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Brussels Summer Festival 2015 : lundi 17 août

Écrit par Didier Deroissart - dimanche, 16 août 2015
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Brussels Summer Festival
La Madeleine
Bruxelles
17-08-2015

Le quatrième jour du BSF, votre serviteur a décidé de le vivre dans la salle de la Madeleine. Et on a tout intérêt à arriver tôt, si on souhaite se réserver une place de choix. Une bonne raison pour débarquer dès l'ouverture des portes. C’est la troisième fois que j’y mets les pieds. Pour une question de sécurité, la capacité de la salle a été limitée à 800 personnes. Le concert est sold out. La présence de Benjamin Clémentine y est certainement pour quelque chose. L’acoustique est excellente, je l’avais déjà signalé. Mais le podium n’est pas suffisamment surélevé. A dix mètres de l’estrade, vous n’y voyez que dalle. Surtout les personnes de petite taille. Faudrait peut-être autoriser les échasses. Car même au fond de la salle, derrière la table de mixage, un endroit que je privilégie régulièrement, c’est pareil. Et pourtant je mesure 1m80 ! Aucun espace spécifique n’est réservé aux photographes. Bien le bonjour pour prendre des clichés intéressants. La ventilation est inexistante. Conclusion, la chaleur ambiante est étouffante. A l’entrée, les détenteurs d’un 'pass' 10 jours doivent patienter plus de 90 minutes, car les tickets 'singles' sont prioritaires. Bref, le mécontentement est général. Il n’est pas possible d’acheter des vouchers dans la salle. S’il vous en manque un, vous êtes invités à aller vous le procurer à ‘Outsiplou les bains de pieds’. Pas la peine d’insister, le règlement, c’est le règlement. Et tant pis pour le festivalier lambda, il n’avait qu’à prévoir… Si vous ne souhaitez pas perdre votre emplacement, vous avez intérêt à y rester. Quitte à crever de soif. Ou alors, abandonnant votre position privilégiée, vous décidez de ne plus rien consommer sur place et de vous ravitailler auprès des commerces de proximité. Bénéfice net tant pour vous que pour le détaillant. Manifestement, un problème d'organisation à résoudre pour le BSF.

Quand je débarque, il y a déjà du monde pour accueillir Celena-Sophia, un duo féminin belge. Mwouais, leur expression sonore ne va pas au-delà de la variété. Leur atout ? La jeunesse ! Mais il faut reconnaître qu’elles ont encore du pain sur la planche, avant d’atteindre le niveau d’Alice On The Roof. Après quelques titres, je préfère m’éclipser. Pour aller me procurer une boisson rafraîchissante. Notamment !

Changement radical de style et de style en compagnie de Kris Dane. Il a déjà pas mal roulé sa bosse. En 1990, il intègre dEUS, comme batteur et pianiste. Il n’a alors que 17 printemps. Et en 2004, il rejoint Ghinzu pour se consacrer à la guitare. Il s’était produit en supporting act de Melody Gardot au Cirque Royal, il y a quelques mois ; et seul, armé de sa gratte acoustique, j'avais été séduit par la prestation de ce cow-boy des temps modernes. Kris est un véritable songwriter dans la lignée des Johnny Cash, Bob Dylan, Neil Young, Léonard Cohen et Tom Waits. Il marche sur les traces de Tom Van Laer (Admiral Freebee), mais dans son propre style.

Aujourd’hui, il se produit en mode électrique. Il a cependant fallu jouer des coudes pour approcher le podium. Surprise, juste à ma gauche, GrandGeorge est venu prendre la température des lieux. Il y joue dans 2 jours. Très sympa ce gars.

Le dernier elpee de Kris, « Rose Of Jericho est paru en 2014. Il boucle ainsi une trilogie entamée par « Songs Of Crime And Passion » et poursuivie par « Rise And Down Of The Black Stallion ». Ce troisième opus a été enregistré à New York, sous la houlette de Chris Elliot, à qui l'on doit les arrangements de cordes pour le long playing « Back To Black », d'Amy Winehouse.

La voix de Kris est puissante, adaptée au blues. Grave, elle me fait penser tour à tour à Springsteen ou à Léonard Cohen. Le drummer s’est installé à l'extrême gauche. Et juste à côté de lui, le bassiste. Chris est planté à l’avant-plan. A sa droite, il y a une choriste et une section de cordes réunissant un violoniste et un violoncelliste. Deux barbus coiffés d’une casquette.  

Il y a du brouhaha dans la salle. Ce qui incommode et même agace Kris. Discrètement, il fait comprendre que ce bruit le déconcentre et qu’il aimerait le silence. Si tu es exclusivement venu applaudir Clémentine, tu fais l'impasse et laisses les mélomanes apprécier. Dane n’est pas venu mettre l’ambiance avant la prestation de la tête d’affiche. Sa musique est douce et intimiste. Elle nécessite le respect et le recueillement. Un peu dans l’esprit de Milow. Pas mal de cow-boys rêvent de grandes plaines qui s’étendraient au Nord de la Belgique… « Golden Rain » est une compo extraite du dernier LP. Elle sera interprétée à deux reprises. Personne n’en redemande, mais on apprécie. Et finalement, grâce au concours des instruments à cordes, le concert est remarquable. Manifestement, cet artiste est pétri de talent…

Benjamin Clémentine avait marqué les esprits au cours de l'émission diffusée sur la BBC, ‘Later With Jools Holland’. Il est un peu considéré comme un extra-terrestre sur la scène britannique. A cause de sa voix et de son physique. Et puis de l’univers sonore énigmatique qu’il parvient à créer, en puisant aussi bien dans le blues, le jazz, la soul que le folk. Il a publié un premier album. Intitulé « At Least For Now », je vous le conseille vivement.

Changement de matos. Votre serviteur est parvenu à se glisser à deux mètres du piano (NDR : un yamaha !), derrière lequel Benjamin va siéger. Anglais, cet artiste s’est produit dans la rue et le métro parisien avant qu’on ne lui tende une perche. Aujourd’hui, il déchaîne les passions. Sensible au moindre bruit susceptible de le perturber, il est littéralement hanté par sa musique qu’il vit intensément. Son piano a queue est peu éclairé ; de quoi ajouter au mystère. Il s’est installé de profil. On pourrait presque lui toucher le dos. Il joue pieds nus.

Il entame son set en solo, par « This Hand » et  « Cornerstone  ». Son long pardessus bleu allonge sa silhouette, la fumée qui l'enveloppe le rend un peu surnaturel ; mais déjà, sa voix est envoûtante. Tour à tour tendre ou sauvage, elle vous flanque des frissons partout. Sa capacité à franchir les octaves est impressionnante. Ses doigts parcourent instinctivement les ivoires. Après ces deux morceaux, vous êtes déjà sur les genoux alors que vous suffoquez dans votre boîte à sardines, sans huile ! Trois musicos sont venus le rejoindre : un drummer, un claviériste et une violoncelliste. Et ils sont talentueux.

Vu la chaleur ambiante, je commence à souffrir de crampes. Désolé, mais je dois prendre l’air. Et après avoir prix une bonne bouffée d’oxygène, je reviens dans la fournaise. Moment au cours duquel il a entamé son « Condolence  ». Les ivoires et sa voix vous transportent dans  une autre dimension. Les titres défilent et vous laissent pantois. Avant que ce concert d’anthologie ne s’achève par « The Times »…

Il revient à l'Ancienne Belgique ce 9 décembre. A bon entendeur…

Benjamin Clémentine + Kris Dane + Celena-Sophia

(Organisation : Brussels Summer Festival)

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