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Brussels Summer Festival 2016 : mardi 9 aoűt

Écrit par Bernard Dagnies - mardi, 09 aoűt 2016
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Brussels Summer Festival
Mont des Arts
Bruxelles
09-08-2016

La 15ème édition du Brussels Summer Festival a débuté ce vendredi 5 août. Quatre jours plus tard, la Madeleine accueille Fishback, Sage et Jay-Jay Johanson alors que le Mont des Arts a programmé My Diligence, Luke et Hubert-Félix Thiefaine. C’est pour la seconde affiche que votre serviteur a optée.

En débarquant sur le site, My Diligence termine son show. Le chanteur/guitariste harangue la foule, afin de la décoincer. Le drummer martèle ses fûts comme un malade. Mais la musique proposée assomme l’auditoire au lieu de la booster. Le son est bien trop fort. Evidemment, le band bruxellois –réduit à un trio– n’a pas la réputation de faire dans la dentelle. Faut dire qu’il reconnaît pour influences majeures Queens of The Stone Age, At The Drive-In, Wolfmoher et Clutch (NDR : c’est indiqué sur son bandcamp) ; mais le résultat est bien trop brouillon et musclé pour convaincre le mélomane lambda…

Luke est un groupe bordelais, que votre serviteur avait découvert en 2005, dans le cadre du festival de Dour. Un concert qui ne lui avait pas laissé un souvenir impérissable. Trop confus et sans véritable ligne de conduite, malgré des textes intéressants et engagés. Logique donc que l’a priori soit défavorable. Thomas Boulard ouvre judicieusement le set par « Solitaires ». En solo, of course. Sa voix est écorchée et le plus souvent déclamatoire. Il est armé d’une guitare ‘Flying V’. Mais dès que son backing group –impliquant un second gratteur (qui se sert d’une Gibson Explorer), un bassiste et un drummer– le rejoint, on est à nouveau soufflé par la puissance du son. Constat cruel : « C’est la guerre ». C’est le cas de le dire ! A croire que l’ingé-son est sourd d’une oreille et n’entend pas de l’autre. D’ailleurs, étouffées par le flux sonore, les paroles ne sont pas toujours compréhensibles. Dommage, car franchement, non seulement la musique est bien plus riche et fluctuante que dix ans plus tôt ; mais implacables, les lyrics collent bien à l’air du temps. Derrière le quatuor, quatre panneaux en aluminium frémissent en réfléchissant le light show. Il y a même des gyrophares sur les amplis. Revendicateurs, les titres défilent : le révolté « Indignés », le très punk « Soledad » (‘Souris aux flammes, la tête en arrière’), « Quelque part en France », un pamphlet qui vilipende le FN coupable de semer la haine (‘Cher pays de mon enfance, ça pue la flamme, ça sent l'essence), moment au cours duquel les lasers se colorent de bleu, de blanc et de rouge, le frénétique « Rock’n’roll », « Rêver tue », « J’veux être un héros », qui remet en question les pseudo valeurs cultivées par une certaine jeunesse ; et en finale « Discothèque ». Des titres acides qui transpirent la révolte et la rage. Thomas communique beaucoup avec le public. Il lâche ‘Merci de rester vivant’, suite aux attentats terroristes. Se plaint qu’on a même plus le temps de mourir. De la bêtise humaine. De l’individualisme. Du néo-libéralisme. En vrac. Musicalement, la musique oscille entre celle de Trust et de Noir Désir. Un spectateur a brandi un panneau sur lequel on peut lire ‘Je suis ton père’ (référence à Luke, le fils de Dark Vador, dans la saga ‘La guerre des étoiles’), une spectatrice, un autre, qui proclame ‘Luke, oublie le reste du monde et viens chez moi’). Pourtant, nonobstant le volume sonore, le set a vraiment convaincu l’auditoire, y compris votre serviteur, complètement scotché…

Place ensuite à Hubert-Felix Thiefaine. Il monte sur l’estrade vêtu d’un pantalon en cuir jais, d’une veste et d’une écharpe de couleur grise, qu’il dénouera rapidement pour s’en débarrasser. Tous les autres musicos sont également habillés de noir, les deux gratteurs –Alice Botte et le fils d’HF, Lucas– portant un t-shirt à l’effigie du symbole de l’artiste, le corbeau. Le backing group implique également le claviériste/guitariste Christopher Board, le batteur Bruce Cherbit et le bassiste Marc Perier. Le concert s’ouvre par « En remontant le fleuve ». Le son est nickel. Le drumming est profond. La setlist est puisée dans l’ensemble du répertoire de l’artiste. Qui s’étale sur 45 années. Le Dolois a d’ailleurs fêté ses 68 balais, en juillet dernier. Il rend hommage aux écrivains de la ‘beat generation’ à travers « Errer Humanum est », exprime sa crainte du nucléaire (« Alligators 427 »), évoque la peste rouge qui avait remplacé la peste brune à Varsovie (« Karaganda »), à la fin de la guerre 40-45, ou fait le procès des réseaux sociaux sur « Mediocratie » ; mais surtout nous régale de sa poésie élégiaque, ironique, ténébreuse et rebelle. La foule semble cependant figée, tant par ses mots que la musique. Et tout particulièrement tout au long de « Confession d’un never-been » (‘J’ai volé mon âme à un clown’), « 113ème cigarette sans dormir » (‘Je vis à m’en faire crever’) et en finale « Resilience zéro » (‘On n’oublie jamais nos secrets d’enfant, on n’oublie jamais nos violents tourments’), une chanson qui aurait pu figurer au répertoire de Dominique A. La température extérieure est de plus en plus glaciale et on voit de nombreux spectateurs (NDR : pas mal de quinquagénaires et de sexagénaires, quand même) enfiler une petite laine. Thiefaine se réserve en solo et à la sèche « Je t’en remets au vent », une chanson qui semble hantée par Raphaël, et puis n’oublie pas le tellement beau et terriblement contagieux « La ruelle des morts ». Chacun dans leur style, les deux gratteurs sont particulièrement complémentaires. Celui d’Alice arrache et brille de mille feux, alors que le toucher de cordes de Lucas est à la fois subtil et plutôt atmosphérique, même si les deux musiciens s’autorisent de temps à autre des envols audacieux. Ainsi, en rappel, l’électricité dispensée tout au long de « Les dingues et les paumés » se révèle tour à tour brinquebalante ou gémissante, alors que le piano crée la trame hypnotique. Avant que l’incontournable « La fille du coupeur de joints » ne vienne clore définitivement le spectacle, un morceau que le public entonne en chœur, a cappella. Espérant un nouvel encore, il reprend une deuxième fois les paroles de cette chanson, mais en vain.

Dehors, il fait de plus en plus froid. En regagnant ses pénates, on va même rencontrer la pluie. Mais avec le souvenir de deux concerts mémorables…

My Diligence + Luke + Hubert-Felix Thiefaine

(Organisation : BSF)  

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