Pour The Wombats , tout ce qui brille n’est pas or

“Beautiful People Will Ruin Your Life”, c’est le ...Lire la suite...

Expect The Unexpected

Écrit par Redouane Sbaď - lundi, 18 mars 2013
Image
The Internet
Ancienne Belgique (ABClub)
Bruxelles
18-03-2013

‘Double Bill’ 100% hip hop et R’n’B ce 18 mars dans l’intimité de l’AB Club. Mais pas n’importe quel R’n’B ou Hip Hop. Celui qui regarde loin devant lui. Celui qui te fait tripper. Celui qui te fait voyager en fermant les yeux. Un programme alléchant initié par deux échappés de la clique OFWGKTA, Syd Tha Kyd et Matt Martians, alias The Internet. Pour l’étape européenne de leur tournée, les deux extraterrestres ont amené dans leur valise Kilo Kish, figure féminine de la formation underground Kool Kats Klub. Une soirée torride en perspective.

Torride et tardive puisque The Internet est prévu pour 22h. Et ce n’est qu’à 20h45 que Kilo Kish et Kitty Kash (ça ne s’invente pas), sa partenaire aux platines, entrent discrètement en scène. L’ABClub ne connaît pas la foule des grands jours, bien au contraire. Ce soir, les deux formations joueront pour une centaine de personnes au bas mot. Et la corrélation entre The Internet et l’artiste jouant au rez-de-chaussée est loin d’être évidente. Parce qu’il s’agit de Christophe Willem, pas de ‘Late Night Show’ gratos pour les fans du garçon à lunettes. C’est donc dans un cadre très intimiste que se déroulent les deux prestations. Pas plus mal, vu que la scène est visible de n’importe où dans la salle, même pour les nains de jardins.

Kilo Kish, née Lakisha Robinson, distille un R’n’B  lascif à mort. La mignonette de Brooklyn et sa complice n’ont qu’un Ep à leur actif, produit par The Internet et Star Slinger. C’est forcément en un tour de main que le duo lance et boucle sa prestation. En 30 minutes chrono, le duo a charmé le parterre sur des « Goldmine », « Navy » et autres incitants à se glisser tout nu sous la couette. La demoiselle, séduite par l’ambiance bon-enfant restituée par son public belge, se mêle à la foule pour trouver, sans aucun mal, quelques partenaires de danse sur « Love2K ». Seul bémol, certains refrains chantés avec l’appui de la bande communique un côté playback un peu cheap, à certains instants. Mais comme dirait Didier Deschamps, Kilo Kish a ‘des qualités et un potentiel’ qui ne la laisseront pas longtemps sur le banc de touche. A surveiller de près.

21h45. Contre toute attente, les lumières s’éteignent. Vu que Kish et Kash ont bouclé leur set une demi-heure plus tôt, les stars de la soirée décident de débarquer plus tôt sur les planches. Pas de chance pour les clopeurs. Deuxième surprise, c’est à un vrai live que l’on va avoir droit. Ce sont d’abord les trois musiciens qui montent sur l’estrade : piano numérique, grosses caisses et basse retrouvent leur propriétaires. Petit jam d’intro, et c’est déjà trop bon. Syd Tha Kyd, seule demoiselle du clan Odd Future, et Matt Martians leur emboîtent le pas. Le duo et leur bande administrent un nouveau souffle de vie aux extraits de leur premier LP, « Purple Naked Ladies » qui, dans leur version ‘vrai’ live,  exhalent d’authenticité. The Internet s’adonne à un mélange subtil de hip hop psyché et de R’n’B retro sans faille. Le set, étayé par quelques nouvelles compos, est passionnant de bout en bout.

Lorsque Syd Tha Kyd lâche le micro, c’est pour mieux le refiler à Kilo Kish qui rejoint la troupe pour défendre à merveille « Ode To A Dream », extrait de « Purple Naked Ladies ». Ou à Tay Walker, préposé au piano numérique, qu’elle présente comme son coach vocal. Celui-ci lui prête d’abord main forte sur « They Say » avant de se lancer dans un premier titre ne tolérant, pour seule compagnie, que son instrument. Une voix puissante s’il en est. Le moins que l’on puisse dire c’est que Frank Ocean, autre recrue d’OFWGKTA au succès autrement plus conséquent, a du souci à se faire. A la demande générale, Walker interprète un second titre, épaulé par le préposé aux grosses caisses et le monsieur à la basse. Syd Tha Kyd prévient l’auditoire. Il s’agit d’une grande première. Les deux autres musiciens n’ont jamais entendu ce morceau de Tay Walker et vont donc improviser au fur et à mesure. Ce dernier se lance alors dans sa compo, rejoint à mi-parcours par ses collègues. Le résultat est impressionnant. L’éclosion d’un tube, en direct. Si l’on sent quelques petites hésitations au départ, la suite coule de source. Une semi-impro qui se solde par une ovation bien méritée.

Le set arrive à son terme au bout d’une heure et des poussières. En guise de rappel, le duo laisse Walker et ses deux complices jouer une petit jam improvisée. Nouveau carton plein.

Après un concert aussi solide, difficile de comprendre le manque d’intérêt général des fans de hip hop ou R’n’B pour une formation à cent mille lieues d’un buzz médiatique fumeux. Qu’ils s’arrêtent à Couleur Café, Pukkelpop, Dour out tout autre festoche cet été, The Internet n’est à manquer sous aucun prétexte.      

(Organisation : Ancienne Belgique)

 





 

Qui est en ligne

MusicZine - Actualité musicale © 2017
ASBL Inaudible – 2, rue Raoul Van Spitael – 7540 Kain
Design: Nuno Cruz - Joomla integration: Edustries
Advertisement
Advertisement
Advertisement
Advertisement
Advertisement
Advertisement
Advertisement