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Brussels Summer Festival 2015 : dimanche 23 août

Écrit par Philippe Blackmarquis - samedi, 22 août 2015
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Brussels Summer Festival
Place des Palais
Bruxelles
23-08-2015

C'est le dernier jour du festival et l'heure est aux bilans. Dans l'espace VIP, Denis Gérardy,  directeur de la programmation, ne cache pas sa satisfaction. Et il me confie : ‘Avec plus de 125 000 visiteurs, nous dépassons légèrement le chiffre de l'an dernier’. Cette performance est d'autant plus remarquable qu'elle est atteinte malgré une concurrence accrue des nombreux festivals régionaux. Lors de la conférence de presse, organisée début du mois de juillet, il avait regretté la prolifération d'évènements locaux comme ceux de Ronquières ou Tubize. Pour compenser, le BSF a dû séduire un nouveau public. ‘On a eu moins de gros noms à l'affiche, mais on a attiré un auditoire un peu différent. Grâce à Triggerfinger, samedi soir, on a, pour la première fois, vraiment touché le public flamand, qui était majoritaire ce soir-là. On a aussi dépassé les 10% de clientèle étrangère, en enregistrant, notamment, beaucoup de ventes en France. On a aussi profité de la forte affluence de touristes à Bruxelles ce week-end’.

Au rayon des améliorations, Gérardy cite le confort accru de la Place des Palais, dotée d'un nouveau podium (une des scènes de Rock Werchter), plus grand et plus haut. Le bloc abritant la table de mixage a été déplacé sur le côté au profit d'une meilleure visibilité pour les spectateurs. Autre nouveauté : la salle de la Madeleine ; mais elle a été victime de son succès. Pour répondre aux polémiques fustigeant les énormes files d'attente, Gérardy rappelle que c'est un problème commun à tous les grands rassemblements. ‘Si on souhaite absolument avoir accès à une salle (ou un chapiteau) plus petit, il faut débarquer plus tôt. Il m'est souvent arrivé, à Werchter, de ne pouvoir pénétrer dans un des chapiteaux parce qu'il était bondé. Cette situation appartient aux aléas des grands festivals. Malheureusement, une partie du public du BSF n'est pas habituée à rencontrer de telles situations, d'où ces petits couacs.’ Il avoue néanmoins réfléchir à un système plus efficace pour réguler l'accès à la Madeleine.

Mais revenons à la soirée du 23 août. A l'affiche de la Place des Palais : Paon, OMD, AaRON et Archive. Vu l’interview d'OMD, votre serviteur n’a malheureusement pas pu assister au set de Paon, le jeune quatuor bruxellois. Mais les échos qui me sont parvenus sont assez positifs et il semble que leur rock indie ait plu au public présent.

Mais c'est juste après Paon que les grandes manoeuvres commencent, et plus précisément les ‘Manoeuvres orchestrales dans l'obscurité’. La Place des Palais est déjà bien remplie et on compte évidemment une majorité de fans d'Orchestral Manoeuvres in the Dark. Cette formation anglaise, issue de la région de Liverpool, a marqué les années 80 en dispensant une new wave électronique très mélodique et très dansante. Formée en 1978, elle a connu une ascension fulgurante jusque dans les nineties, où elle a été balayée par les mouvements Grunge et Britpop. Mais en 2006, OMD s'est reformé, surfant sur la vague nostalgique des eighties. A contrario d’une belle brochette de groupes 'rétros', il a préféré composer de nouveaux morceaux, enregistrant d’ailleurs deux excellents long playings : « History of Modern » et surtout « English Electric ».

Et le concert commence très fort par « Enola Gay » ; sans doute leur plus gros hit. L'ambiance monte immédiatement d'un cran. Sur l’estrade, on reconnaît le chanteur, Andy McCluskey. Il porte une chemise blanche. Derrière lui, aux claviers, s’est planté son compère, Paul Humphreys, la cinquantaine, les cheveux grisonnants et un visage de poupon souriant. Constat remarquable : les deux autres musiciens : Malcolm Holmes, à la batterie, et Martin Cooper, préposé aux synthés ainsi qu’au saxophone, sont les membres du line up ‘live’ emblématique, soit celui de 1980.

‘Voici un titre qui a été enregistré en Belgique’, annonce Andy McCluskey avant « Tesla Girls ». On se souvient, en effet, qu'OMD avait loué une ferme à De Haan (Le Coq), à l'époque, pour y bosser pendant plusieurs mois. En lâchant ces petites phrases, McCluskey établit dès le départ un très bon contact avec la foule. Il déborde d’énergie et son attitude très enthousiaste sur les planches force l'admiration. On le sait : ce type est un vrai showman ! Les hits se succèdent à un rythme effréné. « History of Modern (Part 1) » prouve qu'OMD est encore capable encore écrire des hits, 30 ans plus tard. Le riff au synthé est simple mais d'une efficacité redoutable.

Après « Forever Live and Die », chanté par Paul Humphreys, McCluskey raconte, non sans ironie, comment OMD est passé du stade de groupe 'cool électronique' à celui de 'star millionnaire', en publiant un seul titre : « If You Leave », écrit pour le film « Pretty In Pink ».

Paul est toujours au micro pour « Souvenir », un morceau qui nous rappelle de très beaux... souvenirs, avant que « Joan of Arc » et « Maid of Orleans » n'imposent leurs atmosphères hypnotiques et fascinantes. Andy McCluskey a reconnu un fan dans le public, et se fend de lui chanter a capella un couplet de « Pandora's Box ». Un grand moment ! « Locomotion » démontre une fois de plus l'étonnante capacité de ces Anglais à composer des chansons irrésistibles qui donnent furieusement envie de se remuer.

Le set s’achève comme il a commencé : en force. « Sailing On The Seven Seas », composé en trio avec Nik Kershaw, donne aux Belges l'occasion de se rattraper. McCluskey regrette en effet que la chanson ait fait un flop ici alors qu'elle faisait un malheur en Allemagne. Humour britannique, une fois de plus ! Enfin, « Electricity », leur premier single gravé en 1979, parvient une dernière fois à faire grimper la tension devant un public... survolté...

En un mot ? Un concert parfait. Ou comment des vétérans donnent une leçon cinglante aux formations contemporaines. Tout y est : génie musical, énergie, présence, humour et modestie : bravo, OMD !

C'est à AaRON (Artificial animals Riding on Neverland) que revient la tâche ardue de succéder à cette bombe musicale venue d'Albion. Le duo français réunit Simon Buret et Olivier Coursier. Il est venu présenter, en quasi-exclusivité européenne, son tout nouvel opus : « We Cut the Night ». Il fait nuit, et la Place est maintenant comble ; mais on a l'impression que l'ambiance est retombée d’un cran. On écoute religieusement l'électro-pop sophistiquée –et très mélodique– d'AaRON, mais on n’est pas transportés. Sur des compos comme « Trip On Love » et surtout « U-Turn (Lili) », le semi-hit qui lui a permis de décoller, l’atmosphère remonte un peu. Le hic c'est que le début de « Lili » est foireux ; heureusement, les musicos retombent sur leurs pattes grâce à leur humour. En fait, ce n'est qu'en fin de show, et principalement lors du morceau le plus électro, « Blouson Noir », que les spectateurs au-delà des premiers rangs commenceront vraiment à vibrer. ‘Give me my blouson noir, coz I have no espoir’ : sympa ce mélange des langues. Au final, un set en demi-teinte, mais qui donne quand même envie de mieux connaître AaRON, surtout sur disque. Finalement, le band aurait peut-être dû se produire avant OMD. Un enchaînement plus logique afin d’élaborer une programmation qui monte graduellement en puissance...

Une montée en puissance qui culminera en compagnie d’Archive, un des combos les plus importants des 20 dernières années. Formé en 1993, à Londres, il s’est forgé un style unique, croisement entre le rock/prog/psyché à la Pink Floyd (période Roger Waters), le trip-hop circa Portishead et le post-rock. Il avait déjà enflammé le BSF en 2011 ; et cette année, il va prouver qu'il est encore une valeur sûre. Au chant, Dave Pen (qui défend aussi son projet solo, BirdPen) et Pollard Berrier sont impeccables ; mais manifestement, le patron, c'est Darius Keeler. Installé à gauche du podium, il se consacre aux claviers, essentiellement au Fender Rhodes. Mais surtout il lève le bras gauche comme un chef d'orchestre, pour donner le tempo. Malgré « Fuck U », qui met la barre très haute dès le départ, Archive parvient sans difficulté à maintenir le cap. Les compos sont longues et hypnotiques, et les variations de dynamique emportent vos consciences dans une autre dimension. Les lumières collent parfaitement à ces variations ; et on est ébloui dans tous les sens du terme. Grand fan d'Archive à ses débuts, j'avais un peu lâché prise, par la suite. Il va falloir que je me replonge dans sa discographie ! Ce concert a été un vrai régal et constitue, une belle apothéose pour le BSF…

(Organisation : BSF)

Pour lire l'interview d'OMD, accordée ce soir-là à Musiczine, c’est ici

(Voir aussi notre section photos )





 
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