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Brussels Summer Festival 2017 : dimanche 13 août

Écrit par Bernard Dagnies - dimanche, 13 août 2017
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Brussels Summer Festival
Place des Palais
Bruxelles
13-08-2017

Ce dimanche 13 août, Puggy est programmé en tête d’affiche. Jusque là rien d’étonnant pour un trio qui, lors du même BSF, mais au fil des éditions, est passé du Magic Mirrors à la Place des Palais, en transitant par les scènes intermédiaires. D’autant plus qu’aujourd’hui, il remporte un vif succès. Mais drôle d’idée d’aller voir cette formation qui se produit aux quatre coins de la Belgique, toute l’année. Sauf que… ce soir, il est flanqué d’un chœur gospel. Et on en avait déjà eu un petit aperçu lors de la conférence de presse, qui s’était déroulée en juin dernier. Donc, c’est ‘the place to be’. Et puis on pourra revoir Jesus & Mary Chain, qu’on espère dans une meilleure forme, qu’à l’AB. On peut toujours rêver…

Avant de retirer son sésame, sous le Magic Mirrors, il y a une belle trotte. Et tout au long du parcours, on entend la fin du set de The Black Box Revelation. Apparemment, depuis les derniers concerts auxquels j’ai pu assister, rien n’a guère changé. Surtout le volume sonore, qui est toujours aussi puissant. D’après certains confrères, la formation a surtout réussi son exercice de style, dans le domaine de la reprise. Elle est souvent différente, c’est tout à leur honneur ! La cover en question ? Le « Heart of gold » de Neil Young. Vu l’attachement porté à l’artiste canadien, valait peut-être mieux ne pas être présent, à ce moment-là…

C’est en avril dernier que votre serviteur avait assisté au spectacle de Jesus & Mary Chain. A l’AB. Un set mi-figue mi-raison, qui hormis lors de l’un ou l’autre titre et surtout lors du final, manquait singulièrement de punch. Fallait donc craindre une resucée de ce show. Et pour cause, la prestation remonte à un peu plus de quatre mois… Si le concert s’ouvre par un encourageant « Amputation », morceau issu du dernier opus, « Damaged & Done », la suite semble corroborer cette impression de monotonie ambiante. Sauf qu’au bout d’une vingtaine de minutes, l’intensité électrique monte soudain en puissance ; et hormis les deux morceaux plus pop (le single « Just like honey » et « Always sad »), au cours desquels Bernadette Denning vient chanter en duo avec Jim, le reste va nous replonger, comme à la belle époque, au sein d’un climat sauvage, malsain, glacial, spectral, sensuel et cool à la fois, propice aux émotions sombres, au tourment intérieur et à la romance pure. Entre beauté et violence, les compos défilent. Les changements de cordes sont glorieux. Des cordes tour à tour cristallines, bourdonnantes, surf ou chargées de feedback mélodique. On aura même droit à deux titres plus punk, mais dispensés dans l’esprit des Cramps. Faut dire que même s’il s’est planté en retrait, devant ses deux baffles et amplis orange, William (NDR : chaussé de lunettes et les cheveux en broussailles, il ressemble de plus en plus à un des musiciens des Melvins) est en pleine forme. Lui et le second gratteur déversent une avalanche d’électricité sur « You trip me up ». Et la voix de Jim passe aujourd’hui bien mieux la rampe. Veloutée ou venimeuse, elle se transforme en slogan pendant « Reverence » : ‘I want to die just like Jesus Christ’ (Trad : je veux simplement mourir comme Jesus Christ). Et « I hate rock’n’roll », morceau qui achève le set est de la même veine. Franchement, on ne s’attendait pas à un tel retour gagnant. Faut dire qu’il suffit parfois de choisir une tracklisting qui tienne la route. En tout cas, c’est une bonne surprise !

Set list : « Amputation », « April Skies », « Head On », « Far Gone and Out », « Between Planets », « Blues From a Gun », « Always Sad », « Mood Rider », « All Things Pass », « Some Candy Talking », « Halfway to Crazy », « Nine Million Rainy Days », « Just Like Honey », « You Trip Me Up », « The Living End », « War on Peace », « Reverence », « I Hate Rock 'n'roll »

Les haut-parleurs crachent un air de musique country… qui vire brusquement en thème électro. La Place des Palais est noire de monde. C’est –paraît-il– sold out. A mon humble avis, manifestement! Puggy grimpe sur l’estrade. Le trio est accompagné par son fidèle claviériste/percussionniste et un chœur gospel réunissant 8 musiciens, de parité/hommes/femmes. Il s’agit du Wings Gospel Choir de Didier Likeng, un auteur/compositeur/arrangeur/professeur et directeur artistique d’origine camerounaise qui drive de nombreuses chorales. En outre, il a bossé pour des tas d’artistes dans l’univers de la chanson française et de variétés ; et notamment pour Axelle Red ainsi que Philippe Lafontaine. Toute cette équipe est vêtue de blanc et s’installe au milieu, légèrement en retrait. Soit devant Matthew Irons, lui, habillé d’un costard rouge. Le bassiste campe à l’extrême gauche et le drummer à droite. Matthew pète la forme. Il ne tient pas en place. Et il communique constamment avec son public. A l’une ou l’autre reprise, comme un Dj. Ouais, c’est moins convainquant ! Il se fend d’une émouvante ode à Bruxelles, ma belle… Plus intéressant, il explique qu’il va interpréter deux titres issus de la bande originale de « Bigfoot Junior », film d’animation pour lequel le band a composé la musique. En écoutant la voix et le toucher du chanteur/guitariste, il n’y a pas de doute, il est hanté par un autre Matthew, Bellamy, le leader de Muse. Même si pendant « I’m still with you », son falsetto lorgne plutôt vers Jón Þór Birgisson (Jónsi), la tête pensante de Sigur Rós. Mais venons-en au cœur du sujet : la collaboration entre le groupe et le chœur gospel. D’abord, je dois l’avouer franchement, sans cette coopération, Puggy n’entrait pas vraiment dans mes priorités. Mais dans l’univers de la pop et du rock, toute expérimentation est louable et mérite qu’on s’y intéresse… surtout quand elle audacieuse. Car finalement, au cours de ce concert, on a vécu des moments de véritable magie. Surtout lorsque le combo et la chorale sont entrés en osmose. De quoi vous flanquer des frissons partout. Ce collectif a été moins transcendant, comme livré à lui-même, quand il s’est attaqué à un morceau de funk/r&b, sans les stars de la soirée. Mais s’est illustré lors d’un morceau joué en beatbox collectif. Ou en imprimant un tempo reggae à l’aide des voix. On reprochera cependant, un certain déséquilibre entre les deux pôles, surtout lorsque le format électrique a pris le pouvoir. De quoi plaire aux jeunes aficionados qui attendaient avant tout les tubes, afin de danser, chanter ou reprendre en chœur les refrains. Il faut cependant féliciter les membres de Puggy pour avoir osé tenter une telle expérience. C’est ce qui fait avancer la musique. Maintenant, et c’est un avis tout à fait personnel, il serait intéressant de revivre une telle coopération, mais sous un format plus acoustique, au sein d’un endroit intimiste. Sincèrement, le moment pourrait alors toucher au sublime. Ce n’est qu’une suggestion.

Sans quoi, au cours du set, le drummer s’est réservé le lead vocal pour un titre. Matthew en a interprété un seul à la sèche. Et puis, inutile de dire que les nombreux fans présents (NDR : et beaucoup d’autres aussi) ont savouré ce concert, qui s’est prolongé en rappel par « When you know », repris en chœur (NDR : et le mot est faible !) par la foule, haranguée par Matt, une compo qui aurait pu figurer au répertoire de Supergrass, faut-il le rappeler. 

(Organisation : BSF)

Voir aussi notre section photos ici 

 

 





 
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