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Couleur Café 2015 : samedi 4 juillet

Écrit par Didier Deroissart - vendredi, 03 juillet 2015
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Couleur Café
Tour & Taxis
Bruxelles
04-07-2015

Le deuxième jour de Couleur Café va se dérouler sous un soleil de plomb. Heureusement, les organisateurs ont prévu des zones de rafraîchissement, dont des brumisateurs, et installé des robinets pour la distribution gratuite d’eau. Aujourd’hui, 21 200 spectateurs vont se rendre sur le site de Tour & Taxis. Plus de 20 groupes sont à l’affiche. Compte-rendu.

En débarquant vers 16h30, je me dirige vers la 'Move' pour vivre la rencontre entre Fùgù Mango et Binti. Depuis les dernières Nuits Botanique, ils ne se quittent plus. Il faut dire que le mélange est étonnant. Fùgù Mango, placé à gauche de la scène, réunit la fratrie Vincent et Jean-Yves Lontie des Bikinians, Anne Fidalgo de OK Cowboy ainsi que le batteur/percussionniste Franck Baya que l’on compare souvent au guitariste Laurent Steelemans. Parce qu’il est impliqué dans tous les bons projets. En ligne sur la droite : Binti, 6 jolies gonzesses aux vocaux (Hadiel, Yasmin, Amina, Rana, Sherien et Fedia). D'origine égyptienne, le mot ‘Binti’ se traduit par 'ma fille'.

Fùgù Mango pratique une pop sucrée, enrichie de rythmes afros, teintée d'indie rock et dynamisée par des accents funk. Il y a déjà quelques mois que le groupe a publié son premier elpee, « JùJù », disque qu’il est parti défendre en tournée dans les salles et lors des festivals. Le set s’ouvre par « Floréa », extrait de cet LP, une compo savoureuse déjà stimulée par les  percus tribales. La conjugaison opérée entre les voix de la bande à Franck et les 6 choristes est jouissive. Plus afro, mais sous un format électro, « Kylie's Dream » lorgne vers Tom Tom Club. Le team revisite ensuite le « Golden Brown » des Stranglers. Les claviers sont ravageurs, les harmonies vocales riches, limpides, et les percus tranchantes. Déconcertant ! Et l’auditoire apprécie leur version. « Walk On By » est une véritable tuerie. Derrière ses toms, Franck se déchaîne. Une nouveau titre : « Back in Balance ». Il est particulièrement soul. Bindi en profite pour tirer son épingle du jeu. Tout comme pour « No Silver Bullet » (« JùJù »), un morceau plus paisible. Une perle qui mériterait une adaptation a capella. Ou encore « Full Desire », une autre nouvelle compo. « Bambee » nous replonge en Afrique centrale. Le set épingle également quelques titres plus dansants, « Around », « Mango Chicks » et « Birthday Beast », au cours duquel Bindi prend le concert en voix (et pas en mains). L'association est vraiment réussie. Et si vous n’avez jamais eu le loisir d’assister à un spectacle accordé conjointement par Fùgù Mango et Bindi, sachez qu’ils se produiront le 17 juillet à Dour, le 17 septembre à la Ferme du Biéreau de LLN et le 26 du même mois, au Salon de Silly.

Direction 'Titan' pour assister au show de La Chiva Gantiva. Des abonnés au festival. Le combo a pris de la bouteille et compte à ce jour deux chouettes elpees, « Paléo » et « Vivo », parus chez Crammed Discs. D’origine colombienne, il vit à Bruxelles. Et est apprécié autant en Amérique du Sud qu’en Belgique. Festive, sa musique est classiquement balisée par un trio basse/batterie/guitare, mais elle est enrichie de cuivres fiévreux, pétulants, et fouettée par des percussions davantage sud-américaines qu'africaines. Rafael Espinel est le chanteur de la troupe. Un personnage charismatique qui la drive de main de maître tout en incitant la foule à danser ou à frapper dans les mains. Il n’hésite pas à la haranguer et elle répond au quart de tour. Bref, il va parvenir à foutre un joyeux bordel dans l’auditoire qui remue, pendant que la température grimpe de quelques degrés. Franchement, en concert, La Chiva Gantiva, c’est le pied !

Quelques minutes du set d'Israël Vibration, quand même. Vu son nom, vous vous doutez bien qu’il émarge au reggae. Et même au ragga. Les papys ont été arrachés de leur retraite dorée à Kingston. Quoique un peu fatigués, ces vétérans sont toujours aussi impressionnants. N’est-ce point dans les vieilles casseroles qu’on fait la meilleure soupe ? Et le potage est exquis : good vibrations, ganga et sueur, mais sous une chaleur étouffante.

Manifestement, la programmation musicale du Couleur Café privilégie de plus en plus les musiques urbaines : rap, hip hop, reggae et ragga. En légère perte de vitesse, il se cherche un public plus jeune. Mais en délaissant un peu trop, à mon goût, les musiques du monde, qui constituent quand même les racines du festival.

Sous la 'Move', le public est venu vivre une géante 'Mousse Party'. Aussi c’est en mode ‘fish stick’ que votre serviteur se faufile. La mousse est propagée par 4 énormes machines, pendant que sur le podium, un dj balance des sonorités house, électro et dubstep. Le spectacle est divertissant. Les festivaliers débordent d’enthousiasme pour se trémousser dans ce bain d’écume. Les présentateurs de Pure FM sont même de la partie.

L’'Univers' accueille Starflam, un collectif que le peuple attend impatiemment. Un quatuor liégeois réunissant quatre MC's et un Dj. Il y a même un monde fou à l’extérieur du chapiteau. La température va donc y monter en flèche. Il vient de faire un carton à l'Ancienne Belgique. Et est venu défendre son nouvel opus, « A L'Ancienne ». Son 14ème ! Ce qui ne va pas empêcher le crew de balancer judicieusement quelques standards. Métronomique, intense, le show va se révéler d’une rare efficacité. Et va carrément mettre la foule sur les genoux. Akro : ‘Big Up, Man et respect!’

Sur le 'Titan', on attend la nouvelle sensation du rap hexagonal, 1995, un collectif parisien réunissant Alpha Wann (Emcee), Areno Jaz (Emcee/Grapheur), Fonky Flav' (Emcee/Beatmaker), Lo' (DJ/Beatmaker), Nek le Fennek (Emcee) et Sneazzy (Emcee). Donc 5 Mc's pour baliser les planches dans tous les sens, et un Dj pour mener le bal à l’aide de scratches originaux. En début de parcours, un tee-shirt est brûlé et lancé au sein des premiers rangs. Le show peut commencer. Bien torchés, les textes véhiculent des thèmes de révolte. Les Mc’s provoquent la foule qui est manifestement réceptive…

Retour vers l’'Univers' pour le concert de Modestep Live, un quatuor insulaire formé en 2010, par les frères Josh et Tony Friend, ainsi que Pat Lundy et Kyle Deek. Des Londoniens responsable d’un dubstep teinté de rock. Et surtout novateur. Des influences majeures ? Prodigy et Skryllex. A leur actif, deux albums « Evolution Théory » et « London Road ».

L’intro est symphonique et embraie par « Damien », extrait de « London Road ». Un titre d’électro/dubstep. Les morceaux peuvent parfois devenir planants, avant de partir dans tous les sens. A l’instar de « Sing », une nouvelle compo. « Rainbow » s’ébroue dans le ragga, avant de virer au sein d’un délire dubstep, pourtant bien maîtrisé. Le public commence à s'agiter et sur les planches, les musicos se démènent pour dynamiter leur show. L’interaction entre le band et la foule est totale. Une foule particulièrement bouillante. D’ailleurs les jumps et les hand's up se multiplient. Une très chouette découverte !

Busta Rhymes a investi le 'Titan'. Son dernier passage en Belgique remonte à 2010. Capricieux, l'artiste ne souhaite ni photographe, ni journaliste en front stage. Il se sent sans doute investi d’une mission. Laquelle ? Difficile à dire. Il ne le sait peut-être pas lui-même. Un son médiocre et une prestation ringarde ne justifient certainement le droit de se pousser ainsi du col. Il peut retourner aux States, sans problème. Il n’avait pas sa place au Couleur Café…

C’est sur la petite scène 'Dance Club' qu’est programmée Glù, une formation bruxelloise qui déchire et attise les passions. Votre serviteur l’avait découverte au Bota, dans le cadre du Propulse. Un quatuor signé chez Naff-Rekordz, un label dynamique créé par les sympathiques Herbert Celis et Alex Davidson, et sur lequel on retrouve Frown-I-Brown, Wild Boar & Bull Brass Band, UTZ ainsi que Jawhar. Le line up implique le drummer Alex Rodenbourg, le bassiste Dorian Palos, le claviériste (Fender Rhodes Korg.MS 20) Martin Daniel et le préposé aux machines, François Gaspard. Pour quelques titres, ils vont recevoir le concours d’un Mc qui ne manque pas de coffre, Deco Comprehension.

La coloration de leur expression sonore est essentiellement électro. Pas basique, mais bien structurée, elle intègre drum&bass, dubstep, breakcore et hip hop. A leur actif, un single et un Ep. La foule est plutôt compacte pour assister à ce set. Il est nécessaire de se faufiler en douceur si on veut approcher de l’estrade. On se croirait à un concert d'AC/DC. Des images assez suggestives sont projetées sur un écran derrière le drummer. « Coton Twat » amorce le spectacle. Deco débarque sur le podium et se place derrière son micro pour attaquer « Vanilla », un mix entre hip-hop et trance, bien dans l'air du temps. Impeccable ! « Hunter » et « Psycho » baignent dans l’électro/psyché. Le tempo est endiablé. Le public danse. Le préposé derrière la console est balaise, car le son est cristallin. Une grosse claque de 60 bonnes minutes ! Et conquis, l’auditoire a réagi en conséquence…

Après ce set époustouflant, je décide de déambuler au sein des allées du souk, en attendant le feu d'artifice. Terminé, je me place le plus près possible du podium 'Titan', pour assister au concert de Caravan Palace. Pour ce deuxième jour du festival, il s’agit de la tête d’affiche. En 2013, la formation avait fait un tabac ici même. C’est aussi à cette époque que je l’avais découverte. Le combo a publié deux elpees à ce jour, un éponyme et « Panic ». La sortie du troisième, « </°_°/> », est prévue pour octobre. Leur single « Comics » est déjà sur la toile. Et puis le band se produira au Cirque Royal le 28/11/2015.

Le collectif réunit Arnaud Vial (guitare, programmation, synthétiseur), Charles Delaporte (contrebasse, synthétiseur, programmation), Hugues Payen (violon, programmation, scat, synthétiseur, chant), Antoine Toustou (machines, synthétiseur, trombone, chant), Camille Chapellière (clarinette), Paul-Marie Barbier (vibraphone, percussions). Tous participent aux chœurs. Et bien sûr, Zoé Colotis au chant, à la danse et à la chorégraphie.

Zoe est une véritable bête de scène. Elle déclare : ‘Bruxelles, nous sommes là. Faites attention à vos lacets de chaussures!’ Elle va quitter 5 fois la scène pour changer de toilette. Le plus rapidement possible. Deux de ses comparses se chargeant de maintenir en haleine l’auditoire. Voluptueux, le spectacle semble séduire particulièrement les ados, car les spectateurs des premiers rangs se déhanchent allègrement. Votre serviteur est également emporté par cette frénésie qui vous incite à remuer le popotin et les guiboles. Ce mélange déjanté entre électro swing et manouche, fait littéralement mouche. Pas de setlist, qui épingle quand même « Suzy », « Je m'amuse », « Queens », « Star Scat », « Clash », « Brotherswing », « Jolie Coquine » et quelques nouveaux titres dont « Comics » qui nous a mis un fameux boxon. Après avoir écumé les States, Caravan Palace était de retour ; et franchement, j’ai vécu l’apothéose du festival avant la lettre. L’extase ! Il est une heure du matin, je quitte les lieux. A demain, pour le dernier jour…

(Organisation : Couleur Café)

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