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Couleur Café 2015 : vendredi 3 juillet

Écrit par Didier Deroissart - jeudi, 02 juillet 2015
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Couleur Café
Tour & Taxis
Bruxelles
03-07-2015

Couleur Café est un des événements incontournables du début de l'été. Suite aux modifications de dates apportées au RockWerchter, l’événement a dû être reporté au premier week-end de juillet. Ce qui n’est pas plus mal, car les examens des étudiants sont alors terminés. Et permet à ce festival familial, multiculturel et métissé, d’attirer davantage de monde. Avant d’arriver dans la capitale, les travaux et les bouchons sont légion. Je stationne près du Botanique et j’emprunte le métro pour atteindre le site. Passage obligé au guichet pour obtenir le précieux sésame et être contraint à l’inévitable fouille. C’est la douzième fois que votre serviteur participe à Couleur Café, dont il s’agit déjà de la vingt-sixième édition.

Direction Scène 'Univers' où Tarrus Riley achève son set. Il est né en 1979, dans le Bronx new-yorkais, mais a passé sa jeunesse en Jamaïque. Membre du mouvement Rastafari, c’est le fils de Jimmy Riley. Tarrus est venu défendre son dernier elpee, « Love Situation », paru en 2014. Cet album est décrit comme ‘un véritable hommage à l'aire du rocksteady’ et implique une volée de guests, dont U-Roy, Big Youth, Konshens et Mr Cheeks. Mais ce sont deux standards de son répertoire, « She's Royal » et « Good Girl Gone Bed », qui ont forgé sa notoriété. Sur les planches, il est soutenu par son compatriote, le saxophoniste Dean Graser (NDR : un vieux routard) ainsi que la belle Américano-jamaïquaine Alaine, au chant. Mais surtout par son backing group, le Blak Soil Band. Tarrus pratique un reggae contemporain. Pas question de revivalisme dans son expression sonore. C’est ce que j’ai pu remarquer lors des trois titres auxquels j’ai pu assister.

La température est caniculaire sous le chapiteau. Heureusement, les organisateurs ont installé des brumisateurs pour rafraîchir les festivaliers. Et cette initiative est particulièrement judicieuse.  

Un petit crochet par la grande scène pour applaudir Gentleman and The Evolution. Il s’agit du projet de Otto Tillman, un chanteur allemand qui propose du reggae/roots/dancehall. Pas courant ! Et pas mal du tout.

Néanmoins, mon objectif est de rejoindre la scène ‘Move’, où deux petits jeunes bien sympathiques vont fouler les planches. Deux rappeurs, âgés respectivement de 22 et 18 ans. Il y a déjà pas mal de monde devant l’estrade. Il est 19 heures et la chaleur est lourde. Manque plus que l’huile pour cuire les sardines. Heureusement, les brumisateurs exhalent un liquide plus rafraîchissant. Mais le set du duo va encore faire monter la température de quelques degrés. Comme lors des derniers Francos, ils vous foutre un joyeux bordel.

Ce sont deux frangins. Bigflo et Oli. Des Toulousains qui ont fréquenté le Conservatoire. L'un a appris à  jouer de la trompette et l'autre la batterie. Leur Ep, « Le Trac », était paru en 2014, suivi par un premier elpee, intitulé « La Cour Des Grands », en mai 2015. Un disque encensé par la critique. Et sur lequel figure un hit, « Monsieur Tout Le Monde », qui est parvenu à passer le cap des 2 millions de vues sur la toile. Et ce n’est qu’un début. Leur rap old school lorgne vers IAM. Bien torchés, leurs textes sont enrichis de rimes bien pointues.

Ce soir, ils sont quand même épaulés par deux collaborateurs. Un violoncelliste, qui s’installe à gauche, et un préposé aux platines placé sur une immense estrade. Les deux frères vont mettre le feu en balançant un rap d’excellente facture. Faut dire que les vannes pleuvent littéralement (NDR : vu la canicule !) Et elles sont percutantes…

Cap vers le 'Titan' pour le concert d'Arsenal. Le duo d'enfer John Rohan/Hendrik Willemyns a fêté dignement ses 15 années d'existence à l'Ancienne Belgique, en alignant 6 concerts sold out. Et ils sont partis sur la route des festivals. Le chanteur/guitariste John ainsi que le préposé aux machines et aux synthés constituent l’assise du band. La charismatique Léonie Gysel est derrière le micro, soutenue par Charlotte Adigéry aux choeurs. Le très efficace percussionniste David Donnat (Suarez) se plante à l'extrême gauche, et juste devant lui, le second gratteur, Bruno Fevery. La section rythmique est postée à l’extrême droite. Dirk Loots se charge des fûts, et devant lui, Mirko Banovic (Arno) à la basse.

Une toile tendue représentant une forêt sert de décor de fond de scène. Un décor simple et dépouillé. Le light show est également plus sobre que d'habitude. Lydmor est invitée à seconder John au chant pour un titre. Le set est plus classique, mais toujours aussi intense en émotion. Et puis, Arsenal en concert, c'est la danse, la fête à la musique et ça bouge dans tous les sens. Malgré la chaleur torride, John va faire monter la pression, bien épaulé par Léonie qui –et c’est une règle–se déhanche toujours aussi sensuellement. Pas question d'avoir les mains dans les poches. Elle en fait d’ailleurs la remarque à l’auditoire. Nous visitons les différents continents de notre planète. Depuis l'Afrique (les percus et les textes en dialecte local) à l’Amérique du Sud (le Brésil pour ses rythmes endiablés), en passant par l’Asie (Inde, Chine, Japon) et l’Europe (la Scandinavie). Un voyage que reflète les cinq elpees d’Arsenal : « Oyebo Soul », « Outsides », « Lotuk », « Lokemo » et « Furu ». Arsenal est avant tout un groupe de scène et il l'a encore démontré ce soir.

Le podium Univers accueille le leader des Fugees, Wyclef Jean. Son groupe a vendu près de 30 millions d'albums à travers le monde. Bénéficiant d’une section rythmique basse/batterie particulièrement solide, il aligne des tubes qui ont marqué les nineties dont le « Ready Or Not » des Fugees, mais également toute une série de covers ; et tout particulièrement le « Killing Me Softly » de Roberta Flack, le sublime « Guantanamera» de Pete Seeger, le « Knockin' On Heaven's Door » de Dylan ainsi que deux signées Bob Marley, « No Woman, No Cry » et « Redemption Song ». Sans oublier l’hommage à Michael Jackson, « I Want You Back ».

Il est cependant temps de mettre le cap sur le podium Move, afin de découvrir la phénomène israélienne, Ester Rada. On en dit tellement de bien, qu’il serait dommage de manquer sa prestation. Ses racines sont éthiopiennes. Sa musique pourrait être décrite comme de l’éthio/jazz teinté de soul, de funk et de R&B. Elle possède une voix sublime et modulable. Aussi bien vers les graves que les aigus. A l’instar de Mary J Blige, même si cette voix me fait penser tour à tour à Aretha Franklin, Lauryn Hill, Nneka, Ayo ou surtout Sharon Jones. Dès le début du set, on a compris que quelque chose va se passer. La foule se presse aux premiers rangs, et il doit y avoir au moins 3 000 personnes pour assister à ce concert. Au cours duquel Ester va nous proposer les morceaux de son premier elpee. Et il est éponyme. Elle est soutenue par son backing group : le bassiste Michael Guy, les guitariste Ben Haze, le claviériste Lior Romano et le drummer Dan Mayo. Sans oublier une section de cuivres réunissant le tromboniste Maayon Milo, le saxophoniste Gal Dahan et le trompettiste Inon Peretz. Et tout ce beau monde va se mettre au service de la voix d’Ester. Séduit, l’auditoire boit littéralement les paroles de la nouvelle diva. Outre la musique qui vous transporte dans une autre dimension, on n’entend pas une mouche voler, tellement l’assemblée est réceptive. Mon coup de cœur pour cette édition 2015 de Couleur Café, un peu comme l’an dernier je l’avais attribué à Laura Mvoula, et dans le passé à Ayo et Nneka.

Tentative d’approche vers la scène principale où se produit le Wu-Tang Clan. Du line up originel –composé de 9 membres– il ne reste plus que GZA, Inspectah Deck et Ghostface Killah. Une grosse arnaque donc pour les fans. Mot d'ordre avant le concert : pas de photographe et personne en frontstage. Des petits caprices de stars, on en rencontre encore aujourd’hui. Simplement, faudrait alors qu’elles se montrent à la hauteur. Les infra-basses sont tellement pénibles et le son médiocre, que je préfère fuir le massacre. Ah oui, le collectif a enregistré un nouvel LP en évitant de se croiser dans les studios d'enregistrement. Faut dire que rien qu’en observant le gros aux bras tatoués qui harangue la foule, on n’a pas trop envie de les côtoyer…  

Je me rends donc au 'Palais Du Bien Manger' qui usurpe aujourd’hui son nom. Il fait chaud et peu de mets me tentent. En outre, au vu du contenu de l’assiette, les prix sont exorbitants. Je prends un risque et commande un plat argentin à 9€… La viande est à peine cuite (NDLR : du cheval ?) A quoi sert l'AFSCA ? A détruire les producteurs locaux au bénéfice de multinationales qui vous proposent des aliments pas cuits, ni frais et dont l’hygiène laisse scandaleusement à désirer. Dans ces conditions, je préfère manger des tartines… C’est mon coup de gueule !  

Direction la scène 'Univers' pour un petit dj set électro dispensé par Kavinsky. Malgré le copieux arrosage opéré sur le public, la chaleur est de plus en plus insupportable. Elle est même devenue tropicale, vous empêchant de respirer. Je préfère en rester là et rentre au bercail. 23 000 festivaliers pour le premier jour, c'est moins que les années précédentes. Faut dire que hormis Big Flo et Oli, Arsenal, Wyclef Jean, Tarrus Riley et surtout Ester Rada, l’affiche n’était guère alléchante. A demain !

(Organisation: Couleur Café)

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