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Cactus 2017 : samedi 8 juillet

Écrit par Bernard Dagnies - samedi, 08 juillet 2017
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Cactus
Minnewaterpark
Bruges
08-07-2017

Deuxième jour du festival Cactus. Et au sein de la programmation, on épinglera surtout les concerts de Steve Winwood et en finale, de Kaiser Chiefs. Pour ce dernier on se demande quand même de quelle nature sera son show, depuis que le principal compositeur et drummer, Nick Hodgson, a quitté la formation, en 2012…

Coely Mbueno est anversoise. Elle est surnommée la Beyoncé belge. Son hip hop est du goût du public. Elle reçoit le concours du rappeur Dutch Norris pour « Don’t care », incite la foule à frapper dans les mains lors d’un exercice de beatbox et transforme à sa sauce le « Could you bel loved » de Bob Marley…

Etabli à Los Angeles, Rhye est un projet réunissant le chanteur canadien Milosh (NDR : qui joue aussi parfois de la six cordes ou frappe sur un tambour) et le multi-instrumentiste danois Robin Hannibal. Sur les planches, outre le leader, on remarque la présence d’un violoniste, d’une préposée à la double basse (NDR : instrument qui sert à la fois de contrebasse et de violoncelle), ainsi que d’un batteur, un claviériste et un gratteur. Michael chante d’une voix haut perchée des compos dont les textes sont empreints de sensualité, voire à connotation sexuelle, et qui mêlent r&b, jazz, néo-classique et électronica. Mais surprise, on a beau chercher, où donc se cache Robin Hannibal ? Soit il est absent, soit il a complètement changé de look. Pas de trace, en tout cas, d’un musicien aux cheveux longs qui touche à des tas d’instruments, comme la guitare, le violon ou le cor. Pas grave, le public semble complètement indifférent à cette prestation. Et pourtant, le groupe essaie, vaille que vaille, de le sortir de sa torpeur, probablement causée par le soleil de midi. Sans succès. M’enfin, un tel show serait bien plus adapté en salle ; ténébreuse et voluptueuse, la musique de ce combo exigeant, sans doute, une ambiance davantage intimiste…

La transition a donc été brutale, en compagnie de Millionaire. A sa tête, on retrouve Tim Vanhamel, qui a notamment milité chez Evil Superstars et dEUS, mais aussi reçu le concours de Josh Homme (le leader de Eagles of Death Metal), lors des sessions d’enregistrement de son second elpee, « Paradisiac ». Tim monte sur l’estrade en exhibant un cactus… dans un pot, quand même. Il le pose sur les planches et se prosterne devant lui. Enfin, il empoigne une sorte de ‘cigar box’ et se lance dans un long solo. A l’issue du premier morceau, il crie ‘hello’ et on lui apporte une guitare plus conventionnelle, alors que son backing group le rejoint. Soit un bassiste, un drummer et deux autres gratteurs, dont l’un d’eux se consacre circonstanciellement aux claviers. Et le set de se révéler particulièrement électrique. Vu la manière de trafiquer sa voix ainsi que le nombreux breaks dans les compos, on ne peut s’empêcher de penser à Jon Spencer & The Blues Explosion (« I'm Not Who You Think You Are », « Sciensing »). L’interaction entre les différents gratteurs est remarquable. Le set nous réserve cependant encore une compo mid tempo mélodieuse, romantique, interprétée dans l’esprit de The Veils, un tordu « I’m on high », qui pourrait figurer au répertoire de Triggerfinger, et s’achève par « Champagne », un stoner d’excellente facture, qui met un terme à un set qui l’a été tout autant…

Le vétéran de service pour l’édition 2017 du Cactus sera Steve Winwood , une légende vivante qui a joué, notamment, en compagnie de Jimi Hendrix, Klaus Shulze et des tas de bluesmen (NDR : dont B.B. King, Bo Diddley, Chuck Berry, Eddie Boyd, Howlin' Wolf, John Lee Hooker, Muddy Waters, Otis Spann, Sonny Boy Williamson II et T-Bone Walker), sévi chez le Spencer Davis Group et Traffic, sans oublier fondé le super groupe Blind Faith, en compagnie d’Eric Clapton et de Ginger Baker. Et il n’a jamais cessé de bosser comme musicien de studio. Le nombre de long playings auxquels il a participé, est vraiment impressionnant ! Il fêtera ses 70 balais l’an prochain, et manifestement il respire la forme. Il a emporté son orgue Hammond et lorsqu’il cède sa place au multi-instrumentiste (percus, saxophone ténor ou alto, flûte, etc.) c’est pour jouer de la guitare. Et franchement, vu son toucher de cordes, on se rend compte qu’il a côtoyé Clapton. Outre son relais, il est soutenu par un percussionniste, installé au milieu de l’estrade, un guitariste (NDR : qui porte un drôle de chapeau) et dont le manche de gratte est sectionné, un drummer (NDR : placé à droite, il se sert d’un matos bien achalandé) et un bassiste. La présence d’un percussionniste et d’un drummer va communiquer une coloration latino à la majeure partie du répertoire. Parfois, le spectre de Santana se met même à planer. Très caractéristique, la voix de Steve est intacte. Et le personnage reste humble. Il fait son job. La prestation s’ouvre par la cover du « I’m a man » de Bo Diddley, une compo que le Chicago Transit Authority avait magnifiée en 1969 ! La set list va nous réserver des classiques pour la plupart délicieusement rognés par les claviers, mais aussi des standards au cours desquels il se réserve la six cordes, comme sur « Can’t find my way home  », qu’il interprète remarquablement en picking ou le blues/rock imparable « Had to cry ». Il n’en n’oublie, bien sûr, pas l’éternel « Gimme some lovin’ ». Bref, un chouette moment, même si on aurait aimé savourer davantage de titres issus du répertoire de Blind Faith et de Traffic. L’ovation est méritée, et c’est bras dessus, bras dessous, que le quintet salue la foule.

Jamie Lidell est un chanteur britannique de néo soul. Son influence majeure, c’est Stevie Wonder. Et pourtant, ce soir, il est soutenu par un group de rock. « Multiply » ouvre les hostilités, un titre qui a servi de générique à la série télévisée, ‘Grey's Anatomy’. L’artiste se produisait la veille dans le cadre du North Sea Jazz Festival, et il faut croire que l’air de la mer du Nord lui fait le plus grand bien, car il a accordé un set particulièrement solide, comme le souligne si bien sa chanson, « A little bit of feel good »…

Il revenait donc à Kaiser Chiefs de clôturer la soirée du samedi. Et la formation va se fendre d’un excellent show, en passant quasi-exclusivement ses tubes en revue. Depuis « Everyday I love you less and less » à « Coming home », sans doute le titre le plus probant composé par le band, au cours des 5 dernières années, en passant par « Ruffians on parade » (woohoo !), au cours duquel Wilson est monté sur les drums, « Na na na na na », « Modern way », « Ruby », la cover du « Ever fallen in love » des Buzzcocks, « Never miss a beat », « Angry mob », au cours duquel Wilson va inviter la foule à reprendre le refrain en chœur, et sans doute la meilleure chanson jamais écrite par la formation insulaire, « I predict a riot »...

(Organisation : Cactus)

Voir aussi notre section photos ici

(Merci à Nick)





 
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