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Boomtown 2015 : mardi 21 juillet

Écrit par Bernard Dagnies - lundi, 20 juillet 2015
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Boomtown
Handelsbeurs + Kouter
Gand
21-07-2015

Sun Kil Moon, le projet de Mark Kozelek, se produisait dans le cadre du festival Boomtown de Gand, ce 21 juillet. Dans la salle du Handelsbeurs. Ses deux derniers elpees « Benji » (2014) et « Universal Themes » (2015) n’ont guère eu d’écho au sein du Vieux Continent, et tout particulièrement en Belgique. Faut dire qu’ils sont parus sur le propre label de Kozelek, Caldo Verde, qui ne bénéficie apparemment d’aucune distribution officielle. Sans doute faut-il se tourner vers l’import pour se les procurer ou se contenter des plates-formes de téléchargement voire de streaming pour l’écouter… Natif de l’Ohio, le chanteur/compositeur ne jouit pas d’une excellente réputation dans le milieu musical. Plutôt misogyne et dédaigneux aussi bien à l’égard des médias que des attachés de presse, on ne peut pas dire que le personnage soigne sa popularité. Pourtant, il a un talent fou. Et une voix remarquable. Une voix chaude, profonde, un peu rauque, parfois même aussi confessionnelle, gutturale, belliqueuse ou encore vindicative

En 2014, il avait également participé aux sessions d’enregistrement de l’album de Desertshore, « Migrations of class » (NDR : publié par son écurie) et à la tournée destinée à le défendre. Et c’est justement par deux adaptations de cet opus que le set débute. Soit « Mariette » et le tribal voire totémique « Hey you bastards I’m still here ». Sur la seconde, à travers ses lyrics, il prétend avoir rencontré feu Anton Szandor LaVey, le fondateur de l'Église de Satan et l’auteur de l'ouvrage ‘La Bible satanique’. Line up curieux mais impressionant pour Sun Kil Moon ce soir, puisque outre Mark (NDR : qui ne va guère jouer de guitare pour ce concentrer sur le chant, un tom basse et une cymbale), il implique l’ex-Slowdive Neil Halstead (il restera assis tout le show) et Dave Divine (NDR : également préposé aux backing vocaux) aux grattes. Pas de basse, mais deux drummers. Soit le fidèle Mike Stevens, mais également Steve Shelley, l’ex-batteur de Sonic Youth.

Kozelek est de bonne humeur aujourd’hui, et il sort quelques vannes qui ne font pas nécessairement rire ; s’adressant à une fille de petite taille pour lui demander si elle a eu l’autorisation de ses parents pour se rendre au concert. Il s’étonne cependant qu’on le taxe de sexiste. Et puis il envoie une pique aux organisateurs, car lors de son dernier passage au Boomtown, il s’était brisé une dent pendant le repas ; ce qui lui avait causé 3 000 $ de frais chez le dentiste.

Lorsqu’il ne frappe pas sur son tambour, il arpente les planches en tenant son micro en main, soit pour chanter ou donner le tempo. Pendant « Carissa », il demande à l’auditoire de reprendre le refrain en chœur. Résultat des courses, on se croirait au beau milieu d’un office religieux. Lorsqu’il attaque le percussif et sauvage « Richard Ramirez died today of natural causes », sa voix est carrément devenu déclamatoire, presque comme lors d’un slam. Un morceau au cours duquel les deux drummers –qui sont complémentaires, rarement synchros– se réservent une montée en puissance qui va plonger le concert dans une autre dimension. Remarquable ! Sun Kil Moon embraie par une cover du « The Weeping son » de Nick Cave. Mark lui adresse ainsi une pensée émue, suite au décès de son fils, victime d’un accident d’escalade. Il faut attendre « Alesund » pour qu’il empoigne enfin sa guitare dont il joue alors sans onglet. A cet instant les sonorités libérées par les 3 sixcordistes nous propulsent au cœur d’une atmosphère proche de Durutti Column. Il entame « I watched the film the song remains the same » a cappella, avant de s’arrêter net. Puis taquine ses musicos, en leur demandant quand ils vont enfin se décider de jouer. Tout au long de l’hypnotique « Dogs », il gratte ses cordes –en se servant alors d’un médiator– de la main droite tout en gardant son micro de la gauche, pour chanter. Et le set de s’achever par le titre le plus long (NDR : au propre comme au figuré) de la set list, « This is my first day and I’m Indian and I work at a gas station », une chanson mid tempo au ton résolument plus optimiste. Kozelek a viré sa guitare et de nouveau repris son stick, sur cette excellente compo qui baigne dans un climat fort proche du Red House Painters, son ancien groupe. A cet instant, la combinaison des tonalités électriques produites par Neil et Dave touche au sublime. Des cordes bringuebalantes, atmosphériques, chatoyantes ou encore tintinambulantes. Au bout de 70 minutes, la formation se retire. Hormis l’un ou l’autre interlude un peu trop ‘planant’, il faut reconnaître que ce concert a été exceptionnel. Il s’est déroulé dans un Handelsbeurs plein à craquer, et je dois avouer y avoir rarement vu autant de monde.

En sortant de la salle, Unknown Mortal Orchestra a déjà entamé son set. Un quatuor partagé entre Yankees et Néo-Zélandais, dont la presse dit le plus grand bien. La plaine de Kouter est également bondée. Suis resté 20 minutes. Le chanteur/guitariste n’a pas une voix transcendante. Ce sont pourtant d’excellents musiciens. Leur technique est impressionnante. Mais leur expression sonore baigne au sein d’un univers jazz/rock réminiscent de la seconde moitié des seventies, même si elle concède des accents funkysants. Et ce type de revivalisme me pompe l’air. Le sixcordiste, le claviériste et le drummer s’autorisent même des petits solos pour démontrer leur savoir-faire. Le nombrilisme dans toute sa splendeur ! Négligeant ainsi l’aspect mélodique des compos. Non, franchement, ce n’est pas (plus) ma tasse de thé ; alors je préfère tirer ma révérence… Serait dommage de gâcher l’impression laissée par le concert de Sun Kil Moon…

(Organisation : Boomtown)

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