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Brussels Summer Festival 2017 : mardi 15 août

Écrit par Philippe Blackmarquis + Didier Deroissart - mardi, 15 août 2017
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Brussels Summer Festival
Place des Palais + Mont des Arts + La Madeleine
Bruxelles
15-08-2017

Pour la soirée de clôture du BSF, les organisateurs avaient mis les petits plats dans les grands. Denis Gerardy, Directeur, n'est pas peu fier d'avoir pu signer Pet Shop Boys, le duo anglais légendaire des années '80 et '90, pour un show exclusif. La Place des Palais est dès lors 'the place to be' ! Les prévisions météo sont plutôt inquiétantes mais au final, il n’y aura pas de pluie et on assistera à un magnifique crépuscule. Un cadeau des cieux !

On n’a malheureusement pas pu assister au concert d'André Brasseur ; mais les avis récoltés sont dans l'ensemble tout à fait positifs. En fin d'après-midi, le patriarche de l'orgue Hammond a, paraît-il, réchauffé les premiers arrivants grâce à ses instrumentaux 'vintage', dont « The Kid » et surtout « Early Bird », un 45 tours qui date de 1965 et s'est écoulé à plus de 6 millions d'exemplaires. Excusez du peu !

Après l'orgue, on passe au Piano Club. Cette formation liégeoise de synthpop est dirigée par Anthony Sinatra, co-leader du Hollywood Porn Stars ; et en dix ans d'existence, elle a gravé trois longs formats et deux Eps. Sur les planches Piano Club est, disons, déroutant. Contrairement aux enregistrements studio, le groupe a recours à des choeurs féminins. Sur le podium de la Place des Palais, l'ensemble nous apparaît assez décousu, voire déplacé. On en profite donc pour déguster une petite Kriek, histoire de se préparer pour les deux têtes d'affiches internationales.

A 20h15 tapantes, Goldfrapp prend possession des lieux. Fondé en 1999, ce duo londonien réunit Alison Goldfrapp (voix, synthés) et Will Gregory (synthés). Comptant sept albums dans leur escarcelle, ces champions de l'électro/pop se sont taillés un joli succès, surtout entre 2003 et 2005, grâce à des tubes comme « Strict Machine » ou « Oh La La ». Leur prestation est fortement attendue, si l'on en croit la foule qui s'est massée devant le podium, couvrant plus de la moitié de l'esplanade.

Vêtue de rouge et arborant une coiffure rousse, Alison Goldfrapp ressemble un peu à Shirley Manson (Garbage). Son acolyte, Will Gregory, n'est pas du voyage mais c'est un groupe au grand complet qui accompagne la chanteuse : un batteur, un bassiste, et surtout deux séduisantes claviéristes dont les coiffures sont également rousses. La musique est quasi à 100% 'live' ; un choix qu'il faut saluer, car il aurait été très facile pour ce band insulaire de dispenser un set 100% électronique. La setlist se balade entre le dernier opus du groupe, « Silver Eye » (2017) et les deux LP phares, « Black Cherry » et « Supernature ». Caractérisé par son beat irrésistible, « Train » lance la machine ou plutôt la 'strict machine', dès l'entame. La partie centrale du show est par contre plus en retenue mais dès « Systemagic », issu du dernier long format, le spectacle repasse à la vitesse supérieure.

‘It's nice to see you dancing’, constate avec plaisir l'artiste anglaise. Détail insolite : c'est en tant que danseuse qu'elle a entamé sa carrière... en Belgique ! Et le public ne cessera de danser jusqu'à la fin, au fil des hits ; comme sur « Number One », « Ride a White Horse » et, bien sûr, « Strict Machine », qui clôture en force. Dans l'ensemble, un show très satisfaisant, sans grosses surprises mais parfaitement en place. Bien sûr, on est en droit de regretter les trouvailles scénographiques qui rehaussaient le spectacle de Goldfrapp, il y a dix ans ; mais on peut comprendre qu'à 51 printemps, Alison Goldfrapp ne souhaite plus la présence, à ses côtés, de danseuses déguisées en chevaux...

S'ensuit une interruption de plus d'une heure, temps nécessaire pour terminer l'installation du matos destiné au spectacle, qu'on annonce monumental, des Pet Shop Boys. Pour satisfaire aux exigences techniques du band, les organisateurs ont dû demander à Stageco d'agrandir le podium, qui s'étend au final sur 24x22m. Huit semi-remorques ont été mobilisées pour le transport et il a fallu près de trois jours pour tout mettre en place. Vu que ce show est exclusif pour la Belgique, une partie de l'Allemagne et le Nord de la France, des dizaines de bus ont acheminé les fans venus rien que pour voir les 'Boys'.

A 22h30, la Place des Palais est bondée. Rémy Bricka vient d’achever son traditionnel bain de foule. Le show des Pet Shop Boys peut commencer et, pendant le titre d'introduction, « Inner Sanctum », on découvre le gigantesque écran vidéo disposé en fond de scène. Pendant tout le concert, il affichera des structures visuelles abstraites, souvent en 3D, basées sur le rond rouge, le motif de la couverture du dernier opus, « Super ».

Neil Tennant, le chanteur, et son acolyte Chris Lowe, apparaissent, habillés d’un costume noir et coiffés d'un casque argenté. Histoire de rappeler qu'ils étaient là bien avant Daft Punk ? Allez savoir... Dès « Opportunities (Let's Make Lots of Money) », le duo pose sa signature musicale : un savant mélange de synthpop, de disco et de sons 'cheesy' carrément 'kitsch' issus des années '80. « Pop kids », son dernier single, s'inscrit parfaitement dans cette lignée et fait mouche : tout le monde danse, chante et tape dans les mains.

Sans céder à la facilité, le tandem impose l'écoute d'une grande partie de son dernier long playing ; ce qui fait considérablement baisser la tension, voire l'attention. « In the Night », « Burn » et « Love Is a Bourgeois Construct » permettent de découvrir la face cachée des deux artistes anglais, moins facile d'accès mais néanmoins riche et subtile. Il faut attendre « West End Girls » et surtout « It's A Sin » pour que le show prenne enfin toute sa dimension. Le son devient nettement plus puissant. Les batteries de laser illuminent le podium et la nuit bruxelloise. Même si sa mélodie est en grande partie 'pompée' sur le couplet de « Wild World », de Cat Stevens, « It's A Sin » est d'une efficacité redoutable.

Pendant « Go West », les ballons de toutes les couleurs éclatent en 3D sur l'écran géant et on se retrouve dans une énorme discothèque pour la clôture du set. En rappel, après « Domino Dancing », on va vivre le moment le plus marquant du spectacle. Et il se produira pendant « Always On My Mind ». Ce succès de Brenda Lee, déjà repris par Elvis Presley, atteint ici une dimension stratosphérique. Enfin, c'est sur une reprise de « Pop kids » que le rideau se referme définitivement.

En conclusion, les 'Boys' n'ont pas déçu. On sait que Chris Lowe est statique derrière ses claviers et que Neil Tennant, malgré ses changements de tenue et son slogan répété à l’envi, ‘Come on, Brussels !’, n'est pas le plus grand showman de ce côté-ci du Rio Grande mais le spectacle a véritablement été époustouflant ! Et il a permis au BSF de se clôturer comme il se doit... sur un bouquet final.

Philippe Blackmarquis

Pour lire notre évaluation finale du festival, c'est ici.

Setlist Pet Shop Boys :

Inner Sanctum
Opportunities (Let's Make Lots of Money)
The Pop Kids
In the Night
Burn
Love Is a Bourgeois Construct
Se A Vida É (That's The Way Life Is)
Love Etc.
The Dictator Decides
Inside a Dream
West End
Girls
Home and Dry
Vocal
The Sodom and Gomorrah Show
It's a Sin
Left to My Own Devices
Go West
(Village People cover) (with "Heart" introduction)

Encore:

Domino Dancing
Always on My Mind (Brenda Lee cover)
The Pop Kids (reprise)

Setlist Goldfrapp :

Anymore
Train
Ocean vague
You Never Know
Slide In
Everything Is Never Enough
Become the One
Systemagic
Number 1
Ride a White Horse
Strict Machine

Pour regarder les photos du festival, c'est .

(à noter que les photos étaient interdites pendant le concert des Pet Shop Boys)

 


Alors que Phil Blackmarquis couvre les spectacles qui se déroulent à la Place des Palais, votre serviteur a jeté son dévolu sur le Mont des Arts et la salle de la Madeleine, pour y assister aux shows d’Atomic Spliff et de Joe Bel. Les Lokerse Feesten viennent de s’achever, donc il faut embrayer…

A 9h15 précises, Atomic Spliff déboule sur les planches. La formation liégeoise pratique un reggae particulièrement ‘roots’. Tout en se servant généreusement des Sound Systems, l’expression sonore oscille entre ragggamuffin, dancehall et rub a dub. Propices à la bonne humeur, les paroles, chantées dans la langue ce Voltaire, sont humoristiques et traitent de leurs expériences quotidiennes. A ce jour, le collectif a publié deux elpees, « Rass Attack » en 2015 et « Robomuffin », en 2017.

Le crew est imposant et les musicos sont, à l’instar de votre serviteur, quasi tous barbus. Il réunit donc Daddy Cookies et Stone Man (NDR : les Mc’s), le guitariste Kevin Maclot (NDR : il pourrait jouer le rôle de Lépold II, dans un biopic), le claviériste Brieu Di Maria, le bassiste Boris Valley Colledos, le drummer Renaud Baivier, sans oublier les deux ‘Flagmen’ (des agitateurs de drapeaux, aux couleurs jamaïcaines, fallait s’en douter), dont Bernard Jaegero. Les musicos et les 2 ‘Flagmen’ précèdent l’arrivée des 2 Mc’s. Ils sont cool Man ! Et vont mettre le souk et la faya (NDR : le feu, faut se mettre à niveau, man !) Le set s’ouvre par « Moving », un extrait du dernier opus. Pas de cuivres pour ce morceau épique. « A Fond » incite la foule à se remuer le popotin, jumper, lever les bras et applaudir. Ya Man, on bouge !

Les « Good Vibes » sont directement injectées dans nos veines. Ode au pacifisme, « Peacefull Warrior » rend hommage à Bob Marley.

« Mr Postman », où comment voir son facteur sous un angle différent. Chaque jour, il dépose ses factures dans la boîte aux lettres. Mais le destinataire attend surtout un colis posté en Jamaïque. Qui n’arrive décidément pas ; et on doit se demander ce qu’il contient. Un morceau dansant et agréable à l’écoute. Tout comme les entraînants « Rock And Steady » (NDR : il vient de sortir en 45 trs !) et « Well Now ». Le show s’achève par « Positif ». Stone Man demande à l’auditoire à s’accroupir. Et d’un geste de la main, Daddy Cookes somme le collectif à prendre la pause. Avant de donner le signal de la reprise, y compris pour la foule qui se relève et se met à jumper. On va alors participer à 5 minutes de folie…

Joe Bel adore la Belgique. C’est sa seconde visite au BSF. Elle va se produire en compagnie d’un groupe électrique. Elle a le trac, car elle est venue défendre les nouvelles compos de son futur album. Un premier opus qu’on attend impatiemment et qui se fait… « Désiré ». Faut dire que jusqu’à présent, elle n’a publié qu’un Ep, en 2015, baptisé « Hit The Roads », et participé à la BO du film, « Tout Pour Etre heureux ».

La chevelure rousse et les yeux couleur noisette, la Lyonnaise est séduisante, craquante même. Chaude, sa voix campe un hybride entre Nneka, Selah Sue, Nina Simone, Norah Jones et BJ Scott, le grain soul de Sarah Carlier, en plus. Sa musique mêle folk, r&b, folk, soul, reggae, ragga, world, pop et rock.

Sur les planches, elle est soutenue par un claviériste, le drummer Jean Prat et le guitariste Benoît Richou. Joe se sert aussi bien d’une sèche que d’une électrique. La salle est pleine à craquer. Il fait très chaud. Le set s’ouvre par « First Time », un morceau folk aux accents reggae. « Stronger » aurait pu figurer au répertoire de Selah Sue. Une constante, l’intensité libérée par la plupart des morceaux, même lors des plus mélancoliques. Après avoir assisté à autant de concerts, votre serviteur se sent de plus en plus fatigué. Il s’éclipse en promettant d’aller la revoir, lors de la sortie officielle de son nouvel album…

Atomic Spliff  + Joe Bel

Didier Deroissart

(Organisation : Brussels Summer festival)

 

 





 
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