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Durbuy Rock 2015 : samedi 11 avril

Écrit par Pierre Vangilbergen - vendredi, 10 avril 2015
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Durbuy Rock
Bomal-sur-Ourthe
11-04-2015

Après quelques heures de repos salvatrices, en route pour cette seconde partie du festival. Et vu l’affiche prévue, mieux vaut être en forme. Le gros avantage de disposer d’une place VIP est de pouvoir stationner son véhicule à proximité du site, mais aussi avoir accès à un espace plus privé, doté d’un bar, de tables et de chaises, mais totalement coupé des deux scènes. L’intérêt est dès lors plus limité… Placée essentiellement sous les auspices du Hardcore, cette journée devrait réserver son lot de surprises. Certains groupes sont réputés pour mettre l’ambiance, d’autres sont plus incertains quant à leur place lors d’un tel événement, particulièrement en ce qui concerne la tête d’affiche. Choisi comme headliner, Skip the Use a laissé pas mal de festivaliers perplexes sur les réseaux sociaux. A voir si les Français du Nord-Pas-de-Calais pourront relever le défi…

Vainqueur d’un des quatre tremplins du Durbuy Rock, Stand for Truth a la lourde tâche d’ouvrir le bal. Autant dire que la barre est déjà placée haute alors qu’il n’est pas encore midi. Composée partiellement d’anciens membres du groupe belge Do or Die, une des figures de proue du genre en Belgique, la formation tournaisienne est rompue au ‘live’. Et on le ressent immédiatement. ‘On n’a que 25 minutes pour jouer, on vous a donc réservé nos sept meilleurs morceaux’, précise Angelo, en s’adressant à une fosse déjà acquise à leur cause. Un set dense, puissant et qui en a dans le caleçon. Nul doute que si elle revient, sa place sur l’affiche ne pourra être que bien plus avantageuse.

Suite à un désistement d’un combo qui devait se produire plus tard dans la journée, il revient finalement à Bursting de prendre d’assaut le podium principal. Responsable d’un Thrash/Death épicé, les Hutois vont envoyer une volée de décibels aux spectateurs presque à jeun, tout en martelant leurs tempes encore un peu endormies. ‘Je le vois mec, t’as du mal hein !’, s’exclame Laurent, vocaliste du band, à un spectateur adossé contre une barrière Nadar. ‘Alors Durbuy, vous avez bien baisé hier soir ?’, embraie-t-il. Vous avez compris, on ne fait pas dans la finesse, tant musicale que verbale. Mais qu’importe, on passe un bon moment en leur compagnie.

Retour ensuite à l’extérieur, où les gars de Lifers sont prêts à renvoyer la sauce. En effet, suite au désistement de dernière minute d’Enthroned, enregistré la veille, les Liégeois avaient courageusement accepté de les remplacer au pied levé. Eux non plus ne sont pas des néophytes. Né en partie des cendres de Spitfire, Lifers délivre un set de Metalcore pour le moins puissant et carré. ‘Je veux voir le même bordel qu’hier soir’, exige Seba en poursuivant son set par « Lack of Tolerance », une très bonne reprise de Crowbar.

C’est donc correctement échauffé que le public, de plus en plus nombreux, se dirige vers le podium principal afin d’accueillir Feed Them Lies, le dernier gagnant des tremplins du Durbuy Rock. Dès les premières notes, le ton est donné : c’est direct et rentre-dedans. La puissance vocale de Fred est impressionnante. Dur à croire que le band n’existe que depuis trois ans. De nombreux fans semblent avoir accompli le déplacement pour eux. Les moshers s’en donnent à cœur joie, faisant voltiger pieds et mains au rythme des morceaux. Emporté par le mouvement, Fred descend de l’estrade, monte sur les barrières et se laisse transporter par la fosse. Une belle découverte !

L’estomac commençant à crier famine, je fais l’impasse sur les Kublai Khan, histoire d’être d’aplomb pour voir le show d’AqME. Deux familles vont à présent se renvoyer la balle tout le long de cet après-midi : celle du Metal français, puis d’Impericon, fournisseur de merchandising (et label) allemand. Grand backflag à l’arrière-plan frappé du logo du groupe, deux structures sont disposées de part et d’autre de la ‘stage’. Elles représentent de face et de dos l’étrange personnage à deux têtes figurant sur leur dernier elpee. Bref, tout est fin prêt pour accueillir les Français. Attendant un heureux évènement, Charlotte, leur bassiste, est remplacée par Julien Mancini, le frère jumeau du chanteur. Pendant près d’une heure, les quatre musicos vont se démener comme de beaux diables, afin d’enflammer la fosse. ‘Durbuy, est-ce que tu as de la voix ? Allez, ça commence à se réveiller !’, vocifère Vincent en provoquant la foule. Le public répond présent et n’hésite à se lancer dans un braveheart musclé. Pour les avoir vus la dernière fois à la Fiesta Du Rock à Liège, il y a deux ans, je constate que leur prestation scénique s’est largement améliorée. Cependant, et c’est strictement personnel, la sauce n’arrive pas à prendre. Force est également de constater que les anciens morceaux, du temps où Thomas était derrière le micro, remportent toujours le plus de succès (même si Vincent manque parfois de justesse sur ces derniers). Il n’est jamais facile pour un combo de muer et d’opérer un changement radical tout en gardant le même patronyme…

La pluie et les nuages ont malheureusement décidé d’eux aussi faire partie du décor de ce samedi. C’est donc sous un fin crachin que déboulent, sur le second podium, les Anglais de Napoleon. Le froid –ou peut-être une autre quelconque raison obscure– aura raison du chanteur Wes Thompson, victime d’un saignement de nez intempestif tout au long du set. Limité pourtant à 30 bonnes minutes, ce show paraît interminable tant la musique des Insulaires est imperméable. Tout semble confus, déstructuré, Sam Osborn s’excitant sur sa gratte, dans son coin, au détriment de l’homogénéité de l’ensemble. Un curieux mélange difficilement comestible et qui laissera sur sa faim.

C’est donc en quête de mieux que je retourne vers le podium principal, curieux de voir ce que vont nous servir les Parisiens de Black Bomb A. Et le moins qu’on puisse dire… c’est qu’ils ont fait honneur à leur réputation de metteurs d’ambiance. Arno, de retour dans le line up, a une présence charismatique aussi incroyable que sa voix puissante et gutturale. A ses côtés, telle la face opposée d’un aimant, Poun s’époumone dans les aigus à chaque morceau, comme s’il s’agissait des derniers cris qu’il pouvait pousser. Une magnifique alchimie entre ces deux vocalistes, offrant aux compositions de Black Bomb A un résultat détonnant. Souffrant malheureusement d’un son un peu trop fort, les Parisiens parviendront néanmoins à mettre le feu dans l’auditoire. On se pousse dans tous les sens, ça pogote sec et le bravehart en milieu de show sera d’une rare intensité. Le groupe se met à nu et son public le lui rend bien. ‘Ne vous en faites pas bande de fêtards, on le jouera plus tard ce morceau…’, rassure Arno quand la foule entonne le refrain de « Mary », composition la plus connue du band. Snake, le guitariste, ne peut s’empêcher d’afficher à ce moment là une mimique agacée, énervé peut-être que la foule résume ce combo à ce morceau. Quoi qu’il en soit, le groupe a démontré qu’il était toujours dans le coup, offrant un des meilleurs moments de ce festival.

Histoire de s’économiser quelque peu, je décide de passer mon tour pour Malevolence, afin de retrouver en pleine forme le troisième groupe de la famille française, Dagoba. Sur une introduction toute en emphase et en majesté, les Marseillais débarquent sur l’estrade principale. Derrière ses fûts, Franky Costanza ne cessera tout le long du show de faire des acrobaties avec ses drum sticks. Z et Werther, respectivement guitariste et bassiste, arpentent de long en large les planches, pendant que Shawter, vocaliste, se déchaîne sur son micro entouré de grosses chaînes. ‘Ce sont ceux qui poussent qui font la loi, faites-moi un putain de wall of death’ ordonne-t-il à la foule. Comme d’habitude, Dagoba offre un show carré et précis. Le public est cependant moins exalté que pour leurs prédécesseurs. Certaines attitudes laissent parfois également un peu perplexes, comme notamment lorsqu’un pull est jeté en direction du chanteur, surprenant ce dernier et manquant dès lors de le faire trébucher de l’ampli sur lequel il était monté. Visiblement énervé, Shawter relance le vêtement derrière lui, déterminé à ne pas le rendre. Il finira néanmoins par le restituer à la fosse, en ayant pris le soin au préalable de faire semblant de s’en frotter l’arrière-train. Soit c’était du troisième degré, soit la dérision était restée dans les vestiaires.

Direction à présent la salle extérieure, où les Canadiens d’Obey the Brave s’apprêtent à démarrer leur set. Alex Erian, le charismatique chanteur du groupe, ne met pas bien longtemps avant de mettre tout le monde d’accord. Certes le quintet n’existe que depuis trois ans, mais manifeste déjà une fameuse maîtrise. La basse de Miguel Lepage est mise en avant ; ce qui confère à la formation un son rond et lourd. ‘C’est la première fois qu’on joue en Belgique francophone et c’est sûr, on reviendra’, annonce le frontman en guise de promesse. Originaires de Montréal et Ottawa, les musicos proposent quelques morceaux dans la langue de Voltaire, ce qui est plutôt rare dans ce style. Malgré un sol mouillé, les mosheurs s’agitent. Certains tombent mais sont de suite rattrapés par leurs compères. Une violence fraternelle.

Cette journée riche en Hardcore ne pouvait pas mieux s’achever que par Madball, véritable icône du genre. Actif depuis 88, Madball était tout d’abord un side project d’Agnostic Front. Roger Miret, alors chanteur chez les deux bands, laissera par la suite sa place à son demi-frère cadet, Freddy Cricien. Quand on vous dit que le Hardcore est une histoire de famille… Madball, un terme qui pourrait résumer, à lui tout seul, la prestation scénique de son vocaliste. Tout le long du set, Freddy ne cesse de sauter sur ses longues jambes, à tel point qu’on a l’impression qu’il lui suffit de trois foulées pour parcourir la stage. Une pêche incroyable. Les vieux de la vieille ont, une fois de plus, démontré qu’ils étaient les patrons. Faisant la part belle à leur dernier album, « Hardcore Lives », le groupe va néanmoins puiser dans l’ensemble de sa discographie, au grand plaisir des fans d’hier et d’aujourd’hui. Telle une prophétie, le ban new-yorkais clôt son set musclé par « Hardcore Still Lives ». On est parti encore pour de longues années…

La nuit commence à pointer le bout de son nez et l’estomac tient à rappeler qu’il est dans les talons et qu’il est temps de le rassasier… Il faut donc faire un choix et Romano Nervoso passe à la trappe.

C’est donc revigoré que je m’adosse contre une barrière à l’arrière de la salle afin de voir l’ovni de ce festival, Skip the Use. Autant les festivaliers s’en donnaient à cœur joie sur Facebook, ne cessant de s’interroger quant à leur présence, autant la brochure du festival préconisant ‘de venir sans a priori, afin de peut-être prendre une claque…’ Et c’est là que le mot ‘peut-être’ prend toute sa profondeur. ‘Tout le monde se demande ce qu’on fout ici, autant vous que nous… On va donc s’emmerder l’un l’autre pendant une heure’, proclame Mat Bastard, le chanteur, visiblement défoncé. Côté challenge, on repassera. Plus les morceaux défilent, plus le public se disperse. Quelques reprises parviennent cependant à faire remuer les têtes, à l’instar du « Killing in the Name » de Rage Against the Machine. ‘Allez les gars, on va faire une reprise de Gojira… non, je déconne hein…’ envoie Mat, tant suffisant que dépité, avant d’embrayer par : ‘On a toujours rêvé de jouer ça dans un festival de Heavy Metal. Faites pas attention, ce sera un moment de masturbation entre nous…’ Sur ces belles paroles, le band attaque « Ghost », son tube. ‘Je sais bien qu’on entend tout le temps ce morceau à la radio, mais il ne faut pas nous en vouloir les mecs, si vous ne voulez pas passer à la télévision et donc ne pas être connus, c’est de votre faute…’ Il est inutile d’aller plus loin dans l’aperçu de ce show, son seul moment intéressant surviendra lorsque Arno, chanteur de Black Bomb A, est invité à monter sur l’estrade afin de reprendre, dans un bel ensemble, le « Ace of Spades » de Motörhead. Un coup dans l’eau, assurément.

C’est donc quelque peu dépité que je me rends à l’extérieur pour le dernier set de la soirée sur la seconde scène, où est installé un écran géant en arrière-plan. The Experimental Tropic Blues Band présente ce soir « The Belgians ». Comprenez : une projection en continu d’épisodes qui ont marqué la Belgique –que ce soit des extraits de journal télévisé, d’évènements politiques, sociaux, culturels, économiques, sportifs, etc.– le tout soutenu par le rock déjanté des Liégeois. Peut-être dû à la fatigue, mais je ne suis pas parvenu à rentrer dans leur trip.

Le froid aidant, j’ai préféré rentrer dans le hall sportif afin d’attendre la clôture de ce festival abandonnée aux Gallois de Skindred. Une longue bâche recouvre à présent l’arrière du podium, sur laquelle figure sobrement le nom du groupe. Il est passé minuit et bon nombre de spectateurs sont encore prêtes à les accueillir. Et ce n’est pas si étonnant : Skindred a la réputation de mettre le feu. Oubliez les allumettes, c’est à coups de chalumeau qu’ils allument le brasier. Les lumières s’éteignent et un morceau d’AC/DC retentit dans les haut-parleurs. Il n’en faut pas moins pour que les premiers pogos s’ébrouent, alors même que le show n’a pas encore débuté. Vient ensuite le début de la célèbre « Marche Impériale », faisant briller les yeux des fans de Star Wars, remixée rapidement et agrémentée de basses bien lourdes. Le band opère son entrée, mené par son chanteur hyper charismatique, Benji Webbe. Tout de rouge et de blanc vêtu, coiffé de dreadlocks, lunettes à pointes sur le nez, le frontman agrippe son micro et démarre « Kill the Power », titre maître du dernier elpee. La fosse s’embrase directement. Très vite, on peut néanmoins remarquer que la voix de Benji n’est pas au top de sa forme ; et pour cause, il ne parvient pas à sortir de notes aigues de sa bouche. Peu importe, la relève est dès lors prise par Mikey Demus et Daniel Pugsley, guitariste et bassiste du band. ‘Are we here in Germany ? Are we here in France ? No, we are in Belgium so move your ass’, provoque le frontman. Les plus grands tubes des Gallois défilent, depuis « Ratrace » à « Nobody », en passant par « Pressure » et « Ninja ». Le quintet ne lâche pas le public d’un décibel, les poussant à puiser dans le peu d’énergie qu’il leur reste. C’est donc à genoux que finiront les festivaliers de cette dix-neuvième édition du Durbuy Festival, lessivés mais certainement partants pour une nouvelle édition, l’année prochaine !

Organisation DRF

(Voir aussi notre section photos ici )

 

 

 

 

 





 

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