Garciaphone, mangeur de ręve…

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Cactus 2016 : samedi 9 juillet

Écrit par Bernard Dagnies - samedi, 09 juillet 2016
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Cactus
Minnewaterpark
Bruges
09-07-2016

Deuxième jour du Cactus, et les travaux sont suspendus sur l’autoroute. Ce qui rend le parcours plus facile. Aussi, comme le temps est toujours de la partie, que demande le peuple ? Bien sûr, la fatigue se fait inévitablement sentir, lorsqu’on rentre à 2h30 du matin. Votre serviteur débarque donc au milieu de l’après midi. Puis quittera le site un peu avant 20 heures, afin de se ménager pour le lendemain. Nick(*), correspondant pour la partie néerlandophone de Musiczine, relatera donc la fin de la journée.

En débarquant, on constate la présence de nombreux enfants –qui pour la plupart ont un casque de protection sur les oreilles– accompagnés de leurs parents, des petites têtes blondes partis à la chasse aux gobelets en plastique pour décrocher un t-shirt. Sympa et écologique en même temps.

Daniel Norgren a quitté sa Suède pluvieuse pour débarquer au cœur d’un Bruges ensoleillé. Le singer/songwriter a entamé son set par des compos trempées dans un americana rafraîchissant. Il s’accompagne tour à tour à la gratte, à l’accordéon ou au piano à queue. Un set agréable à l’écoute mais pas vraiment bouleversant (*).

Black Mountain a une bonne dizaine de minutes de retard sur l’horaire. Le band est victime de petits problèmes techniques, apparemment. Ce qui semble se reproduite régulièrement. Comme lors de son dernier concert accordé au Botanique. Faudra peut-être penser à faire réviser le matos. Heureusement, il y a de la marge entre chaque prestation. Le quintet monte enfin sur les planches. Un claviériste, un guitariste, un batteur, un drummer, un bassiste et une chanteuse. Les 20 premières minutes sont particulièrement toniques. Les claviers sont tour à tour atmosphériques ou rognés. Et les interventions gémissantes du leader, Stephen McBeam, à la guitare, rappellent celles d’Erick Braunn (NDR : pensez à celles dispensées sur le légendaire « In-A-Gadda-Da-Vida » d’Iron Butterfly). Quant au timbre vocal –superbe– d’Amber Webber, il campe un hybride entre celui de Siouxsie Sioux et de Grace Slick. Un compliment, quand même. Malheureusement, côté présence de scène, la chanteuse parvient rarement à trouver sa place. Tant qu’elle est derrière son micro, elle joue parfaitement son rôle, mais lors des longs passages instrumentaux –pour la plupart vaporeux– elle reste plantée comme un poireau. Sculptées dans un blues/psyché/rock, parfois subtilement teinté d’électro (NDR : mais dans l’esprit d’un Kraftwerk), la plupart des compos ne manquent pas d’allure. Mais souffrent encore trop d’inconstance dans l’intensité. Black Mountain a du potentiel, mais il est encore trop court en ‘live’ pour faire la différence…

Issue de Birmingham, en Angleterre, Laura Mvula est une chanteuse de soul dont la carrière solo n’a débuté qu’en 2013. Auparavant, elle avait milité au sein d’un groupe a cappella et puis fondé son propre groupe, Judyshouse, en 2008. Elle est diplômée du Conservatoire, et a publié son deuxième elpee, « The Dreaming Room », en juin dernier. Elle reconnaît pour influences majeures Nina Simone, Jill Scott, Erykah Badu et Lauryn Hill. Elle a bossé en compagnie de Nile Rodgers et puis avait accompli le supporting act d’une des dernières tournées de feu Prince, qui était tombé sous le charme de sa musique.

Sur les planches, elle se sert d’un keytar (sorte de guitare/clavier) qui semble aussi grand qu’elle. Ses boucles d’oreilles sont impressionnantes. Elle est soutenue par un trio de choristes habillées de noir, un claviériste, une guitariste (c’est sa sœur), un drummer (Troy Miller, le directeur musical de Laura, qui avait notamment bossé pour Amy Winehouse), un bassiste et un contrebassiste (NDR : c’est son frère et il se sert d’une contrebasse électrique, de plus petite taille que la conventionnelle). Sophistiquées, les compos mêlent pop, rock, world, électro et néo-soul. La voix de Laura est à la fois puissante et profonde. Elle n’hésite pas à plaisanter entre les morceaux. Elle invite le public à réagir qui régulièrement, frappe des mains en cadence. Car manifestement, il apprécie le spectacle…

Flanqué de ses Extraordinaires, Charles Bradley transpire la soul par tous les pores. Mais, ce soir il a divisé son set en deux actes. On aurait pu qualifier sa première partie de presque religieuse. Il demande d’ailleurs à l’auditoire si elle accepte de se rendre à l’église, en sa compagnie. En interlude, pendant que les musicos nous réservent deux titres instrumentaux, Charles change de costard. De retour, il se lance dans un show bien plus funky. Sensuel également. A la limite, obscène. Un peu dans l’esprit de James Brown. Encore que lors des morceaux les plus tendres, c’est à Marvin Gaye qu’on se met à penser. Un chouette concert pour tous les amateurs de r&b (*).

Le tempo a ensuite baissé d’un cran, en compagnie de Gregory Porter. Un musicien dont la voix de crooner (NDR : pensez à Frank Sinatra) est parfaitement soulignée par les ivoires. Sa musique baigne dans un mélange de soul, de blues, de gospel et de jazz. Il reprend le « What’s going on » de Marvin Gaye ainsi que le « Papa was a rolling stone » des Temptations, deux version particulièrement réussies. Bref, un concert qui a certainement séduit un large public, mais qui n’a guère été transcendant (*).

Il revenait à Damien Rice de clore la journée. L’Irlandais est seul sur le podium. Il se sert d’une sèche, d’un bandonéon et de pédales électroniques dont un looper. Le concert tient la route, mais il manque de punch. D’autant plus que l’artiste n’a pas le charisme d’un Luka Bloom. On retiendra surtout « 9 crimes » au cours duquel il déforme sa voix pour la rendre féminine et « It takes a lot to know a man » dont la structure monte en crescendo, son accompagnement virtuel reproduisant voix, clarinette, cloches, guitare électrique et acoustique. Manifestement le meilleur morceau du concert. Dommage qu’il n’ait pu bénéficier du concours d’un autre musicien pour l’épauler ; le résultat aurait sans aucun doute été bien plus convainquant… (*)

(Organisation : Cactus)

Merci à Nick Nijfels

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