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Alcatraz 2017 : dimanche 13 août

Écrit par Pierre Vangilbergen - dimanche, 13 août 2017
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Alcatraz
Sport Campus Lange Munte
Courtrai
13-08-2017

Tout comme la veille, l’affiche de ce dernier jour de l’Alcatraz Festival va nous réserver son lot de valeurs sûres qui supportent vaillamment le poids des années, mais aussi quelques groupes plus contemporains. L’occasion de montrer par l’exemple ce que certains font de l’héritage laissé par l’âge d’or du Metal ? Ou une opportunité d’attirer un nouveau public ? Quoiqu’il en soit, la nouvelle tombe vers 16h : le festival est sold out en cette journée dominicale. Quelques 25 000 metalheads ont se sont déplacés, soit 10 000 de plus que l’année précédente. Les chiffres ne mentent pas : les organisateurs ont tapé dans le mille.

La météo semble moins maussade que samedi. Les fréquentes averses ont eu raison de l’accessibilité des chemins, transformant la terre battue en boue épaisse. L’affluence est encore maigre en cette fin de matinée et les visages des festivaliers sont marqués par les deux jours précédents, nourris aux décibels, aux précipitations et aux joies du camping. La hardiesse des premières heures laisse la place à l’endurance, une endurance nécessaire avant d’affronter ce dernier acte.

Après avoir traversé la plaine, votre serviteur se plante du côté droit du podium, où Raven s’apprête à clôturer son set. Enième band de ce week-end à jouer du riff sous la bannière de la New Wave of British Heavy Metal, Raven jouit d’une expérience certaine du ‘live’. Et pour cause, il a été fondé en 74 (!). Comme on a pu le constater précédemment, certaines formations explosent et touchent des sommets tandis que d’autres traversent modestement les années, reconnues uniquement par les plus férus de ce style. Les frères Gallagher (eh oui, ça ne s’invente pas…) appartiennent définitivement à cette seconde catégorie. Et ils n’ont pas l’air de s’en plaindre pour autant ! Survoltée sur l’estrade, débordant d’énergie, la fratrie semble prendre son pied face aux quelques aficionados qui ont eu le courage de se lever pour venir les applaudir. Le tube « On and On » clôture cette première prestation de la journée, alors que l’auditoire donne de la voix tout au long du refrain. Mark Gallagher frappe, à plusieurs reprises, le bas de sa guitare sur le plancher ; non pas par énervement mais plutôt comme pour expulser un trop plein de bonne humeur. Se prendre un tel shoot de bonnes vibes heavy en apéritif ; il y a pire pour commencer la journée !

Responsable d’un Ep et d’un seul elpee ‘live’, Carnation est un peu l’exception qui confirme la règle. Et pour cause, il s’agit d’une jeune formation ! Qui pratique un Death Metal lourd, étouffant, mais malheureusement un tantinet répétitif. Il est néanmoins encourageant de remarquer que le quintet anversois met tout en œuvre pour tenter de convaincre les spectateurs, présents plutôt en nombre, sous la tente de la Swamp Stage. Simon Duson, visage peint en rouge et arborant une épaisse chaîne métallique qui forme un ‘X’ sur tout le corps, vide ses tripes. En outre, on sent chez le combo une détermination qui ne peut qu’être chargée de promesses...  

Midi pétante, un autre dinosaure du Rock nous fixe rendez-vous. Evoluant à la croisée des chemins du Hard Rock et du Heavy Metal, UFO (NDR : né en 1969, ce combo londonien est également étiqueté NWOBHM !) grimpe sur l’estrade. Et il va nous livrer un set rafraîchissant et très susceptible de nous communiquer la banane. Phil Mogg est coiffé d’un chapeau et son pantalon est retenu par des bretelles. La classe ! Le moindre de ses gestes est empreint d’une noblesse figée dans le temps. Touchant ! Une impressionnante aura émane de ce petit bonhomme qui fêtera, l’an prochain, ses 70 balais. Un vrai gentleman ! ‘Comment vous faites pour être déjà là à nous applaudir ?’, s’étonne-t-il en s’adressant aux spectateurs. ‘Hier, à cette heure-ci, j’étais encore dans mon lit !’. Mogg se moque également, mais gentiment, des VIP, perchés trente ou quarante mètres plus loin, en leur signifiant qu’un concert se vit face à la scène. Après un solo de Vinnie Moore, guitare posée derrière son cou, le band prend poliment congé de son audience, à l’issue de son tube incontournable, « Doctor Doctor ». Une leçon de rock’n’roll, en toute humilité !

Autre ambiance, autre style et transition d’un ovni à l’autre. Sous une épaisse fumée, les musicos de Dr. Living Dead opèrent leur entrée, visages recouverts d’un masque en forme de tête de mort. Tous possèdent un large bandana posé au-dessus des orbites, recouvrant une partie du front, signe distinctif des adeptes du Crossover, fruit d’un croisement entre le Thrash et le Punk Hardcore. Les similitudes entre la musique du band suédois et Suicidal Tendencies, un des fers de lance de ce genre, sont flagrantes ; d’ailleurs, la jeune formation ne s’en cache pas. Un passage de flambeau ? Les artistes vont délivrer un set explosif, enchaînant les morceaux les uns après les autres et déclenchant à plusieurs reprises des circle pits et autres bousculades plutôt musclées. ‘Les gars, c’est notre dernière date en Europe. Vous risquez de ne plus nous voir pendant quelques années donc… donnez-vous à fond’. Malgré une performance plutôt répétitive, Dr. Living Dead est parvenu à offrir un set énergique, dont il aurait été dommage de se priver !

Retour à la vitesse et à la puissance du Thrash sur la Prison Stage, en compagnie de Sacred Reich. Les Arizoniens appartiennent à cette catégorie de groupes réputés incontournables, malgré quatre albums studio au compteur, en 32 ans d’existence. Le band au nom sulfureux (mais ne partageant, fort heureusement, aucune opinion de cet ordre) profitera d’un set de 55 minutes pour asséner, en dix morceaux, son Thrash old school, sans prise de tête. Les artistes prennent leur pied sur les planches. Derrière son micro, Phil Rind affiche une bonhomie certaine. Il est souriant, voire même taquin : ‘On ne dirait pas que vous êtes à votre maximum aujourd’hui. On en attend plus de vous aujourd’hui…’, balance-t-il à la fosse. Avant de se reprendre : ‘En fait, vous en attendez peut-être le même de nous… Here we go !’. Un homme se plante à côté de moi, sa toute jeune fille perchée sur les épaules, un casque de chantier jaune protégeant ses oreilles. L’enfant adresse un signe au chanteur, et ce dernier ne manque pas de lui répondre tendrement, visiblement ému de voir en face de lui quelqu’un de si jeune. Il ne manquera d’ailleurs pas de lui remettre son plectre de guitare à la fin du show. Quand on a un tel potentiel dévastateur, il est interpellant de se demander pourquoi les Américains, questionnés sur leurs projets futurs ont annoncé, l’année dernière, qu’ils n’avaient pas pour ambition de publier un nouvel opus…

La fosse est compacte devant le podium principal pour accueillir Life of Agony. Pas étonnant, quand on sait qu’il s’agit d’un des groupes les plus attendus du week-end. Tel un Phénix, la formation responsable d’un subtil mélange de Hardcore, de Stoner et de Metal alternatif, a vécu une réelle renaissance depuis 2014. Après quelques querelles internes, elle est enfin de retour pour de bon. Keith Caputo a commencé à combattre ses vieux démons en changeant de sexe, se transformant au fil des mois en Mina Caputo. Revenu sur ses rails, c’est armé d’un nouvel album, « A Place Where There's No More Pain », que le quatuor se présente devant une audience chauffée à blanc. Grosse acclamation lorsque Mina débarque, chaussée d’épaisses lunettes noires et vêtue d’un poncho noir transparent. « River Runs Red » donne le coup d’envoi d’un des sets les plus explosifs et le plus violents de la fosse, vécus à l’Alcatraz. Telle une déflagration, les metalheads se bousculent, se cognent, sont transportés à bouts de bras, sur le podium. La chanteuse s’avance à l’avant de la scène, soulève son poncho et dévoile un soutien-gorge rose bonbon. Mina est fière de son nouveau corps et n’entend pas le cacher. Après quelques morceaux, elle saute de l’estrade et vient se planter contre les barrières, afin d’être encore plus proche de son auditoire tout en l’invitant à l’accompagner de la voix. Les spectateurs des premiers rangs se bousculent, s’entassent et s’époumonent avec elle, quand ils n’essaient pas de lui attraper le bras. Qu’on ne vienne plus jamais dire que les métalleux ne sont que des machos fermés d’esprit… « World Gone Mad » est un titre brossant le portrait d’un monde qui devient de plus en plus fou… ‘Mais il ne faut pas tomber dans le piège, nous ne sommes qu’une seule nation, peu importe notre origine, la langue parlée ou la religion pratiquée’, étaye Caputo, lors d’une de ses nombreuses diatribes résolument positives et pacifiques qui invitent à davantage d’ouverture d’esprit. Poussant même jusqu’à l’ironie, en rappelant que le groupe vend quelques t-shirts au stand merchandising. ‘Je dois bien pouvoir nourrir mes chiens, ce sont mes enfants… les seuls que je peux vraiment avoir’, lâche-t-elle, en se massant le ventre. Les artistes déversent toute l’énergie accumulée ; et le public leur rend le double. « Underground » clôt ce set musclé. La chanteuse vide prématurément les lieux, visiblement vidée par un don de soi délivré en si peu de temps. Elle ne sera d’ailleurs pas présente une heure et demie plus tard, lorsque les musicos accorderont des autographes au stand prévu à cet effet. Une interjection pourrait à elle seule résumer leur prestation : wow !

C’est sur le trashy « Rain » (comme si on en manquait encore…) que Trivium entame son heure de show. Le groupe américain, qui s’est d’abord fait connaître à travers des covers de Metallica, ne cesse de progresser. Ses concerts sont intenses… Matt Heafy, gratte à la main et t-shirt déchiré à l’effigie d’Amon Amarth, est plus charismatique que jamais. Mais à force de vouloir devenir trop carré, le band finit par manquer de spontanéité. Tout est calculé, mimiques comprises (on avait déjà eu droit aux nombreux ‘hoe gaat het ?’ en début d’année, au Trix d’Anvers). Il manque juste encore ce grain de magie qui permettrait au band de passer de la mention ‘bien’ à ‘très bien’. Curieusement, il ne va interpréter que des plages issues de son dernier elpee, « Ember to Inferno : Ab Initio », préférant jouer la carte du répertoire le plus notoire. Son subtil mélange de Thrash et de Metalcore fait mouche, les bras sont levés et le public y met de la voix. Trivium glisse néanmoins dans sa set list, « The Sin and the Sentence », nouvelle composition parue deux semaines auparavant, qui laisse présager un retour moins expérimental que pour son dernier LP. C’est sur l’épique et ô combien puissant « In Waves » que les Floridiens laisseront leurs fans sur les rotules.

Passage ensuite par la scène secondaire où I Am Morbid s’apprête à prendre le relais. Il s’agit d’un changement de programmation de dernière minute. Morbid Angel a dû annuler sa tournée suite à des problèmes de passeport d’un de ses membres. La similitude des noms –I Am Morbid / Morbid Angel– va au-delà de la simple ressemblance de patronyme. En effet, dès juin 2015, Tim Yeung (guitariste) et David Vincent (vocaliste) avaient quitté Morbid Angel. Un peu plus d’une année s’écoule et le duo annonce la naissance d’un nouveau combo, qu’il baptise I Am Morbid, et dont l’unique objectif se résume à interpréter des plages issues des quatre premiers opus de Morbid Angel. Old school, quand tu nous tiens… Le moins qu’on puisse dire, c’est que ça cogne dur. Les fans des premiers jours ont dû s’y donner à  cœur joie, les autres se sont peut-être lassés d’une certaine linéarité. C’est du Death Metal, OK, mais certaines compositions devraient quand même préserver un certain groove (à l’instar de « Where the Slime Live », par exemple) et ne pas toutes être passées à la moulinette Death, suivant la recette imaginée par David Vincent…

Les transitions d’un groupe à l’autre sont parfois abruptes. On passe ici du rouleau compresseur du Death au Heavy Metal pur jus à paillettes de Doro. Une chose est sûre, la Metal Queen a entraîné sa horde de fans. Devant le podium principal, c’est full. Il faut dire qu’un concert de Doro, c’est un peu la grand-messe du Heavy. Mais également comme quand on regarde un ‘Mad Max’ : on connaît le scénario à l’avance, mais on regarde quand même et on prend son pied. Active depuis ’82, Doro n’a plus rien à prouver et appartient à ces figures iconiques du mouvement. Ce qui ne l’empêche pas de rester très humble. Sa bonne humeur est plus que communicative. Elle aime son public et on le ressent profondément. La blonde dont le contour des yeux est peint en noir entraîne avec elle une marée de poings levés dès son premier morceau, « Raise Your Fist in the Air ». Doro, ce sont aussi des refrains facile à retenir et aisément tirés en longueur (« Burning the Witches », « We Are the Metalheads », « All We Are », notamment). Bref, un bon moment au cours duquel les metalheads ont pu ressentir un fort sentiment d’appartenance à une même communauté, reprenant ensemble les mêmes hymnes glorieux. Ce qui ne peut jamais faire de mal…

Alors que la foule était déjà compacte pour la vocaliste allemande, elle se densifie encore quelque peu pour accueillir comme il se doit Amon Amarth. Qu’on ne s’y trompe pas ; il s’agit de la véritable tête d’affiche du festival. Si vous êtes arrivés en retard, n’espérez pas vous faufiler jusqu’aux premiers rangs en catimini. C’est peine perdue. Sur les planches, un immense casque de Viking, coupé au niveau des yeux, deux cornes dépassant de chaque côté, a été installé. En son centre, repose le kit de batterie de Jocke Wallgren. L’imposant Johan Hegg débarque, tout de noir vêtu, la barbe de la même couleur, et sa corne de Viking accrochée à la ceinture. Le riff de « The Pursuit of Vikings » retentit sur la plaine courtraisienne et marque le début d’une heure et quart de combats acharnés et épiques. Les Suédois n’ont pas lésiné sur les moyens : effets pyrotechniques, bagarres de fantassins jouées par des acteurs sur l’estrade, énormes backdrops évoquant des tableaux représentant des combats normands les plus épiques les uns que les autres, mise à feu de deux énormes runes. Bref, autant d’artifices visuels qui alimentent un spectacle époustouflant. D’autant plus que cette mise en scène ne vient que compléter une interprétation des morceaux au poil, bénéficiant d’un très bon son. Tel un one man show, Johan Hegg s’affiche fréquemment seul entre les morceaux, introduisant le reste du spectacle par des anecdotes ou des histoires de Vikings. Of course ! On aura ainsi droit à quatorze compos de Death Metal symphonique lors de cette prestation tout simplement incroyable –toute en force, puissance et envolées guerrières– érigeant ce set comme un des meilleurs (si pas le meilleur) de tout le festival. Le belliqueux « Twilight of the Thunder God » se clôture sous une pluie d’applaudissements et d’étincelles. Hegg remercie la foule et s’abreuve jusqu’à la lie de ce mystérieux liquide contenu dans sa corne. Veni, Vedi, Vici.

L’Alcatraz Festival s’apprête maintenant à finalement souffler ses dix bougies en compagnie d’une de ces formations qui ont permis l’émergence du Neo-Metal ; en l’occurrence Korn. Un choix qui peut paraître curieux, vu le style des autres formations programmées au cours de ces trois jours.  Une volonté de rendre au Neo-Metal, genre souvent dénigré, ses lettres de noblesse ? Ou une tentative de rameuter un maximum de peuple ? Si la seconde option l’emporte, le pari est plutôt perdu : la foule réunie face à la Prison Stage est moins dense que lors du set d’Amon Amarth. Un large backdrop gris/beige est tendu en arrière-plan. En son centre figure le logo de Korn en lettres rouges, dont la lettre ‘R’ a été, bien évidemment, reproduite à l’envers. La scène est constituée d’escaliers de cubes de lumières amovibles, au sommet desquels trône Ray Luzier, derrière sa batterie. Les shows proposés par Korn sont –et c’est de notoriété publique– de qualité variable. Heureusement, aujourd’hui les musicos semblent dans un bon jour. « Rotting in Vain », single issu du dernier LP « The Serenity of Suffering », ouvre le bal. Et dans la foulée, le band californien va nous réserver une setlist résolument old school, piochant ses compos au sein de ses premiers long playings. A l’instar de « Falling Away From Me », « Make Me Bad », « Somebody Someone » ou encore « Blind ». Un regret ? De temps à autre, les grattes sonnent encore un tantinet électro (NDR : un délire auquel la formation américaine avait succombé, il y a quelques années, et qui a desservi sa cause, plus qu’autre chose) et ne rendent pas les tonalités d’époque. Jonathan Davis est en forme et ne lésine pas sur le dialogue auprès de son public. Les autres artistes restent davantage enfermés dans leur bulle, cachés derrières leurs dreadlocks. Munky est même prostré sur le côté droit du podium et reste à l’écart des autres musicos. Comparé au set précédent proposé par les Vikings, celui du band yankee s’est révélé moins époustouflant. Ce qui ne l’a pas empêché de remplir son contrat : rappeler les meilleures heures du Neo-Metal. Qu’on aime ou pas, bien rares sont les spectateurs présents à ne pas succomber au headbanging lorsque la ligne de basse si lourde, arme redoutable chez Korn, claque au cœur de la campagne. Vêtu d’une jupette aux teintes dorées (NDR : fini le kilt !), Jonathan Davis monte sur l’estrade armé de sa cornemuse pour introduire « Shoots and Ladders ». Et en toute logique, le combo va achever sa prestation par un « Freak on a Leash », repris largement en chœur, sous une pluie de feu d’artifices. Après avoir distribué leurs derniers onglets et baguettes, les artistes rejoignent les backstage… avant qu’un homme ne débarque sur les planches, prenant par la main une femme et l’emmène au centre de la scène. A mieux y regarder, il s’agit en fait d’Ira Black, le guitariste de I Am Morbid. Il fait mine de plier le genou et… demande la main de Jessica Chase, la femme qui deviendra désormais son épouse.

Qui a dit que les Metalleux ne pouvaient pas être romantiques ?

Organisation : Alcatraz Music + RockTribune    

(Voir aussi notre section photos ici)   

 





 
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