Les Nuits Plasma 2017 : la programmation (update 23/10/2017)

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Texas a manifestement encore des planches…

Texas
Forest National
Bruxelles
14-11-2017
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Une cérémonie lumineuse, chargée d’une rare intensité…

Écrit par Philippe Blackmarquis - jeudi, 06 octobre 2016
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Wovenhand
Het Depot
Louvain
06-10-2016

David Eugene Edwards est un être à part. Créateur du légendaire 16 Horsepower, groupe d'indie folk, il emmène depuis 2001 une formation plus orientée rock/stoner : Wovenhand. Sa voix unique, habitée, incantatoire même, trahit des accents quasi-mystiques. Sa musique est tribale, teintée de sonorités amérindiennes. Pas étonnant, puisque du sang Cherokee coule dans ses veines. Cette année, il est de retour pour présenter sa dernière production: « Star Treatment ».

Dans un ‘Depot’ sold out, Wovenhand va livrer un concert intense, inspiré et chargé d'émotions. Le son s'est encore épaissi, par rapport aux tournées précédentes. Réunissant Ordy Garrison à la batterie, Neil Keener à la basse et Chuck French à la guitare, le combo impressionne par sa puissance. Cette année, le line up a été élargi pour inclure un claviériste. De quoi apporter un côté tantôt psyché, tantôt carrément wave, à l’expression sonore. 

Mais tous les regards sont bien sûr tournés vers David Eugene Edwards. Il est coiffé de son indéboulonnable chapeau blanc et adopte une attitude de chaman. On le sait, ses concerts sont beaucoup plus que des concerts, ce sont des rituels. Sa voix vous emmène dans un monde pétri de spiritualité. Sa foi ouvertement déclarée en Dieu transcende sa musique. Il évoque Jim Morrison, mais aussi Neil Young et Nick Cave.

Au sein de la setlist figure des extraits de « Star Treatment » et de « Refractory Obdurate », ainsi que des morceaux plus anciens. La première partie est plus ‘stoner’ et certaines compos plus psyché, à l’instar de « The Hired Hand » ou « Maize », deviennent même carrément hypnotique. On pense parfois à Swans, tant l'atmosphère est intense. Le son de la Gretsch Tennessee rouge de David Eugene est incisif, abrasif et évoque celui d’un guitariste qui utilise la même gratte : Geordie Walker, de Killing Joke. Le parallèle avec la bande à Jaz Coleman semble parfaitement coller : sur les planches, ce sont deux rouleaux compresseurs aux accents post-punk.

C’est la deuxième partie du set qui va vraiment faire la différence. David Eugene troque alors sa Gretsch contre un très vieux banjo en bois, une pièce vintage datant, paraît-il, de 1887. Le son est plus clair, moins bruyant. Tant « Corsicana Clip » et « Oburate Obscura » atteignent la perfection. Edwards chante de longues intros mêlant anglais et langue lakota amérindienne. Il captive totalement le public, qui semble ensorcelé par ses gestes et sa voix.

Le troisième volet du show est consacré à de larges extraits du dernier opus « Star Treatment » et la tension retombe un peu. Certains titres se ressemblent trop et le côté ‘americana’ peut, à la longue, lasser. La prestation s’achève par le puissant « El-bow ». Issu de l'album « Refractory Obdurate », ce titre lorgne parfois vers The Black Angels.

Suivant la tradition, Wovenhand quitte l’estrade au son de chants amérindiens et la foule crie dans le rythme pour rappeler le groupe. Et quand il revient sur le podium, c’est pour attaquer un « King O King » énergique, quasi noisy, avant d’achever en beauté par une nouvelle chanson décochée en forme de coup de poing dans la figure : « Come Brave ».

Wovenhand confirme donc son évolution vers une musique toujours plus puissante, plus 'stoner', voire 'postpunk', mais aux accents psychédéliques. Une fois de plus, l’auditoire a vécu un moment inoubliable, comme une cérémonie lumineuse, chargée d’une rare intensité...

En première partie, on a découvert Emma Ruth Rundle, une artiste californienne qui relève également de l'écurie Sargent House. Elle milite également chez Red Sparowes, Marriages et Nocturnes. Ici, elle est venue seule, uniquement accompagnée de son compagnon Tosten Larson, qui se consacre au violon sur certains morceaux. Tant la morphologie de la chanteuse que sa musique évoquent immanquablement Chelsea Wolfe à ses débuts, dans un style très 'dark-folk' donc. Sa voix est plaintive, ses inflexions un peu arabisantes ; et le jeu de guitare est, comme celui de Wolfe, un peu désarticulé, un peu sale en raison d'un 'open tuning' qui communique aux cordes une tonalité très grave. Emma Ruth Rundle a présenté son dernier album, le 3ème, qui s'intitule « Marked for Death ». Une belle découverte !  

(Organisation : Het Depot – Merci à Suburban Records)





 
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