Butterscotch Hawaiian reste dans les parages

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Noces de porcelaine

Écrit par Akim Serar - mardi, 22 octobre 2013
Image
Tindersticks
Cirque Royal
Bruxelles
22-10-2013

Célébrant les vingt ans de la sortie de leur premier album, et par conséquent consacrant une carrière foisonnante, les élégants Tindersticks repartaient récemment pour une énième tournée, en opérant un passage obligé en nos terres ce mardi, soulignant les liens spécifiques qui unissent le groupe à notre pays.
Car il est avant tout question d’amour et de respect entre le public belge et la bande à Stuart Staples ; et ce depuis le premier jour.
Infiniment reconnaissant, la formation n’a d’ailleurs jamais manqué l’occasion de nous remercier en nous offrant souvent des prestations exceptionnelles.
Soirée donc placée sous l’égide du souvenir, suspendue aux lèvres de Chronos, Dieu impassible et soufflant les mélodies de nos vies défilant sur l’écran large de nos mémoires. Avec un brin de nostalgie, bien sûr, mais aussi un constat évident : loin de s’essouffler, les ‘Tinder friends’ bonifient au fil des ans et leur musique intemporelle ne souffre nullement des affres du temps.
Petit regard en arrière, par dessus l’épaule, avant de se jeter dans l’horizon qui les avale déjà.

C’est donc en puisant dans le catalogue du band et celui de ses escapades solitaires que Stuart nous prend par la main et remonte en notre compagnie le courant de ces vingt dernières années.

Un set divisé en deux pièces distinctes, comme s’ils assuraient eux même leur première partie.

Les sièges de la machine à remonter le temps sont confortables et sujets à l’abandon total. Les aiguilles du prompteur ne s’affolent nullement. Le voyage sera accompli en douceur.

Première escale en deux mille un puisque le concert s’ouvre par « Tricklin’ » et sa boucle d’effets enroulant la voix sensuelle de son chanteur, la répétant en écho distinct, comme autant de réverbérations dans ces couloirs de verre ou le sable s’égrène lentement.

Puis place au soleil (un soleil voilé) de « Marseilles Sunshine » et ses perles lumineuses extraites du premier essai solo.

En apnée et glissant le long d’une paroi au relief rectiligne, le trajet continue, sans encombre et nous mène jusqu’à l’entracte, où « Dancing » nous abandonne le coeur tremblant, même si la setlist (voir plus loin) est écourtée à la surprise de certains des membres.

L’intervalle voit les spectateurs aller et venir dans les allées du Cirque Royal comme autant de formes floues se déplaçant en accéléré sur le mur de la réalité avant d’être happées de nouveau par la présence impressionnante des musiciens revenus au-devant de la scène.

Le deuxième acte s’ouvre par « Sometimes It Hurts » et poursuit son chemin au cœur de paysages couleur pastel, imbibés par l’ivresse d’une musique portée vers ses sommets par un groupe à l’apogée de ses moyens.

Révélant au passage son incroyable et insolent talent à torcher des chansons aux filiations indéfinissables.

« Another Night In » arrive alors et donne encore plus d’ampleur à ce somptueux ensemble.

Le public frémit dès les premières notes émises par le violoncelle.

S’ensuit alors la spirale ascendante qui porte l’assemblée aux nues, là où cuivres et cordes s’embrassent dans un baiser aux larmes retenues.

Laissés pantelants, calés dans nos fauteuils, nous buvons de ce calice jusqu’à la lie et en redemandons encore.

Tindersticks poursuit son trajet, s’attarde un temps sur son dernier album en date, « The Something Rain » (dernier si on ne tient pas compte d’« Across Six Leap Years » sorti cette année et qui revisite certains titres ou encore la bande originale du film « Les Salauds » dernière collaboration en date entre les prolifiques Anglais et la réalisatrice Claire Denis), repart en arrière (« City Sickness »), rebondit sur la ligne du temps et achève de nous balader dans les brumes de « My Oblivion ».

Le rappel est attendu et vient s’échouer comme une vague sur une plage abandonnée après la tempête.

La choriste, relativement discrète jusqu’alors avance jusqu’au bord du podium et sa voix prend de l’ampleur, entamant avec Stuart le duo sur « Travelling Light », titre résumant à lui seul cette soirée.

À la question, « Can WeStart Again », nous répondons oui à l’unanimité, tandis que « Sister » clôture cette nuit, cette plongée dans cet univers majestueux, étalé sur deux décennies.

Sous les applaudissements nourris d’une standing ovation, Stuart et les siens nous quittent en souriant pleinement.

Rendez-vous est d’ores et déjà pris demain alors qu’hier n’est pas encore achevé.

Setlist:

Tricklin (Can Our Love)
Marseilles Sunshine (Lucky Dog Recordings, stuart solo project)
A Night So Still  (The Something Rain)
Hushabye Mountain (Dick Van Dyke Cover from Songs For The Young At Heart, Stuart Side project)
Come Feel The Sun (The Hungry Saw)
She’s Gone (II)
Dancing (Curtains)
Friday Night (7”) Non interprétée
The Organist Entertains (The Hungry Saw) non interpretée
Sometimes It Hurts (Waiting For The Moon)
Iif You’Re Looking For A Way Out (Simple Pleasures)
Another Night In (Curtains)
Show Me Everything (The Something Rain)
This Fire Of Autumn (The Something Rain)
City Sickness (I)
My Oblivion (Waiting For The Moon)
Sleepy Song (II)
Say Goodbye To The City (Waiting For The Moon)
A Night In (II)
I Know That Loving (Simple Pleasure)
Slipping Shoes (The Something Rain) Non interprétée
What Are You Fighting For? (7”)
Travelling Light (II)
Can We Start Again? (Simple Pleasure)
My Sister (II)

(Organisation : Live Nation / Botanique)

 





 
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