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Comme un long fleuve trop tranquille…

Écrit par Akim Serar - mardi, 24 mars 2015
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Virginia Wing
Inside Out
Liège
25-03-2015

Détenteur d’un sésame, gagné haut la main chez nos amis de Rifraf (ben quoi, Noel Gallagher et Damon Albarn ne sont-ils pas copains comme cochons, à présent ?), je monte sur le pont de la péniche baptisée ‘Inside Out’, une embarcation amarrée depuis quelques années, sous la passerelle liégeoise.
Endroit insolite et au demeurant fort agréable pour assister circonstanciellement à une soirée endiablée ou comme c’est le cas ce soir, un concert au sein d’un climat feutré et quelque peu… tanguant.
Hélas ! Appelé à lever l’ancre prochainement, de manière définitive, le navire livre ses dernières représentations.
Mais pour l’heure, la jeune et prometteuse organisation PopKatari envahissait les lieux (elle remettra le couvert le 20 avril prochain et on vous en reparlera), pour une triple affiche aux douces effluves de champignons acidulés.
Capitaine ! Prêt à larguer les amarres ?

Accroché au bastingage, je prête une oreille aux premiers accents musicaux qui émanent du fond de la cale.

Intrigué, je descends les marches et me retrouve face à un quartet dont les musicos doivent avoir à peine dix-sept ans de moyenne, mais dont la gouaille et le talent efface vite toute trace d’immaturité prépubère.

Épatants de maîtrise pour l’un de leurs premiers concerts, les enfants de la région me font forte impression.

Si la somme de leurs influences semble confinée à un seul groupe, gageons qu’ils ne tarderont pas à se détacher de cette fratrie, même si fort élogieuse, elles sont encore un peu trop prononcées pour asseoir leur future réputation.

Bosko, dont le leader a une voix vraiment épatante, devrait donc bientôt percer au travers de la brume locale et dériver vers des eaux plus riches, en éveillant d’abord l’intérêt des fans d’Arctic Monkeys.

Puisque de singe il est question, commençons par celui qui dédaigne le dos de Willo, combo rouennais venu déposer ses rêves hallucinés, le temps de cette croisière, sur la Meuse.

« There’s No Monkey On My Back » ouvre en effet le set et démontre rapidement les limites du band, surtout sur le plan vocal. On cherche vainement l’émotion et rapidement l’ennui commence à vous envahir, comme un singe en hiver.

Les compositions sans réelle inspiration ne parvenant pas relever la sauce, le concert finit par provoquer ma fuite sur le ponton.

Peu de vent, pas d’embrun, ce groupe dont le style était annoncé quelque part entre celui de Grandaddy et des Flaming Lips, pour ses prestations énergiques, ne soulève guère de vagues.

Battant pavillon anglais, Virginia Wing approche enfin de l’embarcadère.

Escale portuaire avant de s’engager auprès de Notwist pour quelques dates outre-Rhin.

Placée en figure de proue, Alice Merida Richards et ses espadrilles (!) se fondent rapidement derrière ses synthés Korg ; mais sa voix trouve immédiatement place au milieu de réglages techniques imposés par un soundcheck hâtif.

Le psychédélisme post-kraut-pop parfumé d’essence nineties (oui, on pense effectivement à Stereolab), d’une belle efficacité sur disque (« Measures Of Joy » paru en novembre dernier) est censé prouver son potentiel sur scène, dépouillé des artifices du studio.

Si on ne tiendra pas trop rigueur à la formation pour les quelques approximations, notamment rythmiques dues, sans doute, à leur première date de leur tournée, on relèvera tout de même une sacrée perte de vitesse sur la longueur d’un set… qui n’aura duré que trente cinq minutes montre en main.

Plutôt emprunté et ne dégageant pas spécialement d’aura (le bassiste semblant si dépressif qu’on avait pris soin de retirer tout nœud marin des environs), la solution sonore s’enlise après le single « Marnie » et ne ressurgit des profondeurs du bassin liégeois que sur un final qui s’achève abruptement.

Sans l’ombre d’un rappel, les Londoniens filent alors en douce vers leur prochaine destination, nous laissant sur notre faim.

Si la péniche reste à quai, on attendait certainement que les artistes programmés ce soir, nous emmènent vers d’autres horizons.

Au final, ce sont les enfants du pays qui nous ont emportés au-delà de l’estuaire…

(Organisation : PopKatari)

 





 

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