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Un rituel magique et magnétique…

Écrit par Philippe Belligoi - mardi, 02 septembre 2014
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Von Magnet
Magasin 4
Bruxelles
03-09-2014

Pour fêter ses 20 années d’existence, le Magasin 4 a programmé toute une série de concerts aux affiches plus qu'alléchantes et dans des styles assez larges, de septembre à décembre.  Après avoir soufflé une première bougie en compagnie des increvables The Ex, L'Enfance Rouge, Gâtechien & co, une rentrée anticipée très réussie, il faut le souligner, l’organisation accueille le collectif multidisciplinaire et avant-gardiste Von Magnet, au sein de la sympathique salle de l'Avenue du Port.

Mais avant ce spectacle, on a droit à deux ‘one man band’ en guise d'échauffement. Tout d'abord l'Anversois Asthoreth dont je n'ai vu que la fin de la prestation tout en drones de guitare aux atmosphères quasi chamaniques et autres manipulations expérimentales. Ensuite Mongolito, un encombrant pseudo –tous ceux qui ont connu Priba 2000 acquiesceront, les autres iront faire une petite recherche youtubesque pour s'en convaincre– sous lequel milite le Bruxellois Marc De Backer. Il est en général coiffé d'un grand chapeau. Et surtout d'un masque de Guy Fawkes, popularisé plus tard par les Anonymous. Mais ce soir, il ne le porte pas. Sous cet alias et sur sa six cordes, il pratique une musique sombre voire macabre qui doit autant au doom (y compris en version acoustique) qu'à la dark ambient. Une six cordes donc, quelques nappes de sons et autres pulsations basiques et le décor est planté. Ajoutez-y des projections vidéo étrangement glauques et vous obtenez inévitablement une atmosphère délicieusement lugubre qui ne ravira toutefois qu'un public déjà conquis à cette cause.

Et puis Von Magnet, les cultissimes instigateurs d'un genre que l'on dénomme (ou dénommait) electro-flamenco, entrent en scène. 30 années d'existence et un chemin qui les a menés aussi bien sur les dancefloor des clubs londoniens, dans des squats et autres bâtiments désaffectés, qu'en haut de l'affiche de nombreux festivals internationaux. Ce qui aurait vraisemblablement dû rassembler la foule ; mais c'est pourtant devant une assistance assez restreinte que le spectacle va se dérouler. Moins d'une centaine de personnes, à vue de nez. Et le mot ‘spectacle’ ici prend tout son sens tant on est loin de la représentation habituelle d'un concert de rock ‘classique’. Danse, théâtre, chant lyrique et projections vidéo s’intègrent dans la musique ; et on est captivé par la performance dans la performance! A savoir le fait d'enchaîner ou de mêler ces actes artistiques avec un sens du rythme qui ne doit évidemment rien au hasard. Ils occupent donc le temps et l'espace adroitement et brillamment, changeant constamment de place voire même de rôle sur scène, quand ils ne la quittent pas pour créer une sorte d'enclos à l'aide d'un long fil tendu entre les enceintes et les barrières Nadar placées devant la régie. Le public ainsi enfermé dans une sorte de prison virtuelle est alors libre de choisir entre y rester cloisonné ou au contraire s’en échapper en soulevant simplement une ficelle... On pourrait s'étendre sur la symbolique de cette démarcation ; mais je laisserai à chacun son interprétation. A un autre moment, c'est le charismatique Phil Von qui entame littéralement une cavalcade effrénée avant de tomber, évanoui... Derrière toute cette scénographie et ces mouvements, n'oublions pas les compos musicales. Elles balaient aussi bien le flamenco, les orchestrations majestueuses qu'une electro indus pointue riche en basses et ondulations sonores, ondulations qui vont et viennent au gré des courants musicaux traversés/anticipés par le groupe. Car c'est aussi là sa force, être capable de s'adapter à son environnement urbain et sonore tout en conservant son identité propre, évoluer et se réinventer comme une troupe mutante des temps modernes. Et ces mutants nous ont offert, ce soir, une représentation digne d'un des plus beaux rituels pour l'émancipation de l'individu, la quête de la liberté et le refus de la compétition à tout crin... Je ne les en remercierai jamais assez.

(Organisation Magasin 4)

 





 

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