses doigts surchauffés un des riffs incisifs et fulgurants dont il détient le secret. Mais les Hives sont sans pitié. Ils ne laisseront aucun répit au pauvre spectateur déjà meurtri, supportant de plus en plus mal le poids d'un corps devenu trop lourd pour ses jambes.

Derrière sa batterie, Chris Dangerous entre au panthéon des batteurs les plus coquets de l'histoire du rock. Les cheveux gominés, ce dernier n'hésite jamais à se repeigner (!) entre deux titres assénés à tous ses inconscients, venus applaudir la performance la plus survoltée de l'année. Dans cette sitcom millimétrée, les Hives jouent un rôle hollywoodien. Avec sa tête d'enfant joufflu et sa taille pachydermique, Vigilante Carlstroem, le deuxième guitariste, ne cesse d'accélérer la cadence. En moins d'une heure, les Hives auront réussi à calmer les excités, à ressusciter les malades (celui de l'histoire a survécu. A ce jour, il ne voit plus la vie de la même façon), à susciter  l'admiration. Messieurs, il ne nous reste plus qu'à vous tirer notre cravate, s'agenouiller et laisser tomber le nœud pap', vous êtes les plus forts!

N.A.

Pas la peine de tourner autour du pot : c'était le concert rock'n'roll de l'année. Dans une AB pleine comme un œuf, les Suédois des Hives ont provoqué un tremblement de terre qui sur l'échelle de Richter devrait avoir battu tous les records. Blues Explosion, The Libertines, les White Stripes, The Stooges : qu'ils aillent se rhabiller, la queue entre les jambes. Les Hives sont les plus forts, point barre. Question d'attitude, de jeu de scène, de technique, de frime, de sexe : du chaud bouillon, comme la température ce soir, presque insoutenable. On ne vous parlera pas de la première partie, parce qu’on n’avait pas la tête à ça. Des types qui singeaient Hot Hot Heat et Ima Robot, pour aller vite. Et les Hives, justement, jouent très vite : une heure, et la plèbe rock est KO. Chaos : dès les premières mesures de " Abra Cadaver ", une minute trente de furie punk'n'roll, le public devient fou. Jeune, le public. Et très féminin. On ne va pas se plaindre. Habillés de pied en cap en noir et blanc, les Hives ont la classe. A peine arrivé sur scène, Howlin' Pelle Almqvist lâche un cri guttural à faire pâlir le pantalon rouge de Jack White. C'est parti, donc, pour une heure de rock'n'roll sauvage et braillard. Et ça suffit : après 40 minutes tout le monde est déjà mort, mais tente de survivre à ces incroyables décharges d'adrénaline. Les titres s'enchaînent sans qu'on ait le temps de crier ouf. De " Tyrannosaurus Hives ", les cinq Suédois joueront tout, ou presque (ne manque à l'appel que le très post-punk " Love In Plaster ") : autant dire que du bon, du foufou, du grand art. Pelle parle mais on n'y comprend rien : tel un Mick Jagger shooté à la testostérone, il exhorte le public à sortir de ses gonds. Qui le prend au mot, même si le corps ne suit pas toujours. C'est qu'il faut le faire, pogoter pendant une heure non stop. Mais comment rester stoïques face au bonheur d'enfin voir sur scène les Hives jouer " Main Offender " et " Hate To Say I Told You So " ? Ces types ont la gnaque, et c'est magique. Sur scène ils font preuve d'un incroyable magnétisme, jouant leurs classiques au millimètre près : on reste cois. Quoi ? Les Hives, mec. Le concert de l'année. " AKA Idiot " pour assommer les derniers irréductibles. Une classe inattaquable. The Hives, mon vieux. The Hives ! ! ! ! ! Ils sont venus, ils ont vu, ils ont vaincu. Que ceux qui ont raté ce concert se mordent les doigts, et tout le reste : ils ne sauront jamais ce qu'est un vrai concert de rock. The Hives ! The Hives ! ! The Hives ! ! ! (PS : si quelqu'un a trouvé une tête par terre après le concert, qu'il écrive à Musiczine. C'est sûrement la mienne)

G.E.

Boredom ! Amis blasés du Rock and Roll, spécialistes du 'oui, mais…', adulescents gavés de concerts et de CD's en tous genres, ce concert était pour vous. Si comme beaucoup de vos congénères vous vivez avec la nostalgie d'une époque révolue, celle de vos 16 ans où la moindre décharge de guitares électriques vous donnait envie de démonter pièce par pièce tout ce qui vous tombait sous la main (la commande à distance de votre chaîne, le lit Ikea, la poupée de la petite sœur), vous ne pouviez pas rater ça. Parce que ce qui s'est passé ce vendredi 29 octobre à l'AB dépasse l'entendement. Parce que lorsque les Hives sont montés sur scène vers 21h30 ce jour-là, c'est une espèce de monstrueux Léviathan suédois a pris directement les nombreux spectateurs de tous âges à la gorge pour ne les relâcher qu'une heure plus tard, complètement hébétés. Une heure de folie Rock and Roll, de décharge électrique maniaque orchestrée par Howlin' Pelle Almqvist, véritable dandy hystérique aux yeux de déments, petites billes gonflées d'adrénaline à l'étroit dans leurs orbites. Son crâne aurait éclaté qu'elles auraient continué à se dandiner aux quatre coins de la scène. Emmenés par cette hybridation entre Iggy Pop et le Mick Jagger des belles années (celui de 1964-1970), les autres membres du groupe aux noms aussi jouissifs que 'Dr Mass Destruction' ou 'Chris Dangerous' ne furent pas en reste. Un petit coup de peigne entre deux morceaux pour le batteur (qui se devait d'entretenir sa belle coiffure rockabilly), un petit crachat tout ce qu'il y a de plus punk pour Nicholaus Arson (guitariste de son état), splendides rouflaquettes 'à la Spinal Tap' pour le docteur (à la basse chirurgicale), tout y est passé. Inutile dès lors de vous cacher que 'The Hives' incarne tous les clichés Rock and Roll possibles et imaginables. Mais contrairement à beaucoup de groupes associés au revival garage actuel, on sent que chez cette bande de scandinaves dégénérés, c'est du vécu…La pose se double ici d'un état d'esprit qui, pour peu, nous ferait croire à un retour quarante ans en arrière, à une époque où le rock était encore neuf et excitant, où il n'avait pas encore perdu de son pouvoir de subversion. En un peu plus de 60 minutes, temps nécessaire au groupe pour parcourir son nouvel album ainsi que quelques extraits de ses deux précédents opus (dont un " Aka I.D.I.O.T " dantesque), The Hives nous a prouvé que tout cela était encore possible. Ce groupe est un majeur tendu à la morosité ambiante, à l'intégrisme religieux renaissant, aux yuppies triomphants. Les Libertines, Strokes et autres The Kills peuvent aller se coucher, les Hives sont le plus grand groupe live actuel ! Nom de dieu, THE HIIIIIIIIIIIIIIIIIIVES ! ! ! ! ! ! ! !

J.W.

 





 

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