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Protomartyr
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Brussels Summer Festival 2015 : vendredi 21 août

Écrit par Didier Deroissart - jeudi, 20 août 2015
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Brussels Summer Festival
La Madeleine + Mont Des Arts
Bruxelles
21-08-2015

Ce soir, c'est ma dernière journée au BSF et je souhaite privilégier la salle de La Madeleine où se déroulera la soirée 'Jaune/Orange'. Une soirée pour laquelle, les Liégeois sont descendus sur la Capitale. Gaëtan Streel va y défendre les compos de son nouvel elpee, MLCD nous proposer –notamment– celles gravées l’année dernière, sur son dernier opus, et The Experimental Tropic Blues Band, son concept album 'The Belgians'.

Gaëtan Streel a plusieurs cordes à son arc. C’est  d'abord un excellent ingénieur du son. A l’instar de Charles De Schutter et Alexandre Leroy, il figure même parmi les meilleurs. Quand ils sont derrière les manettes, vous pouvez d’avance conclure que vos tympans ne seront pas agressés tout en bénéficiant d’un confort sonore optimal. Gaëtan est également bassiste chez Piano Club et développe deux autres projets personnels, Me and My Machine et Mister Poulpy. Il appartient également au collectif liégeois Jaune/Orange, un label au sein duquel figurent notamment Dan San, The Feather, Pale Grey, Piano Club, Fastlane Candies et bien d'autres.

Son premier LP, « One Day At A Time », est sorti en 2011. Il avait séduit tant les mélomanes que la critique musicale ; surtout à cause de ses qualités techniques et ses jolies mélodies. Gaëtan est venu nous présenter 11 nouveaux morceaux de ce futur essai, qui devrait paraître en 2016. Depuis quelque temps, il s’était fait discret. Normal, il bossait sur son nouveau cd. Il nous signale que nous sommes des privilégiés. Certains titres ont été écrits dans la langue de Voltaire, d’autres dans celles de Shakespeare. Quand il monte sur l’estrade, il est souriant et semble excité. Il est soutenu par David D'Ascenzo à la guitare électrique, Sara Lejeune à la contrebasse et Jérôme Magnée (Dan San, Yew) à la sèche. Ces trois musicos participent aux chœurs et se plantent, à l'extrême droite du podium. Le fidèle drummer Salvio La Delfa (Piano Club) est au poste, mais c’est le claviériste Janjannes Montens (Pale Grey) qui remplace, Emma Meurice, pour la circonstance…

Le folk de Gaëtan vous transporte au sein d’une autre dimension, tout en douceur. L’artiste a vraiment une très belle voix. « Sort Of Happy » ouvre le set suivi par « Whatever I Shall Say », un extrait du premier elpee. Les morceaux s’enchaînent. « Chacun Pour Soi » et « D'un Néant A l'Autre » baignent au sein d’un climat paisible. Gaëtan empoigne un ukulélé pour attaquer « The Meaning ». Il signale que l’utilisation de cet instrument est obligatoire en 2015. Teintée de sonorités slaves, la compo est très proche de l’univers de Zach Condon ou de Beirut, si vous préférez. « Nostalgie » est paradoxalement un titre plus nerveux. Et le set de s’achever par « Stoner » et « Déjà Vu »…

Place ensuite à The Experimental Tropic Blues Band. C’est la septième fois que votre serviteur assiste au show consacré à leur concept album, « The Belgians ». Il faut admettre que novatrice, la formation a toujours eu une longueur d’avance sur ses compatriotes. 

Jérémy qualifie l’œuvre de spécifiquement belge, et donc d’invendable hors de ses frontières. Ce soir, il n’a pas consommé de gingembre. Il ne dérapera pas dans le délire et ne nous dévoilera pas sa bijouterie personnelle. Pascal Braconnier est aux commandes du volet images et vidéos. C'est lui le petit génie qui a réalisé le montage. On peut lui tirer notre chapeau pour cette création (sur)réaliste. Une œuvre qui fait la part belle à l'histoire de la Belgique, revisitée bien sûr à la sauce Tropic. Donc complètement décalée. La pieuvre reproduite sur l'affiche de présentation de la tournée en est un symbole.

Un poulpe qui va vous retourner les tripes pendant une bonne heure. Derrière le sympathique drummer, des photos et des vidéos défilent sur l'écran : celles des différents rois de Belgique (Philippe, Baudouin, Albert II, etc.), mais aussi d’Eddy Merckx, d’Annie Cordy, de Plastic Bertrand, des diables rouges au Mexique et en Corée du Sud. Egalement de baraques à frites, des grèves de 60, de l'affaire Dutroux, du drame de la tuerie de La Place Saint Lambert et j'en passe. Le fidèle fan club est présent, mais la salle n'est remplie qu'à moitié. Pas mal de monde a préféré se rendre sur Place Des Palais pour applaudir Girls In Hawaii, qui se contente pourtant aujourd’hui de reproduire, quasi-systématiquement, le même spectacle. Pour y avoir assisté, à plusieurs reprises, il faut admettre qu’après 10 bonnes minutes, un certain ennui commence à vous envahir avant que vous ne commenciez à bâiller…

Si sa set list est rigoureusement observée, TETBB a toujours une pêche d'enfer. Et puis tant Boogie Snake que Dirt Coq n’hésitent pas à improviser en dispensant leur rock/garage déjanté, empreint de stoner, de punk et de blues.

My Little Cheap Dictaphone est une valeur sûre du Collectif Jaune/Orange. Elle remplit régulièrement les salles. Rien de nouveau cependant à l’horizon ; ce qui m’incite à mettre le cap sur le Monts Des Art pour le concert d’Amadou et Mariam.

Ils ont longtemps été surnommés ‘Le couple aveugle du Mali’. Un couple, tant à la ville que sur scène. Amadou se consacre à la guitare et Mariam au chant. Ils se sont connus à l'Institut des Jeunes Aveugles de Bamako. Par la suite, Amadou Bagayoko et Mariam Doumbia s’affranchissent et se forgent une belle popularité dans tout le Mali. Mais c'est en Côte d'Ivoire qu'ils enregistrent leur première cassette. C’était au cours du mois de mars 1989. Ils concoctent leur premier album, « Sou NI Tilé », en 1997, à Paris. Un disque sur lequel figure notamment « Mon amour ma chérie ». En 2002 ils gravent un nouvel elpee, « Wati » pour lequel ils bénéficient du concours de Cheick Tidiane Seck, Jean-Philippe Rykiel et Sergent Garcia. Mais c’est la rencontre décisive avec Manu Chao qui va leur permettre de prendre leur envol. Il les prend sous son aile et produit leur LP « Dimanche à Bamako », réalisé en grande partie au Mali. Il est publié en octobre 2004 ; ce qui leur permet de conquérir un nouveau public. Et en février, c'est la consécration pour Amadou et Mariam qui décrochent une Victoire de la Musique pour l'album reggae/ragga/world de l'année. Enfin, leur dernier opus, « Folila », remonte déjà à 2012.

On vient installer les deux artistes, au centre du podium. Mariam à gauche, Amadou, armé de sa gratte électrique, à droite. Le sourire constamment aux lèvres, le duo est soutenu par un bassiste, un claviériste et un drummer. La plaine est bien remplie et le monde va encore affluer au fil du set. Leurs lyrics traitent, en français ou en bambara, de la vie quotidienne des Africains et des difficultés qu’ils rencontrent ou encore des extrémismes (Daesh et autres). Très colorée et ensoleillée, leur musique est le fruit d’un subtil cocktail de world, blues, pop et rock. Mariam invite la foule à danser et sauter. Amadou demande à plusieurs reprises, si tout va bien. 60 minutes de set sont prévues, mais votre serviteur est crevé, et en milieu de parcours, il décide de tirer sa révérence…

Gaëtan Streel + The Experimental Tropic Blues Band + Amadou et Mariam

(Organisation : Brussels Summer Festival)

Voir aussi notre section photos ici 





 
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