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Couleur Café 2015 : dimanche 5 juillet

Écrit par Didier Deroissart - samedi, 04 juillet 2015
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Couleur Café
Tour & Taxis
Bruxelles
05-07-2015

C’est déjà le troisième et dernier jour de Couleur Café. Il fait moins chaud. Un petit crachin va même rafraîchir le site en milieu de soirée. Ce dimanche, le festival accueillera 23 600 âmes. Soit un total de 68 300 pour les trois jours. En 2013, on en avait dénombré 82 000. Net recul ! Une vingtaine d'artistes vont se partager 4 podiums. Dont une majorité se consacrent aux musiques urbaines.

Arrivé vers 18h10 sur le site Tour & Taxis, je me dirige vers l’'Univers' où se produit Martin Mussart, aka Naâman. Né à Dieppe, en 1990, ce Normand pratique un reggae blanc teinté de roots rocker, de raggamuffin et de hip hop. Il a accordé plus de 130 concerts en France, Suisse, Espagne, Royaume-Uni, Canada, Chine et Jamaïque. Ses vidéos font le buzz sur la toile et tout particulièrement « Skanking Shoes » ainsi que « Never Get Back ». Elles y comptabilisent plus de 10 millions de vues sur YouTube. A ce jour, il a publié 3 long playings et un Ep. Paru en 2013, « Deep Rockers, Back A Yard » a été est consacré meilleur album de ‘French Touch’, et s’est écoulé à 10 000 exemplaires. Il a été enregistré en Jamaïque sous la houlette de Sly Dunbar, Axeman et Dalton Browne. Après avoir gravé « From The Deep To The Rock » en 2014, son quatrième, « Know Yourself », devrait paraître en automne. Soutenu par un bassiste, un drummer et un Dj, Naâman se multiplie sur les planches. Il court à gauche, à droite, devant et derrière. Il provoque les premiers rangs qui réagissent au quart de tour. Mais il est l’heure de rejoindre le Titan…

Car Milky Chance, un duo allemand réunissant le chanteur/guitariste Clemens Rehbein et le Dj Philipp Dausch y sont programmés. Leur cocktail de pop, d’indie folk, de reggae et d’électro a engendré un hit, « Stolen Dance ». Leur premier elpee, « Sadnecessary » est paru en mai 2014. Malheureusement, le son est médiocre. Les infra-basses sont bien trop envahissantes. Je préfère donc m’éclipser…

Sergent Garcia et Oddisee ne m'inspirent pas davantage. J'attends donc la prestation de Groundation prévue sur le 'Titan'. Responsable d’un reggae infusé de dub et de jazz, Groundation est né en 1988. Son fondateur est le chanteur/guitariste Harrisson Stafford. Chaussé de lunettes, il porte une barbe imposante. Sa voix réverbère des accents jamaïcains. Et pourtant, il est bien américain. Californien, très exactement. Sur l’estrade, il est soutenu par Marcus Urani (synthés, piano, mélodica), Ryan Numan (basse) Te Kanawa Haereiti, aka Rufus (drums), Mingo Lewis Junior (percussions) et un duo de cuivres. Soit le trompettiste David Chachere et le tromboniste Nicholas Daniel Wlodarczyk. Sans oublier Kim Pommell et Stephanie Wallace aux chœurs. Et elles ont du coffre ! La troupe s’était produite en 2009, sur la même scène. Y accordant un chouette set. Puis, il y a quelque mois à l’AB. Le concert m’avait beaucoup moins plu, la formation s’évertuant à tirer ses morceaux en longueur. Et celui de ce soir souffre de la même maladie. Au fil du show, inévitablement, l’ennui commence à me gagner. Bonne excuse, pour me défiler, un interview de Jupiter And Okwess International est prévue. Ce qui cependant me privera du concert de Joe Bada$$.

Retour pour Cypress Hill qui investit le 'Titan'. Ces quatre monstres du rap américain sont attendus de pied ferme. Après 30 années de carrière, il faut avouer qu’ils on un fameux pedigree. « Insane The Brain », « How I Could Just Kill A Man » et « Lowrider » constituent certainement trois de leurs plus gros tubes. Ils seront interprétés ce soir. B-Real, Sen Dog, Eric Bobo et DJ Muggs forment un quatuor d'enfer. Les trois MC's viennent chacun leur tour, taquiner les premiers rangs. La sauce prend et le public réagit. 60 minutes de set. Qui a certainement dû plaire aux aficionados. Mais perso, j’estime qu’il était un peu lourd. Le hip hop et le rap me bottent, quand ils sont administrés à doses homéopathiques. Mais lorsqu’on sort l’artillerie lourde, comme lors de cette édition 2015, Didier se met à l’abri…

Le 'Move' accueille Jupiter And The Okwess International. C’est le projet de Jupiter Bokondji, un bonhomme, ma foi, bien sympathique. C'est le fils d'un diplomate de la République Démocratique du Congo qui a vécu une dizaine d'années en Allemagne de l'Est, soit de 1970 à 1980. Période au cours de laquelle il a assimilé le rock issu du Vieux Continent. Mais un jour, il décide de retrouver ses véritables racines africaines. De repartir à zéro. Et vit dans la rue, à Kinshasa. Il forge son expérience en se produisant lors des obsèques et acquiert une solide réputation de musicien. Il monte un premier groupe, Bongo Folk, en 1983. Il se démarque de la rumba congolaise et s’intéresse davantage aux rythmes des différentes ethnies du Congo (NDR : il en existe plus de 450 !) En 1990, il fonde Okwess International. Révélée en 2006, par le documentaire « La danse de Jupiter », réalisé par Renaud Barret et Florent de La Tullaye, puis par Damon Albarn et son projet Africa Express, la bande du ‘Général Rebelle’ (NDR : comme le baptise les jeunes de Kin), grave son premier opus, « Hotel Univers », en 2012. Un vrai petit laboratoire tout au long duquel il parvient à agréger savamment soul des années 70 et funk sur des les rythmes endiablés de la RDC.

Jupiter est invité la même année, à participer aux sessions d’enregistrement de « Kinshasa One Two » du DRC Music, par Albarn, un collectif qui réunit une belle brochette de musiciens et de producteurs. Jupiter a assuré le supporting act de Blur à Paris et à Londres. Il revient tout droit du festival Roskilde au Danemark, là où le chanteur de Blur s'est fait éjecter par la sécurité, après 5 heures de concert. Jupiter prépare un second opus, pour lequel il bénéficiera de nouveau du concours de Damon. Lors de l’interview accordée à Musiczine, Jupiter a avoué qu’en Europe, il était accompagné de 5 musiciens sur les planches, et qu’au Congo, il y en a au moins 20 ! Pas facile de gérer tout ce monde en tournée.

Les artistes montent sur l’estrade. Jupiter est vêtu d'un long manteau bleu flashy et coiffé d’un chapeau mou de couleur noire, un peu semblable à celui de Charlie Winston. Il s’installe devant les deux préposés aux congas. Il se réserve également le chant. Le drummer assure les backing vocaux. Deux gratteurs campent à gauche et à droite de l’estrade. C’est également du côté de ce dernier, mais en retrait que le bassiste se plante. A l'arrière, le batteur/percussionniste est masqué. Enfin, Couleur Café fait honneur à ses racines et propose de la véritable musique world. Un coup d’œil dans le dos pour constater que la foule a envahi la plaine. Les musicos sont avant tout d’excellents danseurs qui prennent leur pied sur les planches. Leur bonne humeur est communicative. Conquis, le public remue du popotin. Même que près du podium, ça jumpe grave…

A l’instar de leurs compatriotes Congotronics, Konono N°1, Kasai Allstars ou Staff Benda Bilili, Jupiter and The Okwess International parvient à fusionner des tas de styles tout en conservant l’esprit local. Le rock et les rythmes africains y font d’ailleurs bon ménage. Et le résultat ne peut laisser indifférent. Il est même parfois empreint de magie (NDLR : noire ?) Les compos sont chantées en dialecte congolais, et ma foi, cet idiome est agréable à l’oreille. Dans la set list, figure une compo coécrite par Jupiter, Nelly Eliya et Damon Albarn : « Hello ». Que du bonheur !

(Organisation : Couleur Café)

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