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Un peu de réconfort, au cœur d’un climat tourmenté et angoissant…

Écrit par Didier Deroissart - jeudi, 19 novembre 2015
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The Mountain Goats
Botanique (Orangerie)
Bruxelles
20-11-2015

C’est l’automne… une saison propice à la chute des feuilles… C’est également la période au cours de laquelle se déroule le festival Autumn Falls. Un festival itinérant qui invite des groupes ou artistes émergents, à travers la Flandre et Bruxelles, à se produire au sein de différentes salles, dont le Trix d'Anvers, le M@Z de Bruges, le Trefpunt à Gand, le 4AD de Diksmuide, le Botanique et bien d’autres encore. Et un pass de 50€ vous permet d’accéder à tous ces concerts qui s’étalent du 20 octobre au 18 décembre. Ce soir le Bota accueille The Mountain Goats et The Weather Station.

Les tentures sont tirées à hauteur de la table de mixage, de manière à rendre la salle moins déserte. Lorsque The Weather Station entame son set, il y a plus ou moins 150 personnes, au sein de l’Orangerie.

The Weather Station n’est pas une station météorologique anglo-saxonne, mais une formation canadienne drivée par Tamara Hope. Auteur/compositrice/multi-instrumentiste, elle est également actrice. Elle a ainsi assuré le rôle principal dans la série télévisée 'Guenièvre Jones'. Son dernier opus, « Loyalty », est paru cette année. Un disque enregistré en étroite collaboration avec Afie Jurvanen (Bahamas) et Robbie Lackritz (Feist).

Tamara alterne entre guitare, banjo et claviers. Et propose une musique folk mélodieuse, intense, parcourue de lyrics à double sens, ambigus et chargés de métaphores complexes. Brefs, les amateurs de Steve Gunn ou encore Ryley Walker devraient s’y retrouver.

Armée de sa gratte électrique, elle attaque « Floodplain ». Dès la fin de son morceau, elle convie ses deux musicos –en l’occurrence un bassiste (barbu) et un drummer– alors backstage, à la rejoindre, en leur adressant un petit signe de la tête. La voix de Hope est claire, limpide, cristalline même. La section rythmique est au diapason de la musique, empreinte de douceur et de tendresse. Mais le répertoire manque cruellement de punch et un ennui certain commence à gagner votre serviteur. Si bien qu’il s’éclipse du côté du bar. Dehors, de nombreux véhicules des forces de l’ordre circulent sur les grands axes. Les trams et les bus sont à l’arrêt. Quatre policiers lourdement armés surveillent l’entrée du Botanique. L'ambiance est lourde…

The Mountain Goats vient de graver son quinzième elpee. Il s’intitule « Beat the Champ ». Un concept album qui s’intéresse au monde du catch professionnel, dont les combats se déroulent au Sud des States, une discipline qui fascine le frontman, John Darnielle. Il y dépeint parfaitement des personnages imparfaits, qui vivent au sein d’un monde à la fois déchirant et exaltant. Et les plages qui oscillent entre ballades mélancoliques (avant le combat) et titres énergiques (pendant le combat) reflètent les émotions ressenties par les athlètes, comme les doutes ou les peurs…

John Darnielle se consacre au chant, à la guitare et aux claviers. Il est soutenu par le bassiste Peter Hugues, le drummer Jonathan Patrick 'Jon' Wurster et le multi-instrumentiste Matthew Douglas. Ce sympathique barbu (encore !) est un fameux musicien. Il brille d’ailleurs aussi bien aux cuivres (saxophone alto, clarinette), qu’à la six cordes.  

Tendre, « Southwestern Territory » (« Beat The Champ ») ouvre le show. John est habité par son chant. Les cuivres sont magiques. Le tempo s’élève progressivement tout au long de « Cry For Judas » (« Transcendental Youth »), un morceau cuivré, stimulé par le piano, au cours duquel John se sert d’une gratte semi-acoustique. La set list privilégie quand même les titres folk/pop voire americana (« Animal Mask », « Heel Turn 2 », « Never Quite Free »), compos que tisse soigneusement John, parfois même comme de la dentelle (« Get Lonely »).

Les musicos quittent le podium pour laisser s’exprimer le frontman en solo. Et il va nous réserver une véritable démonstration à la six cordes électro-acoustique ou aux claviers, pendant 15 bonnes minutes. Sa voix est aussi à l’aise dans les graves que dans les aigus. Particulièrement interactif, il nous balance quelques vannes entre les morceaux. Une reprise : le « Going To Marrakesh » de The Extra Glenns.

Après cet intermède, ses acolytes remontent sur l’estrade. Deux guitares, mais pas de cuivres pour le rock plus classique « The Diaz Brothers » (« Transcendental Youth »). Caractérisé par son refrain accrocheur, « Foreign Object » (« Beat The Champ ») est une compo pop davantage sucrée.

Plus déclamatoire, « Stabbed To Death Outside San Juan » (« Beat The Champ ») est un titre plus expérimental, dont le climat ténébreux est entretenu par la ligne de basse. Atmosphérique, « Damn These Vampires » (« All Eternals Deck ») est dominé par les ivoires. Ce soir, les caprins (NDR : ce sont des chèvres des montagnes qui vivent dans les Rocheuses) nous ont apporté un peu de réconfort, au cœur d’un climat tourmenté et angoissant…

(Organisation : Botanique + Toutpartout)





 
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