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Cactus 2015 : dimanche 12 juillet

Écrit par Bernard Dagnies - samedi, 11 juillet 2015
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Cactus
Minnewaterpark
Bruges
12-07-2015

Après Goose et Balthazar, un troisième formation belge va clôturer la journée : dEUS. Le band anversois tourne également tout l’été dans les festivals. L’an dernier, il a fêté ses 20 années d’existence ; et puis c’est une valeur sûre du rock noir-jaune rouge, mais également international. Le temps est plus frais aujourd’hui. Tant mieux ! Quelques gouttes de pluie tomberont au cours de la journée, mais sans devoir pour autant sortir les k-ways et les parapluies…

Benjamin Clementine a publié son premier opus cette année. Il s’intitule « At Least for Now ». Ce Londonien d’origine ghanéenne (NDR : installé aujourd’hui à Paris) possède un fameux organe vocal, dont l’amplitude oscille entre le baryton et le ténor. Une sorte d’hybride entre Terence Trent d'Arby et Anthony Hegarty des Johnsons. Et profonde, sa voix est capable de toucher l’âme. La répétition de la mélodie et des paroles est souvent utilisée, ce qui rend les compos à la fois méditatives et hypnotiques. Il s’accompagne au piano, et est soutenu par un violoncelliste, un bassiste et un drummer. Et il nous raconte ses récits de vie qu’ils soient douloureux ou sensuels, qu’il interprète parfois d’une manière théâtrale ou lyrique, sur une musique qu’on pourrait qualifier de soul/jazz…

Two Gallants n’a pas autant de succès que les White Stripes, Black Keys ou Royal Blood, mais le duo possède un style bien spécifique, une sorte d’indie lo-fi au sein duquel interviennent des éléments de folk, blues, rock et punk. Tout ayant le soin de préserver le sens mélodique. Une musique authentique, mordante, crue, aux textes surprenants et profonds, presque poétiques qui évoquent des images de l’Ouest sauvage, ses hors-la loi, leurs peines d'emprisonnement, leur solitude, etc.

Le hurlement de Stephens est desséché et guttural. Les assauts de Vogel sur son tambour sont puissants, violents même ; et pourtant, il parvient à combiner la brutalité et une finesse technique peu commune. Mais il faut croire qu’au fil du temps, le duo a ajouté davantage de subtilité à son expression sonore. Emeute viscérale, chœurs morbides, cordes de guitares glissando, piano et accès d’harmo s’intègrent parfaitement à une musique bruitiste dont la sensibilité est à fleur de peau. « We Are Undone », leur dernier LP est paru en février dernier…

Multi-instrumentiste, James Vincent McMorrow est également compositeur et chanteur. Cet Irlandais possède un falsetto qui évoque Bon Iver, sans les overdubs. Il reprend le « Higher love » de Steve Winwood, un artiste qui doit avoir marqué James, même si sa musique est davantage coulée dans une fusion de folk, de pop et de roots… 

Anna Calvi est britannique. Particulièrement douée à la six cordes, elle reconnaît pour influence majeure Jimi Hendrix. Une référence de choix ! Et elle possède une voix remarquable, sorte d’hybride entre PJ Harvey, Nina Simone et Tania Donelly, dont elle joue comme un instrument. Une voix tour à tour veloutée, frénétique ou frémissante. Sur les planches, elle est soutenue par un drummer un claviériste qui passe parfois à la gratte et une préposée aux percus, aux synthés et au xylophone, qui se sert également d’un orgue à soufflets comme chez Lola Colt. Le set s’ouvre par la cover du « Ghost rider » de Suicide. Et inclura une autre reprise, le « Jezebel » de Frankie Lane. Le son est parfait. Et le répertoire oscille entre titres de britpop mid tempo, malheureusement sans grand relief, et morceaux plus complexes et percutants. C’est dans le second registre que sa musique botte le mieux votre serviteur, évoquant paradoxalement la scène west coast de la fin des sixties et du début des seventies. Pensez à Jefferson Airplane, Quicksilver Messenger Service, Grateful Dead et même parfois aux Doors. Sous cette forme, les compos sont vraiment épatantes ; elle y donne tout ce qu’elle a dans les tripes et vous flanque des frissons partout. Et ses riffs ainsi que ses solos se révèlent alors aussi ravageurs qu’incisifs… A ce jour, elle ne compte que deux albums à son actif. Si elle a l’audace de s’ouvrir de nouveaux horizons plus expérimentaux, elle peut devenir une nouvelle figure incontournable de la scène rock (NDR : qui a dit que le rock était mort ?)

Après le set de Thurston Moore, je le confirme, il est toujours bien vivant… Le natif de Floride s’était déjà produit au Cactus en 2013, flanqué de son Chelsea Light Moving, pour un show mémorable. Et celui-ci ne le sera pas moins. Le line up a changé, puisque c’est l’ex-My Bloody Valentine, Debbie Googe, qui se consacre à la basse et l’ex-Nought, James Sedward, à la seconde gratte ; mais apparemment, ce n’est pas l’ancien drummer de Sonic Youth, Steve Shelley, qui se charge aujourd’hui des fûts. Car de Sonic Youth, il faut en parler ; et pour cause, la musique de Moore semble reprendre son chemin là où il avait laissé « Bad moon rising », « Evol » et « Daydream nation »…

Le set démarre avec 10 minutes d’avance sur l’horaire prévu. L’intro est bruitiste, psyché. C’est l’ouverture de « Forever more », une compo de plus de 10 minutes. Le ton est donné. Et la plupart des morceaux seront aussi longs (NDR : si pas plus), complexes, intenses, hypnotiques, climatiques, parfois langoureux et le plus souvent mélodiques. Thurston s’appuie sur un pense-bête placé sur un pupitre, pour lire les paroles des ses chansons. Sa voix est déclamatoire. De temps à autre vindicative. La ligne de basse est implacable et les drums souples. Et le second gratteur conjugue ses cordes à celle de Thurston, à la perfection. Ce noisy rock est parfaitement maîtrisé par le quatuor, même quand Moore vient coller sa six cordes contre l’ampli pour en extraire du feedback. Mon coup de cœur pour l’édition 2015 du Cactus.

Place ensuite aux Kooks. Lors de la sortie de leur premier elpee, en 2006, « Inside In/Inside Out », la consécration leur était promise dans un futur proche. Faut dire que cet opus était excellent, et puis que la formation insulaire pouvait compter sur un contingent d’aficionados (des filles surtout) particulièrement fidèle et exubérant. Malheureusement, la sauce n’a pas pris et The Kooks milite aujourd’hui dans la zone crépusculaire du pop/rock. Tout en continuant à séduire les adolescentes. Britpop à l’origine, leur musique s’est teintée de funk, de r&b, de gospel et d’électro. Elle est donc dans l’air du temps et plus vraiment originale. Mais finalement, devant un auditoire –inévitablement plus jeune– la bande à Pritchard (NDR : qui alterne constamment gratte acoustique et électrique) va accorder un set sympathique à défaut d’âtre transcendant, proposant des compos contagieuses, optimistes, agréables à l’oreille, et finalement bien meilleures que celles qui figurent sur les trois derniers elpees.

Restait donc dEUS. Depuis un an déjà, la bande à Barman célèbre son quart de siècle d’existence. Bien sûr, le line up du groupe a souvent changé et aujourd’hui il réunit Tom, Mauro, Klaas Janzoons, Stephane Misseghers et Alan Gevaert. La set list va puiser un peu dans toute la discographie du combo. Les meilleurs titres interprétés ? « Slow », « If you don’t get what you want », « 4 mains », « Bad timing » et le séduisant « Instant street », sans oublier les splendides « Little arithmetics » ainsi que « Serpentine ». Et enfin de parcours on aura droit aux plus classiques « Hotellounge », « Suds & soda » ainsi que « Roses ». Un bon concert, mais qui n’a rien apporté de neuf à tout ce qu’on a pu raconter sur la formation anversoise, au cours des derniers mois. On attend d’ailleurs qu’elle entre en studio pour enregistrer –enfin– un nouvel album…   

A l’année prochaine ! (Merci à Johan)   

(Organisation : Cactus Festival)





 

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