Pour The Wombats , tout ce qui brille n’est pas or

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De l’autre côté de la barrière blanche…

Écrit par Bernard Dagnies - mercredi, 04 décembre 2013
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White Fence
Vk*
Bruxelles
04-12-2013

Soirée garage ce 4 décembre 2013 au Vk* de Bruxelles, puisque se produisent, dans le cadre de l’Autumn Falls, Mountain Bike, Night Beats, White Fence et Ty Segall. Sachant que les hostilités commencent à 19h45, Ludo et votre serviteur décident de prendre la route suffisamment tôt. Pas de souci, on débarque à Molenbeek, vers 19h20. Mais fâcheux contretemps, trouver une place de parking est une véritable galère. Après avoir sillonné les artères en long et en large, on déniche finalement un emplacement, chaussée de Mons. Un peu de marche, et il est 20h10, quand on pénètre au sein du Vaartkapoen…

Malheureusement, vu l’heure d’arrivée, on n’a pu assister au concert de la formation belge Mountain Bike. Alors place à Night Beats. Un trio établi à Seattle qui a publié son deuxième elpee cette année, « Sonic Bloom ». Référence à Sonic Boom, pseudo de Peter Kember, le cofondateur de Spacemen 3 ? Probablement. Mais dans les grandes lignes, car si le band puise son inspiration dans le psyché garage, il lorgne surtout vers The 13th Floor Elevators. Encore que les sonorités de guitare me font parfois penser au groupe insulaire Gun, un combo qui avait gravé un hit en 1968, « Race with the devil ». Les trois musicos portent des cheveux longs comme à cette époque. Et fatalement, leur musique trempe dans le revivalisme de cet acabit. Les moments les plus mélodiques sont vraiment bien ficelés et la basse peut se révéler hypnotique. Le drummer frappe comme un malade ; si bien que régulièrement un roadie doit venir remettre son matos en place, parce qu’il se disloque. Malheureusement, les envolées acides manquent quand même de fil conducteur et on se demande parfois où elles veulent nous conduire. Paraît que sur disque, le trio offre un visage plus séduisant. Bref, s’il a manifestement du potentiel, il doit encore bosser pour vraiment s’imposer dans le circuit.

White Fence, c’est le projet de Tim Presley. On raconte qu’il serait issu de la famille du King. C’est à vérifier. Une chose est sûre, il est aussi prolifique que Ty Segall. Les deux artistes sont d’ailleurs très amis et ont enregistré ensemble un album, « Hair », l’an dernier. Depuis 2010, il a d’ailleurs publié six elpees, sans compter les Eps et les collaborations diverses. Sur les planches, il est soutenu par un bassiste coiffé d’une casquette de marin, d’un drummer et d’un second gratteur qui caresse une douze cordes à manche scié le plus souvent à l’aide d’un bottleneck ; il est, en outre, également préposé aux bidouillage électroniques. Un peu timoré, malgré des paillettes autour des yeux, il communique l’aspect space rock aux compos. Tim arbore un coupe de cheveux plutôt mod. Il porte un pull blanc torsadé et tient sa guitare très haute sur la poitrine. Honnêtement, je dois avouer avoir éprouvé des difficultés à entrer dans leur set. D’abord la voix de Presley n’est pas assez mise en valeur à mon goût, et puis il y a ces brisures constantes dans le rythme qui ne facilitent pas l’accroche. Pourtant, après 20 bonnes minutes, je perçois le fil conducteur. Enfin s’il y en a un. En fait, le franc tombe. Le spectre du Velvet Underground apparaît. Et tout se clarifie. La barrière blanche tombe alors, si vous préférez. Mais si les mélodies sont bien présentes, elles éclosent entre les envolées expérimentales. Manifestement, White Fence est un groupe underground, et pour apprécier sa musique en ‘live’, il est indispensable d’en écouter d’abord ses disques…

Lors du concert conjugué de Kurt Vile et de Scout Niblett, on m’avait mis la puce à l’oreille. Ty Segall et ses acolytes se produiraient assis. Et lors de l’installation du matos, cette rumeur se confirme. Un drummer s’installe de profil, à droite. Son kit de batterie est minimal : une caisse claire, un tom basse et une cymbale. A gauche, se plante un bassiste. Et au milieu Ty Segall et Sean Presley (NDR : le frère de l’autre ?) aux grattes acoustiques électrifiées. Ces deux musicos chantent et ce dernier se met parfois à siffloter. Quand ils conjuguent leurs voix en harmonie, il faut avouer qu’il y a de quoi tomber sous le charme. Curieux de se produire sous cette configuration, car les compos ont la pêche. La première partie du concert privilégie les titres du dernier opus, « Sleeper ». Segall court même prendre la place du batteur pour « The man man ». Souriant, Ty a un physique qui me fait penser à celui de Kurt Cobain. En plus enveloppé. Il secoue régulièrement sa tignasse en grattant son instrument. Les deux sixcordistes y sont impressionnants de maîtrise. Leur manière d’électrifier leurs cordes acoustiques à l’aide des pédales est absolument épatante. Et le quatuor finit par libérer un groove dévastateur. Simplement, Ludo, notre photographe et votre serviteur sont collés contre l’estrade. Or les mouvements de foule commencent à s’amplifier. Les gobelets de bière à voltiger. Le crowdsurfing s’invite aux réjouissances, mais surtout les bousculades débridées. Ca pogote sec, certains spectateurs manquent d’être piétinés dans la cohue ; mais sous les coups de boutoir, nos vertèbres commencent à encaisser. Une situation qui nous force à battre en retraite. Or, vu la hauteur du podium et l’affluence (NDR : c’est sold out, donc il doit y avoir 600 spectateurs), on ne voit plus rien. On entend, c’est chouette, mais le concert n’a plus la même saveur. Il y a bien eu un rappel et puis, on a vu deux fans ressortir avec la guitare que Ty leur avait offerte. Sympa. Sauf pour les conditions du spectacle. A revoir dans d’autres circonstances…

Autumn Falls

Mountain Bike + Night Beats + White Fence + Ty Segall

(Organisation Vk* + Toutpartout + Heartbreaktunes)

Voir aussi notre section photos ici

 





 
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