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Amphi Festival 2017 : samedi 22 juillet

Écrit par Philippe Blackmarquis - samedi, 22 juillet 2017
Image
Amphi
Tanzbrunnen
Cologne
22-07-2017

Le festival Amphi est programmé, depuis 2006 au Tanzbrunnen, à Cologne (NDR : la première édition s’était déroulée l’année précédente, à l’Amphitheater de Gelsenkirchen). Il s’agit du rendez-vous annuel de la communauté 'dark' allemande. Planifié très professionnellement, il réunit plus de 12 000 passionnés de musiques 'sombres', posant un accent particulier sur les artistes du répertoire de l'organisateur allemand, le label/booker Protain.

Après la croisière ‘Call the ship to port’ du vendredi, au cours de laquelle Front 242 a entamé en force les hostilités (voir notre compte-rendu ici), le festival débute officiellement ce samedi, sur les bords du Rhin. Trois scènes sont accessibles. Au sein du domaine ‘Tanzbrunnen’, en plein air, il y a la ‘main stage’. A l’intérieur, la plus intimiste ‘theater stage’. La troisième a été aménagée à bord du MS Rheinenergie, un bateau qui devait normalement jouxter le site ; mais comme le niveau de l’eau du Rhin est trop bas, l’embarcation est restée amarrée de l'autre côté du fleuve. Et comme 20 minutes séparent les différents podiums, on comprend aisément les choix cornéliens auxquels les festivaliers sont confrontés.

Premier rendez-vous dans notre parcours : Holygram, un quatuor colognais extrêmement prometteur. Sur la ‘theater stage’, il propose un post-punk sophistiqué, aux frontières de la shoegaze et du krautrock. On pense tour à tour à The Cure, The Chameleons mais aussi à The Jesus and The May Chain ainsi qu’à Neu!... Chaussé de lunettes rondes colorées, le chanteur, Patrick Blümel, affiche un petit côté Liam Gallagher ; mais ici s’arrête la comparaison. La setlist privilégie les plages du premier Ep (NDR : un éponyme), mais les compos inédites laissent entrevoir une évolution vers un style plus éclectique. Après le show, le combo a accepté de nous accorder une interview. A suivre dans les colonnes de Musiczine et lors de l'émission de radio WAVES !

Après l'interview, nous décidons de rejoindre la ‘theater stage’ pour le set de Frozen Plasma ; mais l'accès y est rendu impossible à cause d'une file kilométrique. Effet pervers de l'éloignement de la 3ème scène, les festivaliers s'agglutinent devant les 2 podiums du site central.

On se résout donc à rejoindre le bateau pour assister à la prestation d'Esben and the Witch. Etabli à Berlin, ce trio anglais est emmené par la voix exceptionnelle de Rachel Davies. Dès le début du spectacle, on est hypnotisé par ce timbre, qui évoque Björk et Siouxsie Sioux, bien sûr, mais aussi PJ Harvey, Chelsea Wolfe et Julianne Regan (All About Eve). Nordiques, les atmosphères alternent ‘soundscapes’ et éruptions quasi-métalliques. Dommage que « Marching Song », le hit alternatif du combo publié en 2010, n’ait pas été interprété. N’empêche, ce concert s’est révélé fascinant et a également suscité l’envie de découvrir plus avant sa discographie.

Plutôt que de retourner vers la ‘mainstage’, où doivent se succéder Diary of Dreams et Fields of The Nephilim, on décide de s’attarder sur le bateau pour le show de Diorama. Le projet de Torben Wendt, assisté de Felix Marc (également chez Frozen Plasma), a toujours emporté nos suffrages. La formation allemande pratique une synth-pop/futurepop romantique, aux harmonies extrêmement riches et aux mélodies immédiatement mémorisables. Pensez à Depeche Mode quand Martin Gore se consacre au micro. Le tout, combiné à un sens du beat qui communique un accent presque électro-indus à certaines chansons.

Remarqué lors de ses débuts par Adrian Hates (Diary of Dreams), Torben Wendt a surpris tout son monde, quand il a grimpé sur la main stage, en compagnie de son mentor, pour attaquer « Butterfly Dance » et « The Curse ». Un moment, assurément magique, auquel votre serviteur n’a pu, malheureusement, assister…

Retour sur le bateau où, suite à des problèmes techniques, le set de Diorama accuse un long quart d'heure de retard. Ce qui semble être une mauvaise habitude ; et pour cause, la formation a rencontré la même mésaventure à Utrecht, lors du Summer Festival. Conclusion, le temps imparti est réduit. Et comme elle n’a pas pris l’initiative de supprimer les deux ou trois morceaux les plus calmes, qui figurent en milieu de parcours, la set list a été amputée de certains hits irrésistibles comme « Synthesize Me »…

Ce qui ne va pas empêcher le band de nous réserver des moment particulièrement brillants ; à l’instar de bijoux comme « Exit The Grey » ou « Her Liquid Arms (HLA) », le public reprenant toutes les paroles en chœur. On se rend compte rapidement de la popularité, énorme, dont jouit Diorama sur ses terres. Les plages du dernier elpee, « Zero Soldier Army » passent très bien l'épreuve du ‘live’, surtout « Off » et « Polaroids ». « Over » est dédiée à Chester Bennington, le chanteur de Linkin' Park, disparu il y a peu. Sur le podium, Torben Wendt s’impose par sa taille (NDR : 1m90, quand même) mais son charisme naturel exerce un pouvoir de séduction. La gent féminine est d'ailleurs sous le charme des deux 'frontmen' du groupe.

Mais le sommet du set est atteint lorsque Felix Marc rejoint Torben Wendt au-devant de l’estrade pour une interprétation conjointe de « Defcon ». Bref, si ce show nous a quelque peu laissé sur notre faim, il nous a donné diablement envie de revoir ce band, si attachant !

La soirée s'achève ensuite sur le bateau par la prestation de Clan of Xymox, un des grands classiques des festivals 'dark', depuis trois décennies. Créée en 1981, cette formation batave pratique une cold-wave/darkwave fortement inspirée par The Cure et Cocteau Twins. Après s’être égaré dans le style électro, le 'Clan' est revenu à ses anciennes amours. Cette année, il a publié un opus remarquable baptisé « Days of Black ».

Et bien entendu, ce sont les titres de ce nouvel LP qui forment la trame de la set list. La plage titulaire, « Your Kiss », « Leave Me Be » et surtout le superbe « Loneliness » passent très bien la rampe auprès de classiques comme « A Day », « Emily » ou « Louise ». Ronny Moorings, qui dirige la formation depuis 30 ans, focalise, bien sûr, tous les regards, sur l’estrade. A cause de sa coiffure 'curesque', son fond de teint blanc et sa silhouette… on ne peut plus gothique. S’il n’est pas un véritable showman, il ne manque pas de charisme. Seule ombre au tableau, l'absence de Mojca Zugna, bassiste et par ailleurs compagne de Ronny Moorings. Le public, lui, est aux anges et manifeste un enthousiasme sans retenue, particulièrement sur les titres les plus connus, qui nous ramènent à l'époque où le 'Clan' faisait partie du prestigieux label 4AD. Comme, par exemple, le sublime "Muscoviet Mosquito", interprété avec maestria lors du rappel. Bref, une prestation sans surprise mais en tous points irréprochable.

Autre regret, celui ne n’avoir pu transiter d'une scène à l'autre afin de vivre, au moins en partie, les concerts de Fields of The Nephilim et de Die Krupps. Espérons que les organisateurs trouveront une solution l'année prochaine pour rassembler les 3 scènes sur un seul site.

Les afterparties ? On préfère zapper afin de garder la forme pour le 3ème jour du festival, qui s'annonce, lui aussi, épique...

Holygram + Esben and The Witch + Diorama + Clan of Xymox

Voir aussi notre section photos ici

(Organisation : Protain / Amphi)

 

 

 





 
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