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Brussels Summer Festival 2017 : mercredi 9 août

Écrit par Philippe Blackmarquis - mercredi, 09 août 2017
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Brussels Summer Festival
Mont des Arts
Bruxelles
09-08-2017

C’est le 4ème jour du BSF, et le festival monte tout doucement en puissance. Ce soir : ouverture de la scène du Mont des Arts et vu la météo clémente, les auspices sont bons. Au programme, Rive, Typh Barrow et Noa dans la Salle de la Madeleine tandis que Clara Luciani et Faon Faon squatteront le Magic Mirrors. Mais c'est le Mont des Arts qui a retenu notre attention, pas tellement pour Jain, la tête d'affiche, mais bien Fishbach et surtout Lescop.

Il est 19h15 précises et l'esplanade n'est remplie qu'à moitié quand Mathieu Peudupin, alias Lescop, monte sur le podium. Le Français a toujours été un de nos favoris et, si vous sondez les pages de Musiczine, vous retrouverez deux chroniques de concert et une interview qui lui sont consacrées. ‘Bonsoir, Bruxelles ! Ca fait longtemps !’, déclare Lescop. En effet, 4 ans se sont écoulés depuis sa dernière visite ; une absence qu'il a mise à profit pour publier « Echo ». C'est d'ailleurs par la plage titulaire de ce second opus que la formation entame le show ; d'abord tout en douceur, au sein d’une atmosphère solennelle rappelant... « Atmosphere » de Joy Division. Mais bien vite, une rythmique robotique ou plutôt ‘motorique’ suivant le terme employé pour désigner le 'krautrock', vient secouer la compo, rehaussée par des notes de guitare en ‘sustain’ façon « Heroes » de Bowie. Une magistrale entrée en matière.

Classieux et discret, en pantalon et veste jeans, Lescop s’est planté au milieu du podium. Il est flanqué du guitariste Cédric Leroux (NDR : physiquement, cet ex-Phoebe Killdeer campe un hybride entre Prince, Fred Chichin et Phil Lynott !), qui affiche une grande maîtrise sur son instrument, tout en exécutant des mouvements saccadés et épileptiques, du bassiste (NDR : il s’est installé à gauche de l’estrade) Antoine de Saint-Antoine, l'acolyte des débuts chez Asyl ; sans oublier la préposée aux synthés Maud Nadal, ainsi qu’un batteur.

La formation poursuit son voyage au cœur d'une new wave moderniste via « David Palmer », « Ljubljana » et « Quelqu'un à qui penser ». Les rythmiques sont hypnotiques et les arrangements, dépouillés. On pense bien sûr à Taxi Girl, Etienne Daho ou encore Indochine ; mais aussi à The Cure, The Sound et Suicide. La musique, très filmique, est influencée par le cinéma, surtout les réalisateurs Jean-Pierre Melville, Fassbinder et Schlöndorff. « La Nuit Américaine » en est une preuve évidente, même si Lescop nous a précisé qu'il n'avait pas encore vu le film de Truffaut, quand il l'a écrite. Sur ce titre, il apparaît concentré et les yeux fermés, il ressemble à Ian Curtis. Ses mouvements respirent l'élégance discrète. Il les anime de quelques déhanchements légèrement androgynes.

‘Je veux vous voir danser un peu plus que ça !’ réclame Lescop. Le public est maintenant plus nombreux, remplissant presque entièrement la cuvette du Mont des Arts, mais il est en effet assez apathique. « C’est la nuit » va les remuer, grâce à ses boucles électro, ses arpèges répétitifs et sa rythmique un peu martiale. Pendant « Dérangé », Maud Nadal passe à la guitare, permettant à Cédric Le Roux de s'aventurer dans un solo frénétique. L'intro carrément punk de « Un Rêve » fait monter la pression encore un peu plus. Et enfin, c'est le moment tant attendu: « La Forêt » ! Le public acclame chaleureusement les premières notes de basse et le rythme minimal de batterie. Lescop se campe en front de scène et son interprétation est impeccable. Nous dansons en remuant la tête, comme ensorcelés par cette mélodie envoûtante.

Lescop termine sa prestation par « Le Vent », un morceau consacré aux ‘souvenirs brûlants’. ‘C'est le dernier titre du show et aussi le dernier de notre tournée’, confie le chanteur. Le moment est touchant et clôture le show comme il avait commencé, dans une atmosphère solennelle. Un très bon concert mais on est impatient de le revoir à nouveau seul, dans une salle, pour un concert plus conséquent...

Le temps de déguster une petite Kriek et place à Fishbach ! Flora Fishbach (de son vrai nom) est originaire de Normandie mais a surtout vécu à Charleville-Mézières. Elle est une des grandes révélations françaises de ces derniers mois. Au Mont des Arts, elle va accorder un show déroutant, irrégulier mais fascinant.

Sa musique est étrange, et mêle des influences qui oscillent de Rita Mitsuko à Niagara, en passant par Patti Smith, Daniel Balavoine et Mylène Farmer. Un cocktail étonnant, voire détonnant ! La setlist se focalise sur le premier LP, « A ta merci », tout en accordant une mention particulière à « Y Crois-tu », « Un Autre que Moi » et « le Château ». Obsédée par la mort et le suicide, l'artiste chante « On Me Dit Tu » et « Mortel » sur des rythmes jouissifs, dans une espèce de farandole mortifère. Fishbach danse sur les tombes...

La clope au bec, elle affiche cette moue désabusée presque provocante mais on la sent fragile, écorchée vive. Distante, presque décalée par la situation, elle semble vivre comme dans un rêve, habitée par son univers. Entre les chansons, elle passe plusieurs dizaines de secondes, en silence, à regarder le public, créant un malaise presque palpable. Derrière elle, on remarque Michèle Blaise, époustouflante à la basse et aux voix, Nicolas Locart aux synthés et Alexandre Bourrit à la guitare.

Attention : musicalement, c'est très fort. Les harmonies sont recherchées, les rythmiques fouillées et les mélodies, superbes. Les arrangements sont très riches : ça va dans tous les sens. Tantôt new wave disco cheesy des années '80, tantôt valse bastringue et baroque, tantôt électro rétro-futuriste. Et il y a cette voix, mutante, oscillant entre notes aiguës et graves, une mezzo dramatique, voix d'enfant, de déesse, de sorcière... Quand Fishbach quitte la scène, on n'a qu'une envie : se replonger au plus vite dans son univers unique et captivant. Ce concert ? Une belle Fishclaque*...

Si le public est, pour la plus grande partie, resté assez indifférent face à Lescop et à Fishbach, c'est parce qu'il est venu pour Jain. La Toulousaine est devenue la coqueluche des médias et des radios mainstream. Véritable Stromae au féminin, elle mélange électro et sonorités africaines, tout en proposant un côté ouvertement ‘urban dance’ : une recette qui fait merveille auprès du grand public mais laisse votre serviteur de glace. Pourtant, il faut le reconnaître, en ‘live’, c'est du lourd : le show est époustouflant, les visuels très recherchés. Jain a une forte présence et a l'art de faire participer le public. Nous vous renvoyons donc vers les chroniques des journaux nationaux pour un compte-rendu complet du spectacle. Pour notre part, nous nous rendons backstage à la Madeleine, pour retrouver Lescop et l'interviewer. A suivre dans les colonnes de Musiczine et sur les ondes de Radio Vibration, dans l'émission WAVES !

* copyright Franck Limonier (Divagation)

(Organisation : BSF)

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