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Cactus 2016 : vendredi 8 juillet

Écrit par Bernard Dagnies - vendredi, 08 juillet 2016
Image
Cactus
Minnewaterpark
Bruges
08-07-2016

Chouette, le temps est enfin de la partie pour assister à la 34ème édition du festival Cactus. Par contre, pour rejoindre Bruges, ce vendredi soir, c’est la galère. Près de Lichtervelde, on doit se taper une vingtaine de kilomètres de bouchons. Sur l’autoroute, une seule voie est accessible. Motif ? Des travaux. Or, c’est la ruée vers le littoral avant un week-end annoncé beau et chaud. Incompréhensible ! En outre, pour stationner au parking SNCB, il faut se taper un détour de plusieurs kilomètres. Ou alors se contenter de la rue adjacente à la gare, de l’autre côté des voies de chemin de fer. Soit à 20 minutes de marche du site. Conclusion, on débarque juste avant le set de Calexico.

En avril dernier, Calexico s’était produit à l’Aéronef de Lille. Gaby Moreno lui avait servi de tremplin, la chanteuse argentine participant ensuite au spectacle. Retour à un concert plus classique pour le septuor, au cours duquel on se rend compte que Zavala est de plus à plus à l’aise. Les trompettes que se réservent Jacob Valenzuela et Martin Wenk, apportent cette coloration mariachi à l’ensemble. Sergio, derrière ses claviers, inocule des tonalités bien cubaines à l’ensemble. Jon, aux drums, allie rituellement autant sobriété qu’efficacité. Et le timbre de Joey –qui porte une superbe chemise de cow-boy de couleur noire– est toujours aussi limpide. En plein air, les sonorités semblent davantage réverbérées. On a aussi l’impression que la trompette de Wenk est davantage mise en relief que celle de Jacob. Ce qui n’empêche pas l’ambiance de monter en crescendo. Bien sûr, les titres latino, sont les plus prisés. Et vous communiquent une irrésistible envie de remuer et même de danser. Le public devient de plus en plus chaud et puis, il fallait s’y attendre une invitée vient rejoindre Calexico, en fin de parcours, afin de participer à l’adaptation du « Soledad » de Los Galleros. Ce n’est pas Moreno, mais une certaine Sophie Bailey. Zavala fait à nouveau son show en invitant le public à reprendre de la voix les intonations de sa gratte. Le public est moins réactif que d’habitude, et Zavala n’insiste pas trop. Bref, on ne va pas raconter deux fois la même chose au sujet d’un concert, qu’on a tout simplement apprécié. Même s’il est demeuré plus conventionnel. D’ailleurs on est rarement déçu par un show de Calexico…

The Black Box Revelation jouit d’une énorme popularité au Nord du pays. Et l’engouement manifesté par la foule en est certainement la plus belle démonstration. Responsable d’un psyché/rock/blues particulièrement nerveux, directement inspiré par les White Stripes, TBBR est avant tout un duo qui réunit le drummer Dries Van Dijck et le chanteur/guitariste Jan Paternoster. En live, ils sont soutenus, suivant les circonstances, par une ou deux choristes. Qui ont du coffre, il faut le signaler. Et puis, par un claviériste qui siège derrière un Korg. Coiffé d’un chapeau, dans l’ombre, ce personnage semble entretenir le mystère…

Une toile a été tendue en arrière-plan. Y figurent le nom et l’emblème –deux yeux– du band. Tout au long du show, elle sera éclairée de spots aux couleurs différentes, pour mettre en exergue ce regard ténébreux. Peut-être celui de l’organiste…

Dès les premiers accords, la puissance du son souffle tout sur son passage. Jan triture ses pédales, libère des riffs incendiaires, grimpe régulièrement sur l’estrade réservée au batteur, pendant que celui-ci martèle ses fûts comme un malade. Les choristes apportent un feeling soul aux compos. Mais rien à faire, votre serviteur est littéralement assommé. Pourtant, le public est ravi et réserve une gigantesque ovation au combo. Qui va accorder un rappel au cours duquel il va se frotter à une version bien torchée du « Spoonful » de Willie Dixon (NDR : un classique repris notamment par Howlin’ Wolf). Et ma foi, il s’agit certainement du meilleur moment du set. Un peu trop linéaire, cependant, à mon goût.

C’est en 2007 que votre serviteur avait assisté, pour la première fois, à un concert de Wilco. Et il avait déjà été ravi par sa prestation. Une bonne raison pour vérifier le chemin parcouru, depuis, d’autant que son dernier elpee, « Star wars » est tout bonnement excellent.

En intro, les haut-parleurs diffusent « EKG », la plage instrumentale qui ouvre le dernier opus. Avant que le sextet ne monte sur l’estrade. Soit le chanteur/guitariste Jeff Tweedy (NDR : cheveux longs, chaussé de lunettes et coiffé d’un chapeau, il a pris de l’embonpoint mais est particulièrement souriant), le fidèle bassiste John Sirratt (NDR : il accompagne son leader depuis l’aventure Uncle Tupelo), le drummer/percussionniste Glenn Kotché, le claviériste Mikael Jorgensen, le claviériste/guitariste Pat Sansone et le guitariste (lead et pedal steel) Nels Cline.

Derrière le band, le light show est littéralement stellaire. Bref, dès le départ, on en a plein la vue. Le son est nickel. Les harmonies vocales sont impeccables. Et lorsque les trois guitares entrent dans la danse, on a la tête dans les étoiles. On pense tour à tour à T. Rex (« Random name generator »), aux Byrds (« Heavy metal drummer »), aux Beatles (« Hummingbird »), à Bowie circa « Ashes ot ashes » (« Handshake Drugs », « Kamera ») au Floyd (ce tempo réminiscent du célèbre « Echoes » imprimé tout au long de « Cold Slope »), à Santana (« Impossible Germany ») ou encore à REM (« Box full of letters »). Et si « Art of Altmont » est saupoudré d’un zeste d’électro, il ne prend jamais le pas sur l’instrumentation organique. Nels (NDR : considéré par le magazine Rolling Stone, par le 82ème meilleur guitariste de tous les temps, il avait accordé une interview à Musiczine, en 2007 – voir ici) est dans son trip. Ses pédales ne sont pas à ses pieds, mais sur un retour de scène. Il n’hésite pas à les triturer. Mais c’est sur sa six cordes qu’il étale tout son talent sur sa six cordes. Et même sur une gratte à deux manches, en fin de parcours. Il lui arrive même de donner une coloration jazzyfiante ou carrément noisy (Sonic Youth ?) a des morceaux pourtant carrément pop/rock. Mais c’est Jeff –dont la voix est savoureuse– qui trace la ligne de conduite en préservant le sens mélodique des chansons, tantôt en s’accompagnant d’une sèche électrifiée. Ou d’une guitare électrique. John et Pat Sansone soulignant régulièrement les compos de leurs harmonies vocales. Le summum du show sera atteint par « Spiders (Kidsmoke) », un long morceau chargé d’intensité électrique, dans l’esprit d’un Neil Young, au cours duquel le public va battre des mains en cadence. On ne voit pas l’heure passer, et au bout de 18 titres, Cline branche une autre de ses guitares, avant qu’on lui signifie qu’à 1 heure du matin, c’est l’extinction des feux et des lumières. Une finale qui s’achève un peu en queue de poisson (NDR : à l’instar de l’odeur désagréable qui a quelque peu balayé le site tout le week-end, à cause d’un bras de canal apparemment mal entretenu) pour un set tout bonnement époustouflant. Et le combo revient à l’AB ce 28 octobre…

Setlist : “More...”, “Random Name Generator”, “The Joke Explained”, “I Am Trying To Break Your Heart”, “Art of Almost”, “Pickled Ginger”, “Hummingbird”, “Handshake Drugs”, “Kamera”, “Cold Slope”, “Via Chicago”, “Spiders (Kidsmoke)”, “Jesus, etc.”, “Box Full of Letters”, “Heavy Metal Drummer”, “I'm The Man Who Loves You”, “Dawned On Me”, “Impossible Germany”.

(Organisation : Cactus)

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