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L’arène de cœur

Écrit par Akim Serar - dimanche, 27 novembre 2011
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Zola Jesus
Botanique (Rotonde)
Bruxelles
28-11-2011

Petit bout de femme épatant, à la frêle silhouette mais au registre vocal épatant, Nika Roza Danilova, alias Zola Jesus envahit littéralement une Rotonde pleine à craquer en ce lundi soir. Une heure de show qui stoppe net le balancier du temps, fige celui-ci dans un impalpable écrin de soie aux fibres venimeuses et transforme la plus grande obscurité en lumière blanche aveuglante. Petite par la taille, grande par le talent, cette jeune prodige d’un peu plus d’une vingtaine d’années trace sa route comme son destin. Sans compromis, et en pleine conscience de ses moyens.

Imaginez un instant Britney Spears ou Lady Gaga, tombées à l’adolescence dans un chaudron Indus-Goth et épargnées par l’industrie musicale de masse.

Imaginez-les face à un miroir au verre non déformant, où l’image reflétée serait celle d’artistes émancipées et intègres.

Et bien, de l’autre côté de ce miroir, camperait une statue de marbre blanc à l’effigie de Zola Jesus, plongée dans le crépuscule d’un univers idoine.

Débarrassée de ses oripeaux de grande prêtresse et explorant des horizons sensiblement plus Pop (définition à placer dans une perspective tronquée, cela va sans dire), son troisième opus, intitulé « Conatus », révèle au grand jour son extraordinaire potentiel.

Conatus, terme emprunté à la philosophie de Spinoza, signifie quelque chose comme : ‘continuer à aller de l’avant’. Il ne saurait en être autrement au vu de la prestation de ce soir.

Envahissant l’espace et le temps, au devant de la scène comme dans le public où elle n’hésite pas à descendre pour se mêler à la foule, attitude que l’on devine aisément contre sa nature, tant sa fragile stature tendrait à la confiner à une timide retenue, la Russo-américaine se livre entièrement et surtout laisse échapper sa voix qui s’envole depuis sa cage thoracique pour étendre ses ailes au dessus de nous, dans un vol splendide et majestueux.

Entourée de trois hommes de l’ombre aux claviers et programmations et d’un quatrième, derrière les fûts, elle restitue parfaitement en live l’univers de ses albums.

Feu de glace, sa musique est un souffle derrière un voile de grâce. Simultanément inquiétante et apaisante, excitante et intrigante, charnelle et pourtant évanescente.

« Swords » dont la lame scintille sous le crépuscule d’une nuit blafarde, « Shivers » dont les tremblements lointains résonnent en échos binaires, « Clay Bodies » dont l’enveloppe plastique s’assimile à une étreinte désespérée au cœur de l’abandon, et l’incontournable « Vessel » qui s’enlise langoureusement dans l’impénétrable tissu du doute et de l’espoir.

Une prestation sans faille et qui projette définitivement l’avenir de Zola Jesus dans une dimension parallèle au sein de laquelle nous sommes appelés à nous retrouver pour danser avec l’Amour, la Mort et la Vie, dans une communion solennelle.

(Organisation : Botanique)

  





 
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