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Brussels Summer Festival 2015 : mercredi 19 août

Écrit par Thomas Hubin + Didier Deroissart - mardi, 18 août 2015
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Brussels Summer Festival
Place des Palais + Mont des Arts + La Madeleine
Bruxelles
19-08-2015

C’est par la ‘Mobistar Urban Night’ que le Brussels Summer Festival ouvre sa prestigieuse scène de la Place des Palais, pour cette édition 2015. Il s’agit d’un concept tout à fait neuf, puisque si les artistes hip hop étaient souvent programmés le même jour et au même endroit, dans le passé, il n’était admis qu’aux ‘pass’ 10 jours. Ce sont donc les puristes du hip-hop (NDR : à l’instar de votre serviteur) qui sont satisfaits ; puisque aujourd’hui, la Place des Palais est accessible via un ticket spécifique. Et puis, cette ‘Urban Night’ célèbre la collaboration entre le BSF et Skinfama, tourneur de ce genre musical en Belgique. Au programme, il n’y aura que du rap français : Bigflo & Oli, Disiz et Black M.

C’est à 18h00 que le premier des trois sets débute. Bigflo et Oli sont deux jeunes (22 et 20 ans) frères originaires de Toulouse. Après avoir publié un premier Ep (« Le Trac ») en 2014, ils ont sorti, mai dernier, un premier opus intitulé « La Cour des Grands ». Une première qui a rencontré un certain succès auprès du public. Les deux frangins sont flanqués de leur DJ et d’un musicien alternant le violoncelle et la basse. Si l’affluence n’est pas encore très conséquente, au départ, les deux rappeurs vont néanmoins assurer le show en proposant plusieurs plages de leur premier LP. Une prestation très convaincante au cours de laquelle les deux artistes vont étaler tout leur talent de rappeurs et de musiciens (trompette et synthé) tant au niveau des textes que de leur flow, tout en soignant la proximité avec leur auditoire. Après avoir passé une heure sur les planches, Bigflo & Oli ponctuent leur prestation par les incontournables « Comme d’hab » et « Gangsta », morceau prônant totalement l’inverse ; et l’achèvent par « Nous aussi ». Après avoir récolté un franc succès lors de leurs shows accordés au Couleur Café, Ardentes et Francofolies de Spa, le tandem a confirmé, dans le cadre de ce BSF, qu’il est bien entré dans la ‘Cour des Grands’.

Place donc à Disiz qui a gravé récemment son 10ème elpee solo, « Rap Machine ». Malgré 20 années de carrière dans le milieu du Hip-Hop, son set n’a guère convaincu l’auditoire. Si on peut reprocher au rappeur d’être un peu brouillon, n’interprétant que quelques couplets de chacun de ses morceaux, on ne peut totalement pas lui en vouloir, vu qu’il s’agissait de la 1ère date de sa nouvelle tournée. Même si quelques compos plus festives comme « Bête de Bombe 6 », « Oto Moto », « Auto-dance » ou « Kamikaze » sont parvenus à rebooster quelque peu l’ambiance, ce n’est pas un public conquis à son répertoire que Disiz a trouvé devant lui. Toujours à sa décharge, assez jeune la foule était surtout venue pour assister au show de Black M, la tête d’affiche. Il existe donc un écart important entre la musique proposé par Bigflo & Oli et Black M d’un côté et celle de Disiz de l’autre. On espère le revoir prochainement dans de meilleures conditions.

C’est devant une Place des Palais ‘full’ que le show de Black M (NDR : il milite au sein de Sexion d’Assault) va conclure la première édition de cette ‘Urban Night’. Il dispose d’énormément de moyens pour défendre en ‘live’ son 1er LP solo, « Les Yeux Plus Gros Que Le Monde », paru l’année dernière. Mais de solo il n’en est pas question lors d’un concert de Black M, puisqu’il est accompagné de DJ HCUE, d’Abou Debeing (NDR : membre du label Wati-B), de deux bassistes, d’un batteur et de plusieurs danseurs/danseuses issus du TN Crew (également impliqués chez Wati-B). Il y a donc énormément de monde sur l’estrade. L’image de la pochette du dernier opus de l’artiste est projetée en arrière-plan ; et une série de murs de lumières viennent compléter le décor. Impressionnant ! Tout au long du show, Black M n’aura pas besoin de forcer son talent pour mettre l’ambiance au sein d’un auditoire essentiellement acquis à sa cause. Ses principaux hits, assez nombreux, sont repris par une quasi-majorité des spectateurs, tout comme lors du medley de ses couplets parus sur les deux derniers projets de la Sexion d’Assaut. Fort proche de son public en partageant casquettes à l’effigie du Wati-B et invitant certains aficionados sur les planches, il s’éclipse tout de même un moment, pour laisser un peu d’espace à The Shin Sekaï (Du Wati-B aussi), afin qu’il puisse interpréter quelques uns de ses titres. Au bout d’une heure et demie, Black M annonce qu’il bosse actuellement sur son deuxième long playing studio. Puis fait ses adieux à une assistance belge plus que ravie, sur son plus gros tube, « Sur Ma Route ».  

Cette première de l’‘Urban Night’ est donc une réussite totale pour les organisateurs. La foule est venue en masse, surtout pour Black M ; mais il faut bien l’avouer, cette affluence est également due au beau temps. Néanmoins, il est dommage que lors des festivals, le hip-hop soit souvent isolé des autres styles musicaux. S’y produisent, en général, 3 voire 4 artistes du genre, bien souvent programmés sur un même podium, au cours de la seule journée. Enfin, même si l’affiche était très bonne dans l’ensemble, on peut regretter qu’aucun artiste belge n’y soit invité… Partie remise peut-être pour une future édition !

T.H.

Bigflo & Oli + Disiz + Black M

(Organisation Brussels Summer Festival)

 

 

C'est le septième jour (?!?!?), le ciel est couvert ; néanmoins le temps est clément. C'est l'ouverture de la grande scène, Place des Palais, pour la 'Mobistar Urban Night' (voir ci-dessus). Au Mont des Arts, une régionale de l'étape, Sarah Carlier, est chargée de chauffer l’ambiance. S’y produiront ensuite Rivière Noire et Jali. Dans la Madeleine, une belle affiche nous attend également : Sabino Orsino et Jacques Duvall, Benjamin Schoos, le phénomène canadien Klô Pelgag et en clôture, Soviet Suprem, une formation complètement déjantée issue de l'Hexagone. Une belle soirée en perspective. Il y en aura pour tous les goûts.

Sarah Carlier écume, pour l’instant, de nombreux festivals, en Belgique. Elle y récolte un franc succès. Elle a tout pour elle : la jeunesse, la beauté, le sourire et surtout le talent. Sarah est venue défendre son dernier opus, « SMS ». Un album ‘fait maison' qui recèle de véritables perles. Et elle est soutenue par son paternel, à la guitare.

Le fidèle bassiste, Thierry Rombaux (NDR : il milite également au sein du backing group de BJ Scott), s’installe à gauche du podium, entre Sarah et le batteur. Kofi Sadjo, le claviériste se plante derrière le patriarche. Sarah se réserve, bien sûr, le chant en s’accompagnant à la gratte semi-acoustique. Après avoir adressé un regard complice à son père, placé à sa droite, Sarah empoigne sa six cordes et attaque successivement « Dreams » et « My Counsellor ». Elle se présente juste après avoir interprété ces deux morceaux. En général trempées dans la soul, ses compos ne manquent pas de groove. Une cover de Bob Dylan : « All Along The Watchtower » (« SMS »). Manifestement, les musicos prennent leur pied tout au long de cette reprise. Carlier senior et le drummer s’autorisent même quelques exercices d’impro…

David est membre de Suarez et assure un remplacement. Et derrière ses fûts, il ne se débrouille pas trop mal. « Big Girl » aurait pu figurer au répertoire de Mika. « My Dear » est le moment choisi pour inviter le claviériste a exécuter la traditionnelle danse africaine. Et le joyeux luron ne se fait pas prier pour l’accomplir. Teinté de funk, « Tenderness » est un titre bien soul et plus paisible. Et pourtant, sur les planches, ça déménage. Et le spectacle de s’achever par le titre maître de son dernier elpee, « Save My Soul », une chanson coécrite par Sarah et sa maman.

Elle se produira sans le cadre du festival des Barges, à Scène sur Sambre et au café ‘Le terroir’, à Horrues, le 25 septembre, lors s’un showcase qui s’annonce bien sympathique.

Direction salle de la Madeleine pour le concert de Klô Pelgag, une extra-terrestre de la scène canadienne. Klô est actuellement en phase ascensionnelle. Vu son parcours, elle ne devrait plus longtemps écumer les petites salles. Mais les grandes ! Elle débarque directement de son Québec natal pour ce concert, et elle accuse le coup du décalage horaire. Elle repart ce soir juste après le spectacle, pour Bordeaux. D’ailleurs elle va parcourir en concerts, l'Hexagone de long en large, jusqu'au 18 octobre, avant de repartir pour un nouveau périple, sur sa terre natale, qui s’achèvera en apothéose, à Montréal le 12 décembre de cette année. Un calendrier chargé pour cette artiste. C'est la troisième fois qu’elle joue en Belgique. Elle avait ainsi participé aux 'Vitrines des Francos’, au Théâtre des Découvertes, en 2014.

Sur le podium, Klô est soutenue par Fany Fresard (violon), Lana Tomlin (violon alto), Elyzabeth Burrowes (violoncelle), Philippe Leduc (contrebasse et trombonne) et le drummer Charles Duquette.

Philippe se présente en slip noir, qu’il a enfilé sur des bas roses. La section de cordes (un trio) est coiffée de casquettes. En faisant ses valises, Klô a certainement oublié son squelette, à Montréal. Assise derrière ses claviers, elle s’adresse aux premiers rangs en leur demandant si le public est en cage ou elle, derrière les barreaux. Fou rire général. Son talent allie énergie, folie, audace et créativité. Une fameuse personnalité capable de pousser sa voix dans ses derniers retranchements. Et dans la langue de Voltaire, avec un accent canadien, qui ne manque pas de charme. Elle nous parle de Pierrot le Fou (‘Au Clair de la brume, j'ai pris ta photo’). Paroles qui introduisent « Les Corbeaux », une chanson sombre aux paroles surprenantes. Les cordes constituent un élément majeur dans l’expression sonore de Klô. Tout comme le sens mélodique et les harmonies vocales. A contrario du set accordé à la Rotonde du Botanique, en janvier dernier, ni le batteur, ni le contrebassiste, ne s’autorisent le moindre numéro personnel. Lorsque l’auditoire applaudit, amusée, Mrs Pelgag déclare : 'merci pour les mains'. De la set list, on épinglera surtout « Les maladies Du Coeur », « Comme Des Rames » (une chanson consacrée aux célibataires), « Le Dermatologue», « Nicaragua », « La Fleur Des Fleurs » (un titre qui éveille les consciences au cancer) et « Rayon X ». Nonobstant l’un ou l’autre festivalier sceptique, l’heure de prestation semble avoir plu au nombreux public.

Après le changement de matos, Soviet Suprem va grimper, à son tour, sur l’estrade. Issue d’outre-Quiévrain, ce band nous entraîne dans un ‘balkanican dream’. Les lyrics sont inspirés par les clichés du bolchevisme. Et puis rien que le pseudo des leaders, Sylvester Staline et  John Lenine, vous donnent une idée de leur état d’esprit. Malheureusement, une interview m’attend en coulisses. De retour dans la salle, le combo est encore occupé de mettre le souk ; mais c’est déjà le dernier morceau. Dès lors, difficile d’en dire davantage…

Sarah Carlier + Klô Pelgag

D.D.

(Organisation : Brussels Summer Festival)

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